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Burkina: «Se réconcilier ou périr, Chronique d’une nation en sursis…»

Lookmann Sawadogo

Lookmann Sawadogo, directeur de publication du quotidien Le Soir, a présenté, ce jeudi 3 novembre 2020, à la presse à Ouagadougou, son ouvrage « Se réconcilier ou périr Chronique d’une nation en sursis… », de 191 pages subdivisé en huit parties, qui « met en lumière les graves périls qui menacent l’avenir du (Burkina Faso) et invite à la réconciliation et à la paix ».

Cet ouvrage impressionne déjà à partir de sa couverture sur laquelle, est tapie, la carte du Burkina Faso faite en septembre 2O19, par un jeune burkinabè du nom de Mamoudou Sawadogo, chercheur et expert en sécurité, d’après les propos de M. Sawadogo. Il s’agit d’une carte sur l’occupation géographique du territoire burkinabè par « des groupes armés civils autonome (…) ».

Cette carte burkinabé, peinte en trois couleurs à savoir la couleur rouge, orange, et jaune, est « la cartographie de la réalité sécuritaire » au Burkina, a-t-il dit. « Le rouge que vous voyez représente les différents groupes terroristes, (…) qui encerclent le Burkina Faso, à l’intérieur la partie jaune (…) représente les dozos, (…) la partie orange représente les Koglweogos et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Il y a d’autres groupes qui existent et qui sont des civils armés, qui sont dans l’Alliance pour le Salut du Sahel (ASS) », a-t-il expliqué.

Poursuivant, Lookmann Sawadogo, a fait savoir qu’en dehors de cette première lecture que l’on puisse faire à partir des différentes couleurs de la carte, une autre lecture cachée se révèle. Cette lecture est le fait que « chaque groupe est adossé soit à un groupe ethnique ou soit à une ethnie », puisque, selon lui, « les dozos » qui sont situés à l’ouest, on les identifie au « groupe mandé », les « Koglweogos » au centre, on les identifie « aux mossis », ASS est de « connotation peulh » et aussi « les VDP, (eux, sont) institués par la loi ».

Après, une explication détaillée de cette carte, il a invité à la réflexion et se demande s’il « existe un seul pays au monde où l’entièreté du territoire est occupée par des groupes armés autonomes (…) qui ne sont pas sous contrôle de l’État ? ».  

A partir de l’analyse de cette cartographie, M. Sawadogo, a affirmé, qu’on peut déjà « présager » la naissance « d’autres types de conflits », car le Burkina est dans une situation où il y a « une composante de conflit », « le mal est là » et ce qu’il faut, selon Lookmann Sawadogo, c’est d’empêcher « des situations opportunistes » qui pourront déclencher tout ce qui est mis en place (les groupes d’auto défenses).

Au-delà de la couverture qui résume tout, la problématique de la « réconciliation » se trouve posée dans toutes ses dimensions dans l’ouvrage.  Cette « réconciliation nationale » serait l’idée motrice de la production de cet ouvrage.         

« Ce livre a été écrit pour permettre aux Burkinabè, au grand public, aux acteurs de comprendre que dans notre pays il se pose un problème de réconciliation nationale. (…) Il se pose (aussi) un sursis de notre nation (…), il se pose le problème d’un ensemble de chose comme les replis communautaristes et puis ethno-régionaliste qui sont naissants », a souligné M. Sawadogo.  « Dans notre société, aujourd’hui, il y a beaucoup de questions qui se posent en termes de cohésion sociale », a-t-il rétorqué.

Ce livre, selon son auteur, retrace un peu le processus de réconciliation nationale depuis 2016 et regroupe tous les acteurs qui ont agi dans le cadre de cette réconciliation. Des perspectives sont aussi consignées, en vue de trouver « comment on doit faire la réconciliation ? » et avec qui cette réconciliation doit se faire. Le livre donne une explication de cette marche à la réconciliation.

Dr Dramane Konaté, sémiologue, qui a présenté l’ouvrage, a dit que Lookmann Sawadogo fait partis des intellectuels qu’on appelle « intellectuel organique », parce qu’il est resté selon lui, « lié à la masse, lié à son peuple, lié à son pays », ce qui sans doute lui a permis de produire cet ouvrage. En le publiant, il a fait « œuvre utile », a-t-il souligné, soutenant que « lorsqu’un journaliste de sa trempe, un homme de presse de sa trempe publie, on ne peut qu’applaudir ».

Oumpounini MANDOBIGA (Stagiaire)   

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