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Burkina/Affaire de «corruption» d’agents publics: la défense plaide la relaxe pour ses clients

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Les avocats constitués dans l’affaire de «corruption» d’agents publics dont des magistrats, des douaniers et un avocat, ont plaidé, le vendredi 13 février 2026, la « relaxe », pour leurs clients pour faits n’ont « constitués » ou pour « bénéfice du doute ».

L’audience de l’affaire judiciaire dans laquelle sont poursuivis des magistrats, douaniers et avocat pour des faits de « corruption, trafic d’influence, blanchiment de capitaux », entre autres, s’est poursuivie le vendredi 13 février 2026, au tribunal de Koupéla. A la suite du parquet qui a fait ses réquisitions le jeudi dans l’affaire dite des magistrats, douaniers et avocat, une partie de la défense a fait sa plaidoirie à l’audience du jour.

Prenant la parole en premier quand le président du tribunal a dit aux Conseils des prévenus de présenter leur plaidoirie, l’ex-bâtonnier, Me Antoinette Ouédraogo, a indiqué au juge que de façon collégiale, la défense a produit une réflexion qu’elle voudrait exposer à la barre. C’est Me Ambroise Farama, avocat de Zindi Désiré Nikièma, l’auteur de la citation directe qui a enclenché le dossier, qui a été désigné pour lire la déclaration des avocats.

« Le peuple burkinabè nous regarde. Il est des procès qui jugent des hommes, il est des procès qui jugent des faits. Mais, il y a aussi des procès qui jugent la conscience d’une nation. Celle-ci appartient à cette dernière catégorie », a dit déclaration liminaire de la défense, lu par Me Ambroise Farama. Il a fait comprendre que ce procès au cœur d’un tournant historique du Burkina Faso qui traverse « une période exceptionnelle, une période où le peuple réclame la moralisation de la vie publique, une période où la lutte contre la corruption est devenue une exigence nationale ».

Selon la déclaration, la défense partage cette exigence car la « corruption détruit la confiance, fragilise l’Etat et humilie le citoyen ». Mais, pour les avocats « la lutte contre la corruption ne peut survivre sans le respect des droits des mis en cause », a-t-il enchaîné, ajoutant que le « peuple ne demande pas une justice spectaculaire (mais) courageuse ».

« Ce procès nous oblige ici à regarder avec lucidité, certaines zones d’ombres qu’on a souvent refusé de regarder. (…) Ce procès pose la question des arrestations nocturnes, ce procès pose la question des détentions hors cadre judiciaires, ce procès porte la question des allégations de tortures et de traitements inhumains qui ont été infligées à nos clients. Ce procès pose la question des aveux contestés », a lu Me Farama, disant que la défense demande une « justice forte car une justice forte n’a jamais peur d’examiner ses propres failles ».

Tour à tour, les Conseils des prévenus sont passés à la barre pour plaider pour la « relaxe » de leur client ou à tout le moins que le bénéfice du doute qui leur profite soit pris en compte quand le tribunal va entrer en délibération. Ils ont d’abord cherché à démontrer que les infractions que le parquet à coller à leurs clients ne sont pas caractérisables, n’étant pas constituées. Pour eux, que ce soient les déclarations des différents Procès-verbaux (PV) et autres, le ministère public n’a pas produit de « preuves matérielles ».

Ils sont partis infraction par infraction pour démontrer que les éléments constitutifs des charges retenues contre leurs clients ne sauraient être caractérisées. Que ce soit les infractions de corruption, corruption ou complicité de corruption, blanchiment de capitaux, détention illégale d’arme, trafic d’influence, abus de fonction, complicité de divulgation de l’identité de témoin protégé, pour ces avocats, le ministère public « n’a pas été capable » de produire une preuve quelconque dans cette affaire.

Ensuite, la plupart des avocats sont revenus sur les conditions dans lesquelles leurs clients ont été traités. Pour eux, au regard des traitements que leurs clients ont subi, les différents PV obtenus avec eux doivent être frappés par une nullité, notant que les prévenus ont subi, pour certains, des préjudices physiques et pour d’autres, des préjudices moraux.

Troisièmement, la défense s’est attardé sur la qualité des magistrats, agents des douanes et avocat qui sont tous, « des délinquants primaires », c’est-à-dire que chacun d’eux fait face pour la première fois à la justice. Leur « intégrité, loyauté, dévouement, des années de service rendu à la nation » ont été vanté pour demander au tribunal d’en tenir compte. L’un des principaux accusés, Urbain Méda qui a près de 30 ans de service est connu pour avoir conduit des procès emblématiques sur la corruption notamment. M. Méda est également le juge qui a présidé le tribunal ayant jugé l’affaire de feu, l’ex-président, le capitaine Noël Isidore Thomas Sankara.

Quatrièmement, les Conseils des prévenus ont invité le juge au cas où leur développement sur les trois points ne prospérait pas, quand il va rentrer en voie de délibérer, qu’il pense au « bénéfice du doute », qui dans une affaire judiciaire profite au prévenu.

Par Bernard BOUGOUM