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Burkina: assassinat de Flavien Nébié, 21 ans après…

Flavien Nébié

Ceci est une déclaration de l’Association des Elèves du Secondaire de Ouagadougou (AESO), à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de l’élève Flavien NEBIE, tué à Boussé, le 6 décembre 2000, au cours d’une manifestation pour réclamer justice pour Norbert Zongo, lui aussi assassiné, le 13 décembre 1998.

Déclaration

Camarades élèves

21 ans ! oui cela fait, jour pour jour, 21 ans que notre camarade Flavien NEBIE, élève en classe de CM2 à BOUSSE, a été froidement abattu lors d’une manifestation de scolaires en soutien aux enseignants et étudiants en lutte contre la destruction de l’école, contre les crimes économiques et de sangs et pour une école véritablement démocratique et accessible aux enfants du peuple. 21 ans donc que nous pleurons notre camarade, assassiné par un gendarme zélé à la solde du pouvoir sanguinaire du capitaine Blaise Compaoré.

Depuis lors, les commanditaires et les exécutants de cet acte ignoble, lâche et barbare courent toujours librement les rue du Faso en toute impunité.

En cette 21e commémoration, l’AESO voudrait féliciter l’ensemble des élèves pour leur constante mobilisation et détermination à se battre jusqu’à ce que toutes la lumière et la justice soit faites sur cet assassinat.

Camarades élèves

La commémoration de ce triste anniversaire intervient dans un contexte national marqué par :

✓ la montée en puissance de l’insécurité avec son lot de déplacés internes. En effet, il ne se passe pas un seul jour sans que l’on enregistre des attaques et des déplacés internes. Le pouvoir MPP et alliés semblent être complétement débordé par la situation ;

✓ le renchérissement continu du cout de la vie. En effet, les produit de grande consommation comme le riz, le mil, le maïs, le lait, l’huile, l’essence, le transport connaissent une flambée dans l’indifférence totale des autorités ;

✓ la corruption érigée en mode de gouvernance ;

✓ les menaces et intimidations des responsables syndicaux et des démocrates sincères de notre pays ;

✓ la remise en cause des libertés démocratiques et politiques, en témoigne l’interdiction des manifestations sous des prétextes fallacieux et l’acharnement contre des leaders syndicaux ;

✓ l’incapacité manifeste du pouvoir MPP et alliés à trouver des solutions idoines à la question sécuritaire et aux préoccupations pressantes de notre peuple ;

✓ le refus du peuple à payer les frais d’une incapacité congénitale d’un régime à répondre à leurs préoccupations à travers le développement de luttes multiformes dans tout le pays.

Camarades élèves

C’est dans un tel contexte difficile pour notre peuple que le gouvernement MPP, avec le Ministre OUARO en tête, s’est engagé dans la poursuite de la destruction notre système éducatif avec la prise de mesures et réformes hasardeuses et sans lendemain, la poursuite de la privatisation sauvage de l’école au profit des promoteurs privés dans une insouciance totale par rapport à la qualité de l’enseignement, la dégradation des conditions de vie et d’étude des élèves et l’augmentation des frais de scolarité et autres frais APE au public comme au privé.

Ainsi, inscrire son enfant à l’école est devenu un véritable calvaire pour de nombreux parents d’élèves.

A ces problèmes structurels, il convient de noter camarade, la suppression aux forceps des sujets aux choix aux différents examen et concours scolaire, la volonté manifeste de contingenter l’accès des universités publics aux enfants du peuple avec l’organisation du BAC par le MENAPLN qui devient désormais un diplôme terminal et non le premier garde de l’université.

Face à la détermination des scolaires du Burkina à se battre contre ces mesures impopulaires, le gouvernement s’est lancé dans une vaine entreprise de musèlement des structures authentiques des élèves (répression féroce et barbare des luttes de scolaires, fermeture arbitraire et punitive du lycée ZINDA, exclusion arbitraire d’élèves au motif de participation à des manifestations scolaires, etc.).

C’est ainsi que le camarade porte-parole de l’AESO se verra refuser son inscription dans les lycées publics de la ville Ouagadougou malgré qu’il remplissait toutes les conditions.

Toute cette situation de crise généralisé du système éducatif tire sa cause dans l’application sans état d’âme des autorités actuelles des Programmes d’Ajustement structurels (PAS) rebaptisés, pompeusement, Plan national de Développement Economique et Social (PNDES II).

La tenue des dernières assises nationales sur l’éducation s’inscrit clairement dans cette dynamique de liquidation de l’école burkinabè. Il n’y a donc rien à attendre de ses conclusions !

Camarades élèves,

A ces difficultés du système éducatif, s’ajoutent celles causées par la situation sécuritaire. En effet, selon le secrétariat permanent de la CONASUR, on note à la date du 31 Aout 2021, 1 423 378 de déplacés internes qui vivent dans des conditions précaires.

A la rentrée 2021, on dénombrait 2 682 écoles qui ont été fermées du fait des menaces de mort reçues par les enseignants ou des attaques subies par les établissements de la part des forces obscurantistes.

Ainsi ce sont des centaines de milliers d’élèves qui sont privés de leur droit à l’éducation ! Depuis l’avènement de ce pouvoir, les gouvernements successifs ont fini de montrer leur incapacité à résoudre au plus vite ces questions qui préoccupent sérieusement l’ensemble du peuple burkinabè.

Camarades élèves

L’AESO tout en vous rassurant qu’aucune menace ni intimidation n’ébranlera sa détermination à se battre avec vous pour l’amélioration de nos conditions de vie et d’étude, réaffirme son engagement de continuer le combat aux côtés de notre peuple pour un changement véritable et pour une école démocratique et populaire accessible aux enfants du peuple.

En ce jour de triste anniversaire, l’AESO salue la mémoire de toutes les victimes du pouvoir sanguinaire déchu du capitaine Blaise Compaoré et du pouvoir MPP et alliés et particulièrement les victimes élèves dont le seul tort est d’avoir réclamé de meilleures conditions de vie et d’étude, plus de liberté, de justice et de démocratie aux côtés de notre peuple.

Par ailleurs, elle appelle l’ensemble des élèves de Ouagadougou et ses environs :

✓ A commémorer avec succès le 21e anniversaire de l’assassinat du camarade Flavien NEBIE et à exiger des autorités politiques et judiciaires, vérités et justice pour lui ;

✓ A participer massivement aux activités commémoratives du 23e anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert ZONGO et de ses compagnons d’infortune ;

✓ A renforcer ses sections et comités pour exiger la satisfaction de leurs préoccupations :

La construction de plus d’établissements publics ;

L’équipement des ateliers et laboratoires en produits adéquats

La suppression des frais APE et autres cotisations spéciales ;

Un meilleur contrôle des établissements privés par l’Etat ;

La mise en place d’un système de transport public efficace et accessible aux élèves (lignes spéciales ; réduction de l’abonnement à 2500 FCFA) ;

Une baisse substantielle des frais de scolarité et d’inscription ;

La mise en place d’un système sanitaire efficace et accessible aux élèves ;

L’ouverture des suites de filières au niveau de l’enseignement technique ;

La dotation des structures démocratiques des élèves d’un local pour les réunions ;

L’effectivité des cantines scolaires dans les lycées ;

La tenue effective des examens blancs dans tous les lycées

Vérité et justice pour flavien NEBIE et pour tous les crimes de sang !

VIVE L’AESO !

NON A LA REPRESSION DANS LE SANG !

PAIN ET LIBERTE POUR LE PEUPLE !

Le Comité Exécutif

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