Accueil A la une Burkina: comment des Ouagalais apprécient-ils le coup d’Etat?

Burkina: comment des Ouagalais apprécient-ils le coup d’Etat?

Le Burkina Faso est depuis le 24 janvier 2022, sous un nouveau régime militaire, avec la prise du pouvoir par le Mouvement patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), qui a renversé le président Kaboré. Des populations de la ville de Ouagadougou se sont prononcées au micro de Wakat Séra, mardi 25 janvier pour donner leur appréciation de ce coup d’Etat d’ores et déjà condamné par la communauté internationale.

Abel Bayala, coordonnateur national du citoyen solidaire: «C’est regrettable ce coup d’Etat, mais la situation l’obligeait»

Sans ambages, nous pouvons dire que c’est une très bonne chose, dans la mesure où notre sécurité était vraiment en mal et qu’il était temps que des hommes plus aguerris prennent les rênes du pouvoir afin de juguler l’hydre terroriste. Sur le plan purement de la démocratie, c’est regrettable, ce coup d’Etat, mais la situation l’obligeait. Nous avons 52% des électeurs qui avaient donné leur confiance au président qui avait juré de préserver l’intégrité du territoire, mais il n’a pas respecté son serment. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse? De laisser continuer cette mauvaise gestion en matière de sécurité? Nous disons non! Nous préférons qu’on puisse aujourd’hui arrêter cette situation d’insécurité et repenser notre politique sécuritaire. Pour ce qui est de l’avenir, je suis serein et optimiste et je pense que les jeunes qui ont pris les rênes du pouvoir sont des hommes de terrain, avertis, suffisamment aguerris et avec le concours des OSC (Organisations de la société civile), de toutes les couches de la population, nous allons venir à bout du terrorisme. Pour ce qui est de la CEDEAO, nous ne craignons rien, les sanctions qu’elle aura prises, n’engagera qu’elle seule. Nous sommes derrière notre Armée et nous allons nous lever comme un seul homme pour soutenir ce régime afin que nous puissions revenir à l’ordre constitutionnel.

Youmali Lompo, citoyen burkinabè: «Ce coup d’Etat est salutaire»

Depuis hier jusqu’à aujourd’hui, c’est la voix populaire. Les gens étaient fatigués, on était carrément sous un pouvoir dictatorial. Les militaires ont pris leur responsabilité en prenant le pouvoir et nous voulons les inviter à écouter le peuple. Nous voulons la paix, nous voulons la sécurité, c’est le cri du cœur de nos populations aujourd’hui. Nous demandons vraiment que tous les Burkinabè s’unissent main dans la main, quel que soit le bord politique, pour la survie de la Nation. On ne peut pas parler ici de recul démocratique, parce que ce que le pouvoir en place faisait était pire. Il fallait ce coup d’Etat. On était quasiment dans un État dictatorial. Ce coup d’Etat est salutaire pour nous. Nous attendons que les militaires demeurent dans leur posture républicaine et suivent la voix du peuple. Et pour cela, je suis très optimiste et je prie pour la suite.

Marc Stéphane Nignan, citoyen burkinabè (nom d’emprunt, ayant requis l’anonymat): «On ne saurait approuver un changement de régime par un coup d’Etat»

 En tant que démocrate, on ne saurait approuver un changement de régime par un coup d’Etat, mais reconnaissons que ce coup d’Etat est salvateur au regard de la situation que le Burkina Faso vit ces derniers mois. Après l’insurrection populaire d’octobre 2014, les espoirs étaient grands, mais nous avons constaté au fur et à mesure que ce régime s’est beaucoup écarté des aspirations du peuple. La situation était devenue tellement critique avec plus d’un million et demi de déplacés internes, il était donc temps que le régime s’arrête là pour que d’autres Burkinabè puissent essayer de donner une autre direction à la marche du pays dans cette lutte contre le terrorisme. Tout changement apporte son lot d’espoirs et de craintes aussi. C’est très tôt pour se prononcer, on va les observer à l’œuvre et les juger après. Il faut néanmoins s’attendre à des sanctions de la CEDEAO, qui est dans sa logique de réagir face à de telles situations. Mais il appartient à ce régime militaire, comme ils l’ont promis, d’organiser dans un délai raisonnable des élections pour revenir à une vie constitutionnelle normale.

Issa Ouattara, citoyen burkinabè: «On en avait ras le bol»

Pour la stabilité au pays, tout Burkinabè s’attendait à ça du jour au lendemain. On en avait ras le bol, on était fatigués. Franchement on n’attendait que ça, pour que le pays puisse aller de l’avant. Mais maintenant comme il s’agit d’un coup d’Etat, démocratiquement, certains pourraient estimer qu’il s’agit d’un recul. Mais pour l’avenir du pays avec ces militaires, je suis optimiste. Le pouvoir appartient au peuple et nous sommes contents des militaires.

Michel Guigma, citoyen: «. Nous attendons d’eux qu’ils travaillent à ramener la sécurité dans le pays»

Quand nous avons appris la prise de pouvoir des militaires, nous étions vraiment ravis. Nous attendons d’eux qu’ils travaillent à ramener la sécurité dans le pays, que les déplacés internes puissent regagner leurs localités. Ils ne doivent pas se précipiter et remettre le pouvoir aux civils qui vont refaire les mêmes erreurs. Les militaires doivent d’abord maîtriser la situation.

Sambou Sorgho, citoyen burkinabè: «On était fatigués de l’ancien pouvoir»

L’action des militaires est la bienvenue. On était fatigués de l’ancien pouvoir, on a perdu des femmes, des enfants, des proches. On était vraiment fatigués. Ce pouvoir, nous le confions aux militaires et que Dieu veille sur eux.

Propos recueillis par Siaka CISSE (Stagiaire)

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