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Burkina/Départ de Sabre: «Nous ne voyons pas comment faire plus clair que cela» (ministre)

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Le porte-parole du gouvernement de la transition, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a affirmé que les autorités burkinabè «ne voient pas comment faire plus clair» que les informations qui ont circulé sur les médias, faisant état de ce que le pays des «Hommes intègres» a demandé le départ de la force française Sabre basée à Ouagadougou pour un délai d’un mois. Le ministre de la Communication, Jean-Emmanuel Ouédraogo répondait aux questions du présentateur du Journal Télévisé (JT) de 13H de la chaîne nationale, ce lundi 23 janvier 2023, en réaction au président français Emmanuel Macron qui attendait des «clarifications» de la part des autorités burkinabè.

A la suite de la sortie du chef de l’Etat français de souhaiter que les dirigeants de la transition burkinabè puissent se prononcer sur le départ acté de l’armée française, le ministre de la Communication et par ailleurs porte-parole du gouvernement, Jean-Emmanuel Ouédraogo, a réagi ainsi: «A ce niveau, il n’y a pas autre commentaire à faire. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’au stade actuel, nous ne voyons pas comment faire plus clair que cela».

Quant à ce que certains analystes et observateurs qualifient de crise diplomatique entre le Burkina Faso et la France sur la demande de changement du Représentant de la France au Burkina, Luc Hallade, l’invité du JT de 13H de la télévision nationale, a indiqué que le gouvernement a «demandé le remplacement de l’ambassadeur actuel». «Nous avons reçu les assurances que les autorités françaises vont accéder à cette requête dès cette semaine», a-t-il poursuivi.

A la question du présentateur de savoir ce qui justifie la décision des nouvelles autorités burkinabè, le porte-parole du gouvernement a déclaré que «la vision de la transition aujourd’hui, c’est que ce sont les Burkinabè eux-mêmes qui vont consentir le sacrifice pour la libération et la reconquête (du) territoire, et surtout aussi pour sa refondation».

Force Sabre au Burkina

«Les nouvelles autorités sont convaincues que les Burkinabè ensemble, dans un sursaut patriotique derrière les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) vont gagner la guerre», a-t-il souligné. «Nous avons fois et nous avons la conviction que l’engagement actuel des Burkinabè va être décisif dans la victoire sur les forces du mal. Nous comptons sur notre propre ressource humaine pour pouvoir gagner cette guerre», a dit M. Ouédraogo.

A entendre le porte-parole du gouvernement, cette décision du Burkina Faso épargnera la France du «sacrifice humain et économique» que ses autorités ont toujours rappelé en ce qui concerne son engagement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel. «Nous attendons de nos amis (partenaires diplomatiques) un soutien financier et matériel pour pouvoir nous accompagner en équipement nos FDS et nos VDP», a déclaré Jean-Emmanuel Ouédraogo qui a rassuré qu’«il n’y aura pas de vide qui sera laissé » par la force Sabre.

Sur une crainte de ce que cette décision des autorités burkinabè va créer un enlisement entre le pays et la France et certains pays notamment de l’Union européenne (UE), le porte-parole du gouvernement a laissé entendre que ce qu’elles dénoncent aujourd’hui, «c’est l’accord qui permet aux forces françaises d’être présentes au Burkina Faso». «Au-delà de cela, il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France et peut-être d’autres partenaires», a-t-il conclu.

Par Bernard BOUGOUM