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Burkina: des syndicats de l’école de santé en mouvement d’humeur

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Des membres de la coordination des syndicats de l'ENSP

La coordination des syndicats de l’Ecole nationale de santé publique (CS/ENSP) a rencontré la presse, le jeudi 3 juin 2021, à Ouagadougou, pour parler des préoccupations des travailleurs et annoncé la prolongation de leur mouvement débuté le 24 mai dernier au 31 juillet 2021.

Des travailleurs membres de trois syndicats, le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), le Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina (SAIB) et le Syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) réunis en coordination, ont annoncé le maintien de leur mouvement de protestation contre leur non-prise en compte dans la loi 057-2017/AN du 19 Décembre 2017 portant statut de la fonction publique hospitalière, et ce pour compter du 1er janvier 2018, date de son entrée en vigueur.

Le mouvement débuté le 24 mai 2021, est donc maintenu, et ce, jusqu’au 31 juillet 2021, a laissé entendre le professeur Lucie Yaméogo, attaché de santé et enseignante permanente à la direction régionale de Ouagadougou, membre du SYSFMAB, parlant au nom de la coordination des syndicats.

Lucie Yaméogo du SYSFMAB tenant la déclaration de la coordination des syndicat de l’ENSP

En plus d’avoir décidé de «ne pas s’associer aux tâches (de) programmation des activités pédagogiques, de gestion des notes des élèves et étudiants, de suivi et évaluation des activités pédagogiques, les enseignements théoriques, les travaux pratiques, l’encadrement de stage, et les évaluations des élèves et étudiants», la coordination des syndicats de l’ENSP a annoncé que les travailleurs en mouvement d’humeur ne prendront «plus part  aux sessions de formation, aux missions et aux ateliers de réflexion et de conception pour compter du lundi 7 juin 2021 au samedi 31 juillet 2021».

Selon la coordination, cette décision de maintien du mouvement se justifie par le fait qu’elle n’a pas eu de réponses favorables, au sortir des rencontres avec le directeur général de l’ENSP le 20 mai 2020, avec la présidente du conseil d’administration le 24 mai 2021 et avec le secrétaire général du ministère de la Santé le 2 juin dernier.

«On retient qu’au lieu d’engager un dialogue sincère pour résoudre de façon digne le problème, les autorités du ministère de la Santé, dont le fort est de diviser et maltraiter les travailleurs, se sont inscrites dans la répression des libertés syndicales», a affirmé Mme Yaméogo évoquant des faits d’intimidation dont font l’objet les membres de la coordination des syndicats. Elle a aussi laissé entendre que «des mesures illégales et anti-pédagogiques de contournement sont en train d’être utilisées pour un sabotage ministériel de l’examen national de certification», notant que «selon les textes du ministère, l’étudiant doit être évalué par un enseignant de l’école et un encadreur de terrain de stage, ce qui n’est pas le cas actuellement dans certains sites».

L’ENSP créée en 1977 compte aujourd’hui, 342 agents dont 253 fonctionnaires et 89 contractuels, et a à son sein plus de 8 000 élèves et étudiants. On y dénombre 30 filières toutes spécialités confondues.

Par Daouda ZONGO