Accueil Société Burkina: les arabophones plaident pour «la paix et le vivre ensemble»

Burkina: les arabophones plaident pour «la paix et le vivre ensemble»

(De gauche à droite) Le président de linab, Cheickh Oumarou Ganamé_ le président de la FAIB, El Hadj Moussa Kouanda et autres (photo d'archives)

La Ligue nationale des arabophones du Burkina (LINAB), en collaboration avec la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) et des Associations des jeunes musulmans du Burkina (AJMB), a organisé, le dimanche 7 août 2022, à Ouagadougou un colloque sur les soubresauts socio-politiques et sécuritaires que traverse le Burkina Faso sous le thème: «Le rôle des prédicateurs et des Imams pour la résolution de la crise nationale». Lors de cette rencontre, la LINAB et ses associés ont plaidé pour «la paix et le vivre ensemble» au pays des Hommes intègres.

Initié sous le parrainage de El Hadj Arouna Ouédraogo dit Lipao et sous la présidence du président de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), El hadj Moussa Kouanda, ce congrès a rassemblé des prédicateurs musulmans, des Imams et des universitaires, à travers des sous-thèmes étayés par des versets du Coran prêchant «la paix et le vivre ensemble» à des milliers de fidèles mahométans venus de toutes les contrées du Burkina Faso», selon les animateurs de l’événement.

«En guise de l’ancrage de la paix, la sécurité et du vivre ensemble dans notre cher pays, le Burkina Faso», a été le vecteur issu d’une allocution faite par la Ligue nationale des arabophones du Burkina (LINAB) quelques jours plutôt à l’endroit des fidèles musulmans et qui a mobilisé des femmes et des hommes, le dimanche 7 août 2022, à la Maison du Peuple à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Des prédicateurs musulmans, des cheikhs (savants et/ou sages musulmans), des imams (ministres ou dignitaires musulmans, en particulier les fonctionnaires qui, dans une mosquée, tiennent le rôle de chef de la prière du vendredi), et des universitaires burkinabè se sont prononcés sur «le rôle des prédicateurs et des Imams pour la résolution de la crise nationale», un thème choisi par la Linab.

«Cramponnez-vous ensemble au câble d’Allah (Dieu) et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est lui qui réconcilia vos cœurs. Puis par son bienfait, vous êtes devenus frères et sœurs alors que vous étiez au bord d’un abîme de feu, c’est lui qui vous en a sauvés. Ainsi, c’est Allah qui vous montre ses signes afin que vous soyez bien guidés», Coran 3 verset 103 (Chapitre n°3 du Coran ou la famille d’Imrân et maxime n°103).

En effet, ayant fait des études scolaires et universitaires dans le monde arabo-musulmans pour la plupart, les membres de la Linab ont souhaité, à travers une lecture d’une bride du Livre-Saint.

«Que les associations islamiques de tout bord ou obédiences (confondues)  intègrent dans leurs plans d’actions, des programmes et activités portant sur la citoyenneté et les droits et devoirs du citoyen», selon une des recommandations du colloque qui sera d’ailleurs transmis au président de la Transition du Burkina Faso, le lieutenant-Colonel Sandaogo Paul-Henri Damiba. Cela, dans le « but du renforcement des acquis sociaux et de la cohabitation pacifique entre les musulmans eux-mêmes, et leurs concitoyens issus d’autres confessions religieuses, en s’inspirant du modèle de l’Islam en la matière», a poursuivi ladite recommandation.

«L’idée de cette organisation est spontanée et date de depuis les premières attaques terroristes (2015-2016) qu’a connues le Burkina Faso», a rappelé l’Imam et prédicateur en théologie islamique auprès des fidèles musulmans burkinabè et membres du Conseil des oulémas (des savant) du mouvement sunnite et membre du Conseil de la Fédération des associations islamiques au Burkina (FAIB), Ahmad Sawadogo. Selon le théologien, les musulmans à l’échelle nationale ont toujours été les grands absents sur les sujets aux enjeux patriotiques. En exemple, «malgré la présence (d’une manière ou d’une autre) des regroupements socio-organisationnels ou confessionnels dans les rues depuis l’avènement de la junte militaire au pouvoir afin de soutenir le président Damiba dans sa quête de stabilité pour le Faso, les musulmans étaient aux abonnés absents et cela ne s’explique pas car le pays appartient à tout le monde», a-t-il clamé. Pour cela, «nous (acteurs et responsables de l’Islam au Faso) nous sommes réunis ici, à la Maison du peuple pour nous concerter afin de voir comment, ensemble, quelles propositions pourrons-nous formuler et proposer à notre État dans cette lutte existentielle et cruciale qui est celle contre la crise sécuritaire», a conclu le prédicateur musulman.

«Également, nous sommes des filles et fils du Burkina comme celles ou ceux des langues européano-américaines qui ont été à l’extérieur dans des domaines autres que les nôtres et qui sont rentrés dans l’intérêt de la nation», a renchéri le président de la Linab, le Cheikh Dr Oumarou Ganamé.

«Nous qui avions étudié le Coran et ses dérivés (interprétations, enseignements, droit social et ou droit privé, droit pénal, des propos et actes prophétiques …), nous avons le devoir et l’obligation de contribuer au recouvrement de la paix et de la cohésion sociale au sein de notre pays et ceux, selon nos domaines de compétences intellectuelles et morales liés à nos formations», a ajouté le président Ganamé.

Dix prédicateurs dont des universitaires et ou des Imams ont développé des sous-titres en rapport de l’intitulé cité ci-dessus. Entre autres, les invités dominicales de la Maison du peuple ont prêté l’oreille sur le terrorisme vu par l’Islam (un sujet d’une actualité accrue dans le monde post-attentats des années 2000) développé par le Cheick Dr Aboubacar Doukouré qui, par ailleurs a sollicité les autorités politiques et gouvernementales de ne guère s’affranchir de l’intégrité burkinabè (l’honnêteté, la sincérité et le respect de la parole donnée) dans la gestion de l’État. L’importance de l’unité en islam, un autre sous-thème a été traité par le Cheick Dr Khalid Sana tandis que le concept de citoyenneté en Islam, a été expliqué par Cheik Dr Sidi Mohamed Ouédraogo, aux participants.

Une allocution a égayé tout de même plus d’un dans les locaux de la Maison du Peuple. En effet, en sous-titre intitulé «la situation sécuritaire au Burkina (causes et défis)  présenté par le Cheick  Dr Ahmad Savadogo, l’Imam a interrogé  la géopolitique et stratégique menées sur les terres africaines par les puissances militaires et économiques de ce monde.

«Le Burkina traverse de nos jours une véritable zone de turbulence. La pire crise de son histoire», a introduit le oulama (savant) originaire de la province du Yatenga. Se disant le seul et unique responsable de ce qu’il avance, l’élève coranique du Dr Cheick Doukouré a témoigné que: «Des groupes armés paradent au grand jour dans des localités au Nord et y font sauter des ponts sans être inquiétés par quiconque. Pire ils donnent même des ultimatums à des militaires qui sont obligés de plier bagages laissant derrière eux des pauvres populations face à leur triste sort». Indexant Sebba, le prédicateur Savadogo dit ne pas comprendre le sort réservé à ces femmes, enfants et vieillards de cette localité du Nord du Burkina Faso qui (par hasard) se trouvent à une centaine de km du camp militaire de Dori sensé les protéger», s’est-il offusqué dans un brouhaha d’acclamations.

En conclusion, l’Imam a exhorté l’ensemble des compatriotes à s’inspirer de la résistance «du peuple minoritaire de l’Ukraine  face à la grande et redoutable Russie».

«Promouvoir la justice sociale en tant que sédatif à l’injustice et aux agressions de toute nature; unifier les efforts dans le sens d’accompagner l’État dans sa quête de solutions aux problèmes et défis la société y compris le terrorisme; soutenir l’élan des autorités de la transition prédisposant au dialogue et sa disposition à recouvrir l’intégrité territoriale du Burkina Faso» sont entre autres des recommandations et des suggestions qui figurent dans un document destiné à être sur le bureau du président  de la Transition, le lieutenant-Colonel Sandaogo Paul-Henri Damiba.

Par Lassané SAWADOGO (Stagiaire)

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