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Burkina/Lutte anti-terroriste: les attentes et recommandations de journalistes et FDS

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Une vue de participants à l'atelier à Kaya sur la sécrurité

Du 17 au 19 juillet 2019 s’est tenu à Kaya (Centre-Nord du Burkina), un atelier de réflexion sur les passerelles de dialogue entre les Forces de défense et de sécurité (FDS), et les journalistes et professionnels de médias, en vue de lutter efficacement contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Durant ces trois jours de réflexion autour du thème central : « Médias et sécurité », des thématiques relatives à la sécurité, à la défense et au traitement de l’information ont été présentées par d’éminents communicateurs. Ce qui a permis entre autres de formuler des attentes et recommandations des journalistes et des FDS à savoir « formaliser le réseautage entre FDS et médias ; renforcer la participation des médias lors des opérations d’envergure des FDS ; faciliter l’accès à l’information sécuritaire, avoir des journalistes bien formés, professionnels et crédibles et encourager la spécialisation des journalistes sur les questions de défense et de sécurité ».

Organisé par le Secrétariat général de la Défense nationale (SGDN) et le Conseil supérieur de la communication (CSC), avec l’appui du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), l’atelier avait pour objectif de permettre à près d’une centaine de participants de mieux communiquer dans le domaine de la défense et de la sécurité nationale. Les acteurs de médias et les FDS, en plus des communications reçues au cours de cette rencontre, devaient valider les attentes et recommandations de deux autres rencontres qui s’étaient tenues à Koudougou et à Banfora, sur les mêmes préoccupations.

Les travaux de l’atelier ont débuté par une série de communications suivies d’échanges portant sur les attentes des FDS vis-à-vis des médias et de celle des médias à l’endroit des FDS, lesquelles attentes avaient déjà été formulées au cours des précédents ateliers. Ainsi, les travaux de l’atelier ont abouti d’une part, à la validations des attentes et des recommandations déjà formulées au cours des précédents ateliers, et à la formulation de nouvelles attentes, d’autre part.

Les attentes et recommandations formulées sont :

Les attentes des FDS vis-à-vis des médias

-avoir des journalistes bien formés, professionnels et crédibles;

-assainir le milieu de la presse;

-encourager la spécialisation des journalistes sur les questions de défense et de sécurité;

-mettre en exergue les acquis et les actes de bravoure des FDS ;

-tenir compte de la sensibilité des informations sécuritaires, dans leur recherche, leur traitement, particulièrement en tant de crise et en situation d’opération;

-respecter les consignes sécuritaires ;

-se doter d’un signe distinctif en plus de la carte de presse sur le théâtre des opérations

-se signaler aux FDS avant d’aller dans les zones sensibles ;

-recouper toujours les informations sécuritaires avec la source officielle ;

-développer une franche collaboration basée sur la confiance entre journalistes et FDS ;

-créer des cadres de concertations formelles entre journalistes et FDS ;

-éviter de faire l’apologie du terrorisme ;

-travailler à l’équilibre et au pluralisme de l’information ;

-contribuer à la mobilisation de l’opinion dans la lutte contre le terrorisme.

Les attentes des médias vis-à-vis des FDS sont :

-développer une franche collaboration et être courtois à l’endroit des journalistes professionnels ;

-formaliser le réseautage entre FDS et médias ;

-former les journalistes sur des questions de sécurité et de défense dans les écoles de formation ;

-créer des modules de formations ou un centre de certification en défense et sécurité au profit des journalistes qui souhaitent se spécialiser. (L’Académie de Police et ou l’Académie Militaire  Georges Namoano) ;

-faire connaitre à l’avance les consignes de sécurité liées à chaque type d’évènement ;

– actualiser les pages web des différentes entités des FDS ;

-créer un cadre de rencontre périodique entre FDS et journalistes à travers la mise en place d’une cellule de Communication anti-terroriste;

-mettre en place des services relais en communication dans les structures déconcentrées des FDS et identifier dans chaque corps des points focaux ;

-renforcer la participation des médias lors des opérations d’envergure des FDS ;

-faciliter l’accès à l’information,

-faciliter l’accès des journalistes aux personnes ressources;

-améliorer la réactivité des cellules de communication des FDS ;

-améliorer la communication lors des grandes opérations ;

-dynamiser la cellule de communication de crise en cas d’attaque de grande envergure ;

-éviter de partager les images choquantes sur les réseaux sociaux;

-connaitre le fonctionnement des médias dans leur diversité ;

-donner la primeur des avis et communiqués aux médias nationaux.

Les initiateurs de l’atelier de Kaya sur la sécurité

A l’issue des débats les recommandations ci-après ont été formulées à l’endroit des autorités publiques, des médias, des FDS et de certains ministères. Les participants ont recommandé « la vulgarisation auprès des médias et des FDS des attentes qui ont été formulées au cours de ces ateliers ; l’adoption des textes règlementaires prévus par la loi portant droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs ; la sensibilisation et l’éducation des populations sur les exigences du nouveau contexte socio-sécuritaire ; l’accompagnement de la justice pour la formation des journalistes spécialisés dans les questions sécuritaires et le renforcement des capacités des cellules chargées de la communication des FDS.

Durant les trois  jours de travaux, les participants ont eu droit à des communications qui ont porté sur les thèmes suivants : « La sécurité humaine, le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, les Forces Armées Nationales (FAN): organisation et missions, la relation Presse-Armée, l’Organisation de la sécurité intérieure, la communication médiatique comme outil de défense et de sécurité, la communication en temps de crise et les intérêts nationaux ».

Il ressort à travers ces communications que l’environnement sécuritaire de la bande Sahélo-Saharienne est marqué par l’aggravation de la criminalité transfrontalière et la montée en puissance du terrorisme. Il existe plusieurs groupes terroristes qui opèrent au Burkina Faso avec des méthodes diversifiées, lesquelles présentent des caractéristiques communes qui portent, entre autres, sur des actions d’éclat et à forte visée médiatique, une volonté de provoquer un grand nombre de victimes et des actions visant à instaurer la psychose.

Et à la pratique, il s’avère de plus en plus nécessaire pour les acteurs que sont les FDS et les journalistes de repenser leur modèle de communication par une collaboration plus accrue. Les communications ont aussi fait ressortir, d’une part, que les médias jouent un rôle irremplaçable dans la lutte contre le terrorisme. Ils contribuent à la diffusion des valeurs qui fondent le vivre-ensemble (la solidarité, la tolérance, l’intégrité).

Prononçant son discours à l’ouverture, le président du CSC, Mathias Tankoano, avait souligné l’importance de la communication dans cette guerre car elle est une « puissante arme utilisée par les terroristes ».

Au regard de la qualité des exposés, des discussions, des amendements sur les attentes et des recommandations qui ont été formulées, les objectifs de l’atelier ont été largement atteints, selon les organisateurs qui annoncent des tournées dans toutes les provinces du Burkina pour distiller ces informations aux acteurs de premier plan de la sécurité, notamment les journalistes et les FDS.

Par Bernard BOUGOUM

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