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Burkina: « On ne négocie pas avec les terroristes » (SOS terrorisme)

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Les animateurs de la conférence de presse, avec le président de SOS terrorisme, Amadou Dicko (2e à gauche)

Le président SOS terrorisme Burkina Faso, une organisation de la société civile, Amadou Ardho Dicko a signifié ce vendredi 5 mars 2021 face à la presse à Ouagadougou la position de sa structure sur le débat à savoir s’il faut oui ou non négocier avec les terroristes qui attaquent régulièrement le Burkina Faso depuis début janvier 2016. « On ne négocie pas avec les terroristes », a été catégorique Amadou Dicko.

Dans son dernier numéro, le journal d’investigation burkinabè L’Evènement a fait cas de ce que l’Etat burkinabè a négocié avec un groupe terroriste, ce qui aurait permis la libération d’une vingtaine de terroristes que la justice détenait dans des prisons de haute sécurité du pays.

Pour SOS terrorisme qui a tenu une conférence de presse sous le thème : « Quelle contribution de la société civile face à la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina ? », il n’est pas question de négocier quoi que ce soit avec les bandits armés qui attaquent le Burkina Faso. Cette association « s’aligne » à la politique du chef de l’Etat. Et puis, « on va négocier avec qui ? Qui ici parmi nous peut nous dire ce que ces terroristes-là nous veulent ? », s’est interrogé son président.

Selon SOS terrorisme, il y a deux volets essentiels dans la lutte contre le terrorisme au Burkina. Il s’agit du volet opérationnel et de celui stratégique qui consiste à propager leur idéologie. Alors pour Amadou Dicko, « il faut surtout s’attaquer à la racine du problème qui est la stratégie déployée par les terroristes sur le terrain. Il faut travailler à rompre leurs systèmes d’enrôlement et d’embrigadement. Nous travaillons surtout sur ce front. Donner la bonne information et sensibiliser les populations pour casser le discours radical des bandits armés ».

Le 18 janvier février, des individus armés non identifiés ont tendu une embuscade à des véhicules de transport de civils entre Markoye et Tokabangou, dans la région du Sahel. Malheureusement, on déplore neuf morts, plusieurs blessés et des dégâts matériels. Le 2 mars, soit le mardi, une autre attaque terroriste perpétrée contre des civils a causé la mort de six passagers après qu’une ambulance a sauté sur une mine sur l’axe Bourzanga-Djibo.

Ces attaques, selon SOS terrorisme-BF, démontrent à nouveau la recrudescence des actes terroristes au Burkina. Les conférenciers ont condamné avec « la dernière fermeté » ces attaques terroristes qui fragilisent la quiétude des populations et le vivre ensemble.

Pour sa stratégie de communication en vue de participer efficacement à la lutte contre le phénomène qui mine des pays de la sous-région, elle est déclinée en cinq points consistant à « refuser catégoriquement de se faire enrôler par les groupes terroristes, dénoncer les terroristes et leurs complices, encourager et non décourager les FDS sur les réseaux sociaux, cultiver l’amour de la patrie et promouvoir le vivre ensemble, la cohésion sociale, tout en luttant contre le repli identitaire et la stigmatisation ».

Comme stratégie de lutte collective, SOS terrorisme-BF recommande de mobiliser les jeunes et des volontaires à travers des Comités de défense de la République (CDR) dans la lutte contre le terrorisme.

Par Bernard BOUGOUM