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Burkina: un dimanche entre crépitements de balles des militaires et rebondissements du ballon des Etalons

Photo d'archives

Un dimanche pas comme les autres! C’est le constat fait par les populations de Ouagadougou et de certaines villes à l’intérieur du Burkina Faso, ce jour. Journée généralement très tranquille consacrée au social et à la détente dans les maquis et sous les manguiers, autour du poulet bicyclette, ce dimanche à dérogé à la règle. Les habitants ont été réveillés aux environs de 4h du matin par des tirs nourris dans plusieurs camps militaires, à Ouagadougou, Ouahigouya, Kaya, etc. Le contexte étant des plus délicats, marqués par des marches interdites dont celle de ce samedi qui avait pour but de dénoncer la situation fortement marquée par les attaques armées qui endeuillent, au quotidien, populations civiles et Forces de défense et de la sécurité (FDS), réclamer la démission du président du Faso dont le pouvoir est accusé d’inaction et en soutien au peuple malien qui se débat contre les mesures prises par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) contre la junte militaire au pouvoir au Mali après deux coups d’Etat, le concert des armes automatiques n’avait rien de rassurant. Elle a renforcé les inquiétudes et confirmé la crainte des observateurs habitués à voir les situations délétères de ce genre qui finissent toujours par être arbitrées par les hommes en kaki. Et l’effet de contagion qui planait venue des bords du Djoliba voisin, du Fouta guinéen et ou du Tibesti tchadien n’était pas non plus des plus encourageants à la quiétude. Du reste, c’est la confusion totale et certains parlent déjà de coup d’Etat consommé. Mais la prudence doit être de mise dans cette multitude d’informations qui circulent!

Fort heureusement, le cas Burkina s’est limité, pour l’instant en tout cas, à une mutinerie assortie de revendications qui épousent une parfaite logique dans cet état comateux dans lequel végète le «pays des Hommes intègres» engagé dans une guerre contre le terrorisme depuis presqu’une décennie maintenant. «Suffisamment de troupes pour combattre les terroristes, remplacement de la hiérarchie de l’Armée et des services de renseignement, meilleure prise en charge des familles des soldats morts et blessés». Des demandes pas exhaustives mais qui prouvent en tout cas, la détermination des mutins à prendre leurs responsabilités pour l’amélioration de leurs conditions de vie, eux qui ont, en principe, la lourde charge de défense du territoire national, mais ont toujours une longueur de retard sur l’ennemie en face. Malgré les différents changements opérés par le chef de l’Etat après le drame d’Inata qui a fait plus de 550 morts dans les troupes, dans des conditions rocambolesques qui ont mis à nue des dysfonctionnements criards dans l’Armée, les choses ne semblent toujours pas être du goût de la troupe. A moins que cette mutinerie qui a poussé le Gouvernement burkinabè à décréter un couvre-feu de 20h à 5h30 sur l’ensemble du territoire, ne soit qu’une étape du programme que les mutins sont loin d’avoir totalement déroulé.

Une chose est certaine, ce couvre-feu mis en place sur le tard, a dû surprendre bien des Burkinabè en liesse après une victoire, au bout du suspense, des Etalons du Burkina Faso, aux tirs au but sur les Panthères du Gabon. C’était au Cameroun, en 8e de finale de la 33e Coupe d’Afrique des nations (CAN) que le Cameroun abrite depuis le 9 janvier et ce jusqu’au 6 février. Et pendant que les scènes de joie de la soirée qui venait de voir les Burkinabè filer en quart de finale, contrastaient avec le calme ahurissant de la matinée, les rues du Nigéria elles se vidaient, les Supers Eagles du haut de leur statut de super favori, devant disparaître du ciel camerounais, chassés par d’autres Aigles, ceux de Carthage sur le score étriqué, mais largement suffisant pour les propulser en Quart de finale où ils seront face aux…Etalons du Burkina!

Ce dimanche, ne marque que le début d’un face-à-face entre des mutins et le Gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré décidé à interdire toutes les marches de l’opposition qui entend s’exprimer dans la rue, cette même rue où se trouvait, il y a quelques années, le même Roch Kaboré et les militants de son parti, pour faire dégager l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, après un compagnonnage de plus de deux décennies. Quelle sera la suite de cette nouvelle difficulté que doit gérer le Burkina, en plus des attaques armées de terroristes et autres bandits qui l’endeuillent sans cesse et jettent sur la route de l’exil dans leur propre pays, plus du million de personnes, hommes et femmes, vieux et enfants? Les heures qui viennent seront déterminantes et sans doute chaudes dans un Burkina où les fidèles chrétiens et musulmans sont persuadés que seule la prière peut encore sauver le pays.

Par Wakat Séra

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