Accueil Société Burkinabè: des OSC plaident pour l’intégration du concept « Education sociale et financière »

Burkinabè: des OSC plaident pour l’intégration du concept « Education sociale et financière »

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Des acteurs de l'éducation

Le Cadre de concertation des ONG et associations actives en éducation de base du Burkina Faso (CCEB-BF), a rassemblé depuis mardi, une cinquantaine d’acteurs de l’éducation à Ziniaré, en vue de réfléchir, cinq jours durant, sur le concept « Education sociale et financière », visant à rendre plus autonomes les élèves en terme de « connaissance, compétence et confiance ». La structure qui regroupe plus de 200 Organisations de la société civile (OSC), plaide auprès des autorités de la Transition burkinabè pour que l’intégration de l’ « Education sociale et financière », soit effective au Burkina Faso. Que renferme ce nouveau concept éducatif ?

Le Cadre de concertation des ONG et associations actives en éducation de base du Burkina Faso (CCEB-BF) a fait de l’éducation son cheval de bataille. Du constat de ces acteurs de l’éducation, le manque d’emplois des diplômés devenant de plus en plus criard, menace même la stabilité des pays de la sous-région qui sont tous confrontés à la même réalité. C’est ainsi qu’elle plaide pour l’intégration de l’éducation sociale et financière incluant la notion de l’entreprenariat en vue de résorber le problème d’emplois, notamment.

Adélaïde Rayaïssé-Zougouri, chargée de projet au CCEB

« Les enfants aiment être écoutés et valorisés »

Chargée de l’accès des filles à une éducation et de formation professionnelle de qualité, au sein du CCEB, Adélaïde Rayaïssé/Zougouri, a laissé entendre face à la presse que le concept « Education sociale et financière » est à la phase pilote. « Nous sommes en train de vraiment travailler à montrer la valeur ajoutée de ce programme au niveau du système éducatif », a déclaré madame Rayaïssé, précisant que ce sont les acteurs du monde éducatif, notamment les ministères de l’Education, de la Jeunesse, tous les départements sensibles, capables d’accompagner le CCEB pour l’atteinte de son objectif, qui y ont été conviés à la rencontre.

« Dans notre travail de promotion, c’est porté à la connaissance de ces décideurs le programme pour qu’ils comprennent réellement ce qu’on trouve à l’intérieur de l’éducation sociale et financière », a-t-elle souligné, précisant que l’approche fait la promotion d’autres méthodes d’enseignement. Pour elle, beaucoup de méthodes utilisées doivent être revues car elles ont contribué à l’échec de bon nombre d’élèves.

Le programme de l’ « Education sociale et financière » propose « des méthodes plus actives qui amènent l’enfant à participer, à déceler ses connaissances, ses capacités, ses compétences, avant de prendre ce que son enseignant va lui ajouter ». « Les enfants aiment être écoutés. En ce moment, le cours est plus attrayant, l’enfant se sent valorisé et en ce moment, il est prêt à être plus attentif », a-t-elle expliqué, notant que pour le moment, ce sont quatre régions qui sont plus concernées. Il s’agit des régions du Nord, Est, Centre-Nord et du Sahel.

Félix Yao, formateur Aflatoun

« La nécessité aujourd’hui d’apprendre les questions financières aux enfants »

« Nous sommes dans un processus d’intégration de l’ « Education sociale et financière » dans les curricula d’enseignement. Il est donc question qu’au terme du processus, nous soyons capables de donner des connaissances, des compétences, et surtout la confiance nécessaire aux enfants pour qu’ils puissent devenir autonomes. Et pour ce faire, nous formons la chaîne pédagogique », a affirmé Félix Yao, ivoirien, maître formateur à Aflatoun.

L’éducation sociale et financière, « est une pédagogie nouvelle basée essentiellement sur le jeu. Nous estimons que par le jeu, l’enfant apprend plus. Il y a certaines techniques pédagogiques comme le théâtre d’image, le brainstorming dans leurs différents aspects », a explicité davantage M. Yao qui pense que les Etats africains « ont compris la nécessité aujourd’hui d’apprendre les questions financières aux enfants parce que ce sont des compétences essentielles aujourd’hui pour la vie ».

« Il faut dès l’éducation des enfants, leur apprendre comment épargner. Il faut également les outiller sur les compétences sociales, par exemple que l’enfant apprenne à se découvrir, savoir réellement qui il est, et qui, il veut être. Il faut l’aider à faire des choix assez pertinents sur sa santé car sans santé, il n’y a pas d’apprentissage possible », a développé le formateur ivoirien. qui Pour lui, « il faut que l’enfant sache qu’il appartient à une famille, mais également à une communauté et à un pays ». « Ce sont des choses qu’il va falloir développer. Il faut que l’enfant développe les compétences, qu’il ait confiance en lui-même parce que si ce n’est pas le cas, il ne pourra rien réaliser » a-t-il poursuivi. Ce que ce formateur appelle la loi des trois C (connaissance, compétence et confiance) que le programme apportera aux enfants.

Ali Dodo, formateur Aflatoun

« La valeur ajoutée de ce programme pour nos Etats est qu’il développe l’esprit d’entreprenariat des jeunes »

Selon Ali Dodo, maître formateur Aflatoun basé au Niger, ce programme a une valeur ajoutée parce que toute innovation vient combler un vide. « La valeur ajoutée pour nos Etats c’est que ça développe l’esprit d’entreprenariat à la fin pour les jeunes. Or, le système que nous avons actuellement, c’est après avoir obtenu son diplôme que le jeune se demande qu’est-ce qu’il va faire », a fait savoir M. Dodo.

« Normalement, tout le long du cursus, il doit être capable de développer des compétences lui permettant de bâtir sa propre entreprise. Là, ils deviennent des agents de développement parce que nos Etats ne peuvent pas garantir un emploi à tous ceux qui ont un diplôme », a-t-il laissé entendre, reconnaissant que l’implantation d’un programme dans un Etat prend « énormément du temps » car il faut former les acteurs et l’adapter aux réalités du pays.

L’un des avantages de l’éducation sociale et financière est qu’il vient avec une « méthodologie de formation qui est centrée sur l’apprenant. Or, c’est cela que prônent nos différents systèmes éducatifs, c’est-à-dire un enseignement basé sur l’apprenant. En ce moment, l’enseignant devient un facilitateur », a déclaré Ali Dodo, soulignant que « le défi, c’est de préparer et former, à terme, des citoyens de demain, des citoyens qui vont être utiles à leurs communautés, leur pays et leur continent ».

Par Bernard BOUGOUM