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Cameroun: l’épineuse question du fédéralisme au cœur d’un dialogue national

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Photo d'illustration

L’épineuse question du fédéralisme est au cœur du dialogue national convoqué le 10 septembre dernier par le président camerounais, Paul Biya, sur la crise anglophone. Ouvert le lundi 30 septembre, le dialogue qui était très attendu se poursuivra jusqu’au 4 septembre 2019, réunis environ 1 500 participants venus des dix régions du pays et de la diaspora dont 700 délégués travaillent en tandem autour de huit commissions.

Le développement local, la décentralisation, le cas des déplacés internes, le bilinguisme, le désarmement, le système judiciaire et éducatif, entre autres, sont les sujets au cœur des « débats houleux » que préside le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute.

Malgré la volonté de Paul Biya qui a demandé qu’on écarte tout sujet qui divise ses compatriotes, le débat sur le fédéralisme, une revendication portée par une partie des anglophones, des sécessionnistes, s’est tout naturellement invitée aux échanges. Cette option du fédéralisme ayant été d’ores et déjà rejetée par le chef de l’Etat, des anciens combattants sécessionnistes ont été conviés aux travaux pour exprimer leurs griefs.

« Nous ne voulons plus d’un pays où les anglophones sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Tous les citoyens doivent avoir les mêmes chances dans la quête des emplois. Nous souhaitons que ça change », a affirmé leur représentant, Yannick Kawa Kawa, selon des propos rapportés par nos confrères de Jeune Afrique.

Au lancement de ce dialogue national au Palais des Congrès de Yaoundé, le chef du gouvernement camerounais, a signifié aux participants que « le Cameroun nous regarde, le monde nous regarde ». Il a considéré cette rencontre comme « un rendez-vous exceptionnel de l’histoire du pays » des stars du football Samuel Eto’o et de la musique Richard Bona. « L’avenir du pays est entre nos mains » a lancé Joseph Dion Ngute aux 1 500 délégués présents à l’ouverture, selon nos confrères.

Si 1 500 ont été conviés aux échanges, ce sont 1 000 délégués issus des dix régions du pays et de la diaspora qui auront l’occasion de débattre de huit thématiques retenues par l’Exécutif camerounais comme sources de la crise socio-politique qui secoue les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis trois ans. Cette crise, à en croire le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), « a fait plus de 3 000 morts en moins de trois ans ».

Ces thèmes portent sur les questions du bilinguisme, de la diversité culturelle et de la cohésion Sociale, du système éducatif, du système judiciaire, de la décentralisation et du développement local. Ce dialogue national vise à résoudre le conflit qui sévit dans les régions anglophones entre forces armées et rebelles séparatistes.

Cependant des absences notables à ces travaux sont à signaler. Outre le prisonnier Maurice Kamto, principal opposant à Paul Biya, il y a les figures de proue de la contestation anglophone qui ont toutes rejeté l’offre de dialogue du gouvernement camerounais.

Par Bernard BOUGOUM

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