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Cameroun: pourquoi Maurice Kamto fait-il si peur?

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Quel avenir politique pour Maurice Kamto et le MRC? (Ph. d'archives)

Maurice Kamto, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et son vice-président, Mamadou Mota, ont démissionné de la tête de ce parti de l’opposition. La pression de l’administration étant devenue trop forte contre sa personne, le président du MRC, ci-devant candidat à la présidentielle de 2018 et mis hors-jeu pour celle de 2025, n’avait d’autre option, pour donner une chance de survie à sa formation politique, que de rendre le tablier. A son corps défendant, l’acharnement contre lui étant devenu excessif et se manifestant par tous les moyens, notamment celui que l’administration a déniché, en l’occurrence, la possibilité de la non reconnaissance de la  convention du parti qui a reconduit à sa tête, en décembre dernier, Me Maurice Kamto. Et c’est pour ne pas saborder les chances du MRC, principal parti de l’opposition, qui entend se mettre en ordre de bataille pour les prochaines élections de 2027, que le président et le premier vice-président ont quitté leurs postes. Une stratégie qui pourrait bien être payante, si une nouvelle convention est tenue bientôt, comme le prévoit le parti.

Toutefois, les démissionnaires demeurent membres du parti, qui, sans doute pour contourner la déstabilisation orchestrée par le pouvoir, projette la tenue d’une autre convention extraordinaire. Quel sort sera réservé à cette autre instance du MRC? Quel stratagème est déjà en gestation dans les laboratoires machiavéliques du pouvoir, pour nuire au MRC? La succession du président Paul Biya étant inexorablement en cours, les dignitaires du régime en place, engagés déjà dans une lutte fratricide, sans concession, concèderont-ils de la place à un parti d’opposition autant craint comme le MRC? Autant d’équations que Maurice Kamto et ses ouailles du parti, devront chercher à résoudre pour espérer marcher, un jour, vers le palais présidentiel d’Etoudi.

En tout cas, l’avenir ne s’annonce pas des plus roses pour le MRC, tout comme pour les autres partis d’opposition, le Cameroun de Paul Biya étant une terre plus ou moins hostile à quiconque refusant de marcher dans la direction du vent. Ce n’est pas Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de Paul Biya, qu’il a challengé lors de la présidentielle de 2025, qui dira le contraire. Contraint de prendre les chemins difficiles de l’exil après une élection dont il continue, en vain pour le moment, de revendiquer la victoire, l’homme qui, prônant la rupture a, certes réussi à mobiliser large à travers plusieurs ralliements. Mais, candidat malheureux, il a dû assister, la mort dans l’âme, impuissant, et de loin, à la victoire et l’investiture de l’inusable Paul Biya, 93 ans dont 44 au pouvoir.

Tout porte à croire que le Cameroun, en dehors des élections qui s’y tiennent régulièrement et à date, est plutôt une monarchie de fait, plutôt qu’une démocratie. Comme dans bien des pays sur le continent, l’opposition n’y est tolérée que lorsqu’elle ne…s’oppose pas au pouvoir. Et le MRC doit trouver la stratégie pour, non seulement continuer à exister, mais à chercher à conquérir le pouvoir d’Etat, conformément à ses objectifs de parti d’opposition!

Par Wakat Séra