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Comment les plans d’amélioration transforment la façon d’enseigner dans la CEB de Zorgho

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Dans ce document, Désiré W. POUDIOUGO1 de l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST), Ékoué Adjéoda KPESSOU2 Doctorant à l’université Norbert ZONGO (LAPAME), révèlent comment les plans d’amélioration transforment la façon d’enseigner dans la CEB de Zorgho au Burkina Faso.

Introduction

                    Le développement de toute société dépend de l’éducation reçue par ses membres. En effet, selon l’article publié en juin 2024 dans l’Institut d’Etudes et des Sciences (ISS) Today, la qualité de l’éducation en Afrique est médiocre et l’état de la pauvreté des apprentissages dans le monde en 2022 indique que près de 90 % des enfants africains âgés de dix (10) ans ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Il est clair que l’éducation en Afrique fait face à plusieurs difficultés dont notamment celle liée à la baisse de la qualité de l’enseignement. C’est une situation qui concerne également le Burkina Faso. C’est pourquoi, à travers l’article 03 de la loi n° 013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d’orientation de l’éducation et promulguée par le décret n°2007-540/PRES du 05 septembre 2007, les autorités du système éducatif burkinabè ont clarifié les dispositions en lien avec la qualité de l’éducation. Cette loi dit en son article 49 : « les personnels de l’éducation ont droit à une formation continue et / ou à un encadrement professionnel. Ils ont le devoir de de cultiver et de développer leurs compétences professionnelles ». Cette loi implique pour les enseignants, un encadrement de proximité afin de les outiller efficacement dans les classes. Cependant pour relever ces défis, il est nécessaire qu’il ait une congruence entre la planification d’une activité et sa mise en œuvre. C’est pour cela que les Plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI et PAC) ont été introduits dans le système éducatif burkinabè depuis 1998. Ces outils répondent à l’esprit de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) et permettent à l’enseignant et à l’équipe école d’améliorer les résultats des élèves dans une ou plusieurs disciplines tout au long de l’année scolaire. Par contre, l’analyse des données recueillies auprès du Bureau des statistiques Educatives (BSE) et du Bureau de l’Enseignement Primaire (BEPrim) de la CEB de Zorgho sur la situation des différents plans d’amélioration ces cinq dernières années (2019 à 2024) affichent clairement des résultats pas très fameux même si depuis la fusion des CEB, elle affiche une situation progressive au niveau des taux de réussite au CEP. Aussi, relève-t-on que certains Plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC) sont élaborés mais mal mis en œuvre. D’autres outils mal élaborés pour confusion des causes et des manifestations de la discipline à problème. Il y a également des PAI et PAC qui sont renouvelés juste pour des questions de formalités administratives ou pour des questions d’examen pratique. On y ajoute le cas des enseignants aux attitudes réfractaires face aux innovations qui négligent ces outils au profit de leurs vieilles méthodes. Ces différentes raisons nous ont orienté vers l’analyse de l’impact de ces outils sur les activités d’enseignement/apprentissage afin d’en révéler leur importance. Pour la réalisation de cette étude, les données ont été collectées à l’aide de questionnaires et guides d’entretien auprès de cent six (106) personnes composées d’encadreurs, de directeurs d’écoles et d’enseignants en classe dans la Circonscription d’Education de Base (CEB) de Zorgho dans la région du Plateau Central.

  1. Méthodologie

                       Nous avons réalisé cette étude dans la Circonscription d’Éducation de Base de Zorgho, située dans la province du Ganzourgou. Ce choix s’explique par le fait que la question de l’encadrement est au centre de notre sujet de thèse.

                    La population d’étude est constituée d’encadreurs, de directeurs d’écoles et d’enseignants en classe. Nous avons établi un échantillon auprès duquel nous avons récolté nos informations. C’est un échantillon composé de cent quatorze (114) sur un effectif total du personnel au primaire qui s’élève à 412 (quatre cent douze) pour un taux global d’échantillonnage de 27,66%. Ces acteurs représentent la somme des enquêtés des trois (03) groupes constitués pour les collectes des données. Elle est formée de treize (13) encadreurs, 16 (seize) sur 64 (soixante-quatre) directeurs d’écoles et 85 (quatre-vingt-cinq) sur 335 (trois cent trente-cinq) enseignants que compte la CEB. Au terme de notre enquête cent six (106) ont pu réellement prendre part aux collectes des données avec un taux de participation de 92,98%.

                    Les encadreurs pédagogiques, au nombre de trois (13) ont été tous retenus en raison de leur nombre moins élevé dans la CEB. Il s’est agi du CCEB et de douze inspecteurs intervenant dans la circonscription. Nous avons opté pour la démarche du choix raisonné à leur égard parce que nous connaissons leurs compétences professionnelles et donc, leur capacité à apporter des réponses pertinentes à nos questions.

                     A niveau des directeurs d’école au nombre de soixante-quatre (64), nous avons enquêté six (16) participants avec la technique d’échantillonnage probabiliste simple. Ainsi, nous avons dressé la liste de tous les directeurs d’école de la CEB réunissant les conditions de participation. Nous avons ensuite procédé au choix des répondants en retenant les seize premiers noms tirés de façon aléatoire.

                     Par rapport au groupe des enseignants au nombre de trois cent trente-cinq (335), nous avons pu enregistrer le retour de quatre-vingt (80) enquêtés sur quatre-vingt-cinq (85) prévus soit un taux de participation de 94,11%. La technique d’échantillonnage aléatoire simple a été également prise en compte pour ce groupe. En effet, nous avons dressé la liste de tous les enseignants de la CEB réunissant les conditions de participation. Ensuite, nous avons procédé au choix des répondants en retenant les quatre-vingt-cinq premiers noms tirés de façon aléatoire.

                    Outre la recherche documentaire, nous avons collecté les données grâce à un questionnaire à travers un lien créé avec le logiciel koboCollect qui a pris en compte les directeurs d’écoles et leurs adjoints. Nous avons élaboré séparément un guide d’entretien qui nous a permis d’échanger avec les encadreurs. A cet effet, nous nous sommes appuyé dans notre démarche sur l’entretien directif et le questionnaire. Les différents questionnaires adressés aux enquêtés sont composés de questions fermées où l’individu est invité à répondre par oui ou non et des questions ouvertes où l’enquêté décline en quelques lignes son point de vue. Le questionnaire ainsi que le guide d’entretien administré se penchent sur l’existence des Plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC), les difficultés liées à leur élaboration et mise en œuvre et la perception des acteurs sur l’impact de ces outils. Nous avons testé nos instruments (les entrevues et le questionnaire) à l’aide un pré-test avant de les appliquer aux participants de notre recherche. Pour les questionnaires, nous les avons essayés auprès des sujets témoins c’est-à-dire des répondants ayant les mêmes caractéristiques que les personnes composant notre échantillon définitif d’enquête, mais qui n’ont été pris en compte dans la collecte des données. Quant aux entrevues, nous les avons soumises à la critique des inspecteurs de la Circonscriptions d’Education de Base de Boudry n°1 afin de nous convaincre de la pertinence de leurs items par rapport au sujet de recherche.

                    Nous avons opté pour une méthode mixte pour réaliser cette étude car elle optimise à la fois sur des éléments propres à la recherche qualitative et à la recherche quantitative. En effet, il s’est agi, avec l’usage de cette méthode mixte, de réaliser d’une part des entretiens avec les personnes de ressources à choisir et d’autre part d’élaborer des questionnaires comportant des questions fermées avec quelquefois des questions ouvertes. Afin de prendre en compte les objectifs de notre recherche, nous avons opté pour l’analyse hypothético-déductive. Au niveau des questionnaires nous avons décrit les informations recueillies en utilisant des graphiques et rapprocher les questions relatives à un même thème. Au niveau de l’entretien l’approche qualitative est privilégiée pour l’analyse du contenu des thèmes. Par ailleurs, nous retenons trois (3) axes pour le développement du contenu des thèmes que sont :

  • l’existence et la situation des PAI/ PAC dans la CEB de Zorgho;
  • les difficultés liées à l’utilisation de ces plans;
  • et la perception de l’impact de ces plans sur les activités pédagogiques par les acteurs.
  1. Résultats de la recherche

2.1. De l’existence et de la situation des plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC)

                    Des résultats obtenus, les Plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC) existent dans la CEB de Zorgho. En effet, des entretiens avec les encadreurs, il ressort que le PAI et le PAC constituent des outils de base pour les activités de l’encadrement pédagogique. En effet, ils pensent que l’appropriation de ces outils qui permettent réellement de remédier et améliorer efficacement les activités enseignement/apprentissage existent bel et bien dans la CEB. Pour eux, malgré que dans leur utilisation, ces outils connaissent des difficultés liées à certaines rubriques ou à la négligence, il y a tout de même quelques acquis qui permettent de les élaborer et mettre en œuvre dans chaque école par les directeurs et leurs adjoints. Aussi, estiment-ils que pendant certains enseignants ne s’approprient pas suffisamment de ces outils, d’autres, pour des questions de formalités administratives font du plagiat des anciens outils élaborés qui n’ont rien à avoir avec les réalités de leurs classes actuelles.

                    De l’avis des directeurs d’écoles, les Plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC) existent dans leurs écoles. D’une part, ils confirment tous que ces plans sont élaborés convenablement mais quinze (15) sur (16) des directeurs, soit 93,75% affirment que les PAI sont mis en œuvre dans les règles de l’art. D’autre part, ils affirment aussi que les enseignants sont favorables à l’utilisation des PAI dans les classes. Les directeurs soulignent également avoir élaboré les PAC de concert avec les adjoints.

                    Du point de vue des enseignants, l’élaboration et la mise en œuvre des PAI/PAC font partie intégrante de leurs attributions. De ce fait, ces outils existent dans leur école. Chacun des enquêtés affirme aussi avoir un Plan d’Amélioration Individuel dans sa classe. En plus, soixante-quinze (75) sur quatre-vingt (80), soit un taux de 93,75% déclare élaborer et mettre en œuvre convenablement le PAI.

2.2. Des difficultés liées à l’utilisation des plans d’Amélioration Individuel et Collectif (PAI/PAC) dans la CEB

                    Les collectes de données ressortent un certain nombre de difficultés liées à l’utilisation de ces plans énumérés par les encadreurs. En effet, ils révèlent qu’un manque de suivi de la mise en œuvre de ces outils ne facilite pas leurs maitrises. Ils estiment que les moyens dont ils disposent ne permettent pas de suivre efficacement ces précieux outils. Pour ces derniers, certains enseignants confondent certaines expressions (causes et manifestations) sur ces plans d’amélioration. Aussi ajoutent-ils que certains enseignants ne s’approprient pas correctement du problème à résoudre d’où l’élaboration de ces outils à la sauvette. De ce fait une confusion totale s’installe dans les actions à mener pendant les activités pédagogiques de remédiation. Ils relèvent également que l’encadrement ne se donne pas le temps pour une étude minutieuse afin de susciter une exploitation judicieuse de ces documents. Les encadreurs soulignent l’attitude réfractaire de certains enseignants face aux innovations.

                    Sur la question, les directeurs d’écoles pensent que beaucoup d’enseignants éprouvent de difficultés dues à l’insuffisance d’appui des encadreurs et au manque de remise à niveau dans l’utilisation des plans d’amélioration. Pour eux, certains enseignants confondent certaines rubriques notamment celles de la cause et des manifestations sur les plans d’amélioration. Ces derniers révèlent également que l’évaluation diagnostique qui constituent le socle de réussite de ces outils n’est pas sérieusement et convenablement exécutée. De plus, soulignent-ils que les enseignants préfèrent souvent se rabattre sur les résultats de l’année précédente (les propositions de fin d’année passée) surtout en début d’une nouvelle année scolaire. Aussi ajoutent-ils que souvent les disciplines à problème sont souvent retenues de façon fantaisiste et ou maintenues sur toute l’année scolaire. Autrement dit le calendrier d’exécution de ces plans n’est pas respecté ou soit exécuté juste pour des questions administratives.

             Nombreuses sont les difficultés relevées par les enseignants à ce niveau. Nous avons la question de la gestion du temps, l’analyse du problème à résoudre, la formulation des objectifs et l’agencement des activités de remédiation, l’insuffisance d’appui de l’encadrement, le calendrier d’exécution qui selon eux ne permet de résoudre efficacement le problème décelé, des difficultés dans la technique d’élaboration et surtout la confusion entre les causes et les manifestations. Ils estiment également que l’insuffisance de documentation sur la question et le manque de formation des enseignants constituent un frein pour une bonne élaboration et mise en œuvre en de ces outils.

2.3. De la perception de l’impact de ces plans sur les activités pédagogiques par les acteurs dans la CEB

                    Les encadreurs affirment selon les données collectées qu’une bonne élaboration et mise en œuvre de ces outils contribuent efficacement à l’amélioration des rendements scolaires.  En effet, les classes tenues par les candidats aux examens professionnels connaissent réellement un changement qualitatif dans les activités d’enseignement/apprentissage et dans les activités de remédiation pédagogiques. Pour ces derniers, l’utilisation de ces outils améliore considérablement le taux de réussite des disciplines à problème. De ce fait, ils estiment que l’utilisation convenable des plans d’amélioration apporte des solutions aux difficultés d’apprentissage des élèves et attire l’attention de l’enseignant sur ses interventions pédagogiques dans sa classe. Ces derniers pensent également que ces outils professionnalisent l’enseignant et rendent ses prestations plus performantes et pertinentes. Aussi, ajoutent-ils que non seulement ces outils qui constituent une référence réelle pour l’amélioration de la qualité des activités pédagogiques mais aussi orientent l’encadreur dans la façon d’accompagner l’enseignant dans sa classe et responsabilisent chacun des acteurs de l’éducation.

     L’impact de ces plans sur les activités pédagogiques selon les directeurs d’écoles se ressentent dans les classes où ils sont réellement pris en compte. Aussi, constatent-ils que les classes qui n’ont pas bénéficié d’une bonne élaboration et mise en œuvre des plans n’ont pas de rendements dans les activités pédagogiques. De plus, estiment-ils que l’utilisation convenable de ces outils facilitent l’apprentissage, améliorent le rendement des élèves et aident les enseignants à plus se concentrer sur une matière dont le taux de réussite est faible.  Autrement, ce sont des outils qui permettent de diagnostiquer ou de déceler les lacunes et les difficultés liées à des disciplines à problème en vue d’y ‘apporter des solutions appropriées.

Pour les enseignants, les PAI et PAC sont des outils qui ont indéniablement leur rôle dans l’amélioration des prestations des enseignants et partant les résultats scolaires. De leur point de vue, ces outils permettent à l’enseignant de mesurer ses insuffisances, relever ses imperfections et les aspects à améliorer pour l’atteinte de ses objectifs fixés. Aussi, ajoutent-ils que la sensibilisation sur le bien-fondé des plans d’amélioration, de recyclages réguliers, un suivi régulier et un texte encadrant ces outils pourraient apporter un changement de paradigme dans l’utilisation de ces outils.

Conclusion

                    Á travers ce sujet sur l’impact des plans d’amélioration sur les activités d’enseignement/apprentissage, l’objectif général est « d’analyser l’impact des plans d’amélioration sur les activités d’enseignement/apprentissage. Á partir de la question : « Quel est l’impact des plans d’amélioration sur les activités d’enseignement/apprentissage de la CEB de Zorgho ? », nous avons émis l’hypothèse principale suivante : les plans d’amélioration élaborés et mis en œuvre convenablement ont un impact positif sur les activités enseignement/apprentissage des enseignants. Notre démarche méthodologique s’est bâtie sur l’approche mixte (quantitative et qualitative). L’approche quantitative s’est basée sur le questionnaire et elle a permis de collecter et de traiter des données quantitatives permettant d’analyser l’impact des plans d’amélioration sur les activités d’enseignement apprentissage. Quant à l’approche qualitative, elle s’est intéressée aux entretiens dirigés individuels et a permis de recueillir les points de vue sur la perception de ces outils d’encadrement pédagogique.

                    Les investigations d’une part, ont montré qu’il existe bel et bien des plans d’amélioration dans la CEB. Aussi, les acteurs ont-ils une bonne perception des outils même si leur utilisation est émaillée de nombreuses difficultés. Ainsi, l’étude soulève un problème de manque de remise à niveau des enseignants sur élaboration et la mise en œuvre des plans d’amélioration et de l’insuffisance de suivi et du sérieux des encadreurs sur ces outils d’encadrement pédagogiques.

Ce document de vulgarisation est tiré de l’article scientifique : Désiré W. POUDIOUGO, Ékoué Adjéoda KPESSOU. Analyse de l’impact des plans d’amélioration sur les activités d’enseignement/apprentissage dans les écoles primaires de la CEB de Zorgho. Revue (CARESFI) Série Sciences Humaines, Sociales et Lettres. Volume 2 – n° 02 – Avril 2025

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Document produit par:

Désiré W. POUDIOUGO1

Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST), Burkina Faso

Ékoué Adjéoda KPESSOU2

Doctorant à l’université Norbert ZONGO (LAPAME), Burkina Faso

Désiré W. POUDIOUGO, desirepoudiougo@yahoo.com

Ékoué Adjéoda KPESSOU, maxkpessou@gmail.com