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Coopération médiatique: seize burkinabè reçoivent leur certificat au terme d’un séminaire à Pékin

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Adama Compaoré, ambassadeur et M. Li Hengtian, vice-directeur du CIPG, remettant des attestations à des impétrants

Seize journalistes et communicateurs burkinabè, ont reçu le 9 décembre 2019, à Beijing (Pékin), des certificats, au terme d’un séminaire de 21 jours, organisé par le Centre de formation du Groupe de publication internationale de Chine (CIPG), dans le cadre de la coopération entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine (RPC), reprise le 26 mai 2018.

Durant trois semaines, les hommes de médias ont suivi différentes communications et effectué des sorties terrain dans divers secteurs (économique, culturel, académique, médiatique, Touristiques …) pour s’imprégner du développement de l’Empire du Milieu afin de renforcer la coopération sino-burkinabè sur la base des réalités des deux peuples.  

Depuis le rétablissement de la relation sino-burkinabè, différentes  délégations, composées des acteurs du privé et de fonctionnaires de l’Etat, émanant de divers secteurs d’activité, ont effectué des missions en Chine dans le cadre de la politique d’ouverture du géant de l’Asie en vue de renforcer les liens entre les deux nations. Les 16 journalistes et communicateurs burkinabè ont «entendu de (leurs) propres oreilles» et «vu de (leurs) propres yeux» le développement de la deuxième puissance économique mondiale, comme l’avait annoncé, à l’ouverture du séminaire le 19 novembre dernier à Beijing, le vice-directeur du CIPG, organisateur de cette formation, Li Hengtian.

Ayant environ dix millions de Km2 avec seulement 7% de terre cultivable, la Chine a un modèle social qui a beaucoup progressé. Après les réformes, l’ouverture, amorcée par le président Deng Xiaoping en 1978, doit maintenant faire face aux puissances occidentales notamment les Etats-Unis d’Amérique (USA), des concurrentes qui procéderaient souvent par «l’intoxication et la désinformation» pour «salir» l’image du géant de l’Asie. «Face à la désinformation et l’intoxication auxquelles font face la Chine et ses amis de l’Afrique». Les connaissances que les journalistes ont acquises durant ces trois semaines sont «très importantes» pour la promotion de l’amitié» sino-burkinabè, a affirmé Li Hengtian, pour qui, cette formation entre également dans le cadre de la réalisation de l’initiative de la « Ceinture et de la Route » des plus hautes autorités du pays.

Hengtian Li, vice-directeur du Centre de Formation du Groupe de publication internationale de Chine (CIPG)

Pendant ce séminaire marqué par des conférences, des échanges professionnels et des visites d’études, «beaucoup de participants ont dit qu’ils souhaitaient une coopération avec notre centre. Je pense que c’est de même pour les autres médias chinois», s’est réjoui le vice-directeur du CIPG qui a encouragé les Burkinabè à l’intégration médiatique malgré que «les nouvelles technologies qui posent beaucoup de problèmes aux médias traditionnels». C’est pourquoi, il a dit espérer que la fin du séminaire ayant permis aux seize impétrants de «sentir et toucher en personne la Chine, marquera formellement le début de (la) coopération médiatique» entre l’Empire du Milieu et le Burkina Faso.

Il a souhaité enfin qu’ «il y ait aussi beaucoup de journalistes chinois pour aller au Burkina afin de connaître les populations et les situations qu’elles vivent», toujours dans le cadre du renforcement de l’amitié entre les deux pays.

L’ambassadeur du Burkina à Beijing, Adama Compaoré, a rappelé «l’importance des médias, de la diffusion des informations au sein d’un peuple en lutte». M. Compaoré a signifié que même si le Burkina Faso n’a pas la même histoire que la Chine, s’inscrivant dans les «démocraties libérales, la presse est appelée le quatrième pouvoir, et cela est particulièrement vrai au Burkina Faso».

La presse au Burkina Faso est «très active», a-t-il soutenu en reconnaissant que «nous vivons dans un monde qu’on dit globalisé où l’information est détenue et distillée par un certain nombre de puissances».

«Et en Chine, vous en savez mieux que moi, vous êtes les premiers à souffrir de l’intoxication et de la désinformation», a martelé Adama Compaoré. «La peur de la Chine que certains médias occidentaux ont aujourd’hui, fait que ces médias-là distillent tous les jours des mensonges sur la Chine», a renchéri le diplomate burkinabè qui fait savoir «qu’on le veuille ou non, nous sommes aussi influencés par ces médias».

C’est pourquoi, a-t-il affirmé, qu’ «il est donc extrêmement important qu’on puisse venir à la source pour savoir exactement qu’elles sont les réalités de la Chine pour que cela permette une véritable connaissance des peuples». «Je suis sûr qu’ils (les participants au séminaire) ont vu un pays en plein développement, un pays au dynamisme extraordinaire. Un pays qui malgré sa puissance, tient toujours à se considérer comme un pays du tiers monde et à se mettre résolument aux côtés des pays du tiers monde pour aller avec eux dans un développement commun», a-t-il développé.

«Le modèle chinois ne peut pas être copié mais peut et certainement va nous inspirer», s’est-il convaincu. C’est la raison pour laquelle, il a demandé aux organisateurs de ce séminaire, de «pérenniser voir accroître ce programme» aux profit de nombreux journalistes en vue du renforcement de la coopération. «Les relations entre les deux pays sont déjà de qualité», a-t-il noté avant d’indiquer que la presse burkinabè, notamment, le privé vit des «conditions difficiles» et pour cela, a demandé au partenaire chinois d’accompagner les hommes de médias du Burkina Faso.  

La porte-parole de la délégation burkinabè, Marie Marguerite Blégna

La porte-parole de la délégation burkinabè, madame Marie Marguerite Blégna, a déclaré que la formation a été «riche» en enseignement mais également en terme de rencontres et de découvertes. La visite des sites comme le parc zoologique, le musée national de Beijing, la Grande Muraille de Chine, ainsi que plusieurs sites de la province de Hunan dont le Mémorial du fondateur de la République populaire de Chine, le président Mao Zedong, a fasciné les séminaristes. «L’histoire du président Mao, son parcours et son combat pour la libération et la construction de ce pays, nous a été contés», a mentionné madame Blégna.

Aussi, a-t-elle noté, «les rencontres professionnelles avec des médias de la Chine nous ont permis de toucher du doigt leurs conditions de travail, d’apprécier leur modèle économique qui est l’intégration médiatique avec l’utilisation d’outils modernes performants». Les médias, il faut le dire, a continué la représentante de la délégation burkinabè, «constituent des canaux par lequel, les peuples se découvrent mutuellement». C’est pourquoi, chacun des participants ayant tiré profit de son séjour et de cette formation «va œuvrer au renforcement de la coopération entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine», a-t-elle conclu.

A noter qu’en plus des attestations, les bénéficiaires ont reçu des écharpes faites à base de soie, une spécialité chinoise, comme cadeaux.

Les communications ont porté sur les thèmes dont «la vie quotidienne des Chinois en évolution de 1949 à 2019 ; le système d’Aide de la Chine à l’Afrique ; les réformes chinoises en 40 ans ; l’initiative Ceinture et Route ; le retour sur l’histoire de la relation entre la Chine et l’Afrique et la perspective ; les médias chinois, la communication interculturelle chinoise et étrangère et comment ériger un pont entre les médias chinois et africains».

Par Bernard BOUGOUM

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