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Désenclavement au Burkina: Six banques financent des projets à hauteur de 100 milliards FCFA

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Signature de convention de financement du Programme d'entretien routier (PER) entre l'administrateur général de la BICIA-B, Yao Koussi, et Frank Tapsoba président du Conseil d'administration du PER (à gauche)

La ministre déléguée chargée du Budget, Edith Clémence Yaka et le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, ont procédé ce mardi 5 juin 2018 à Ouagadougou, dans le cadre du Programme d’entretien routier (PER), à la signature d’une convention de crédit d’un montant de 100 milliards francs CFA, financés par six banques. Cette convention qui est une première au Burkina a été arrangée par la Banque Internationale pour le Commerce, l’Industrie et l’Agriculture au Burkina Faso (BICIA-B) et Ecobank.

Cette convention, destinée au financement de la première tranche du Programme d’Entretien Routier (PER) du Burkina dont le coût total s’élève à « 449 300 000 000 de FCFA, couvre 100% des investissements prévus dans le cadre du PER en 2017, soit 60,4 milliards de FCFA, et 68% des investissements en 2018, soit 39,6 milliards de FCFA», selon une note des organisateurs.

Cheick Travaly, directeur général de Ecobank Burkina, représentant les six banques contributrices au financement du PER

Le directeur général de Ecobank, Cheick Travaly, représentant les six banques, a qualifié l’évènement d’« historique » parce qu’elle augure d’une nouvelle étape dans le partenariat entre les établissements financiers et l’Etat du Burkina. « La signature de ce jour est la concrétisation effective de notre volonté exprimée alors de compter parmi les acteurs du chantier du Burkina nouveau », s’est réjoui M. Travaly, notant que cette nouvelle étape, « contrairement à une certaine perception populaire, les banques locales financent bel et bien l’Economie nationale ».

En plus de la BICIA-B et Ecobank, agissant en qualité d’arrangeurs et contribuant à hauteur de 20 milliards FCFA chacune, les banques dont la Société Générale et Bank Of Africa (BOA) participent dans cette facilité pour un montant de 20 milliards FCFA chacune. La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) et CBAO (Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale), interviennent pour leur part, pour un montant de 10 milliards FCFA chacune », a précisé Cheick Travaly.

« la réhabilitation de plusieurs dizaines de kilomètres de voies dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (la deuxième capitale) n’étant que la face visible de la tâche titanesque du Fonds Spécial Routier du Burkina (FSR-B), nous (les banques) formulons l’espoir que le financement de 100 milliards contribuera à accélérer la cadence et amplifier le mouvement », a conclu M. Travaly.

Franck Tapsoba, président du Conseil d’administration du PER

Le réseau routier du Burkina est constitué de « 15 272 kilomètres de routes classées dont 3 411 bitumées et 11 861 en terre », a signifié Franck Tapsoba, président du Conseil d’administration du PER qui a ajouté que « le réseau de pistes urbaines est de 46 000 kilomètres dont 12 800 ont été aménagés ». Mais le constat fait sur le réseau routier national est que « la moyenne d’âge est de 30 ans alors que la norme générale admise en la matière est de 15 ans », a continué le M. Tapsoba, déplorant que « plus de la moitié de ce réseau est fortement dégradé avec un taux estimé en moyenne à 60% ».

Ce fonds du consortium des six banques « porte sur un crédit de 100 milliards FCFA au taux d’intérêt de 6,75% que l’Etat remboursera sur un délai de sept ans et demi », a-t-il rappelé tout en précisant que le remboursement sera assis sur les recettes que l’Etat escomptera sur les « taxes des produits pétroliers ».

Sur les cinq ans (2015-2020), le gouvernement a besoin de « plus de 340 milliards FCFA » pour financer le PER à travers le Plan national de développement économique et social (PNDES, plan quinquennal), a confié le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma. Pour le chef du département des Infrastructures, les 100 milliards FCFA constituent un « grand pas en avant » parce que ce fonds permettra au gouvernement de bitumer « plus de 370 kilomètres de routes ».

Eric Bougouma, ministre des Infrastructures

Grâce à ces ressources, le gouvernement construira, « un magnifique pont sur le barrage N°2 de Ouagadougou et réalisera sur la RN15 Ouahigouya-Séguénéga-Ramsa (Nord), un grand pont », a affirmé M. Bougouma. Il a aussi déclaré que ces mêmes ressources serviront à financer non seulement le programme ordinaire d’entretien des routes et des travaux d’urgence de 2018 à 2020, mais aussi, elles contribueront à la construction des routes notamment « la RN18 Fada N’Gourma-Bogandé (Est) ; la route Koudougou-Solenzo (Centre-ouest) ; Boulsa-Sapaga (Centre-Nord); Dori-Gorom-Gorom (Sahel) et le désenclavement de la vallée de Sourou avec le bitumage de la bretelle Tougan-Lanfiéra-Didyr (Nord-ouest) ».

Pour rappel, le Programme d’Entretien Routier (PER) qui sera exécuté sur 7 ans (2017-2023) portera sur l’entretien de 112 302 KM de routes, selon des données du ministère des Infrastructures.

Par Mathias BAZIE

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