Accueil Politique Députés UPC: « Nous ne sommes contre l’extradition » de personne

Députés UPC: « Nous ne sommes contre l’extradition » de personne

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Des députés du groupe parlementaire UPC en conférence de presse ce mercredi 6 juin 2018 à Ouagadougou

Les députés du groupe parlementaire Union pour le Progrès et le Changement (UPC) qui ont voté abstention, le 17 mai 2018, les projets de conventions relatives à l’extradition et l’entraide judiciaire entre le Burkina et la France, ont soutenu ce mercredi 6 juin 2018 face à la presse, qu’ils ne sont pas « contre l’extradition de qui que ce soit », mais la procédure de l’adoption de la loi.

S’expliquant sur son vote par rapport à la loi sur les projets de conventions relatives à l’extradition et l’entraide judiciaire, examinée lors de la première session ordinaire de 2018, le groupe parlementaire UPC affirme que cela « trouve sa justification dans le fait que la loi ne peut être un instrument de règlement de comptes politiques ».

« Nous ne sommes nullement contre l’extradition de qui que ce soit, car tous les Burkinabè sont égaux devant les juridictions », a déclaré Henriette Zongo, vice-présidente du groupe parlementaire UPC. Elle a fait savoir qu’eux également ont « soif de vérité et de justice pour tous les dossiers de crimes commis au Burkina », mais cette loi « doit être impersonnelle et de portée générale ».

Selon le député Moussa Zerbo, cette loi a été, non seulement « déposée hors délai » mais également il y a eu de la précipitation dans son adoption.

Cette loi adoptée, selon ce groupe parlementaire et celui du Congrès pour la Démocratie et le Progrès, vise la personne de François Compaoré, frère de l’ex-président du Faso, Blaise Compaoré.

François Compaoré est poursuivi devant la justice burkinabè dans le dossier Norbert Zongo, retrouvé mort calciné en décembre 1998 sur la route de Sapouy dans le Centre-Ouest. Journaliste d’investigation, M. Zongo enquêtait sur la mort de David Ouédraogo chauffeur du frère de Blaise Compaoré.

La première session ordinaire de l’Assemblée nationale (du 7 mars au 4 juin) a été également l’occasion d’adopter 26 autres projets de lois dont 16 portant ratification, parmi lesquels la loi portant Code des investissements agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique pour lequel le groupe parlementaire UPC a également voté abstention. Selon ce groupe, « l’application effective de cette loi mettra en péril l’agriculture familiale au profit des agro-business men qui, loin d’être des opérateurs productifs, ne sont que des spéculateurs fonciers ».

Egalement l’Assemblée nationale a adopté au cours de cette session le projet de loi portant Code pénal. Cette loi « n’a pas reçu la caution » de l’UPC, car « certaines dispositions (…) ne reflètent pas (les) réalités » du pays, selon les députés de ce groupe parlementaire, qui citent les articles 256-1, 512-38 et 513-2 de cette loi.

Pour ces députés « le quantum des peines d’emprisonnement constitue des risques de surpopulations du milieu carcéral ». Egalement, ils notent que « la question de l’incrimination de l’homosexualité n’a pas été prise en compte par le présent projet de Code ».

Par Daouda ZONGO

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