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Garde-à-vue du journaliste Damiss: les inquiétudes de l’Union pour la presse indépendante du Faso

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Adama Ouédraogo dit Damis, le directeur de publication du journal Le Dossier (DR)

Dans ce communiqué relatif à «l’arrestation suivie du placement en garde-à-vue» le 31 mars 2018 de Adama Ouédraogo dit Damiss, l’Union de la presse indépendante du Faso, s’inquiète pour la santé du directeur de publication du journal «Le Dossier» en raison de son état d’asthmatique. Dans cette logique, l’UNPIF qui se demande si «notre confrère pourra avoir droit à un procès équitable dans le cadre de son jugement en cours sachant que son arrestation a été ordonnée par le parquet militaire qui est une des parties au procès», appelle les autorités judiciaires à libérer le journaliste en garde-à-vue. Il faut rappeler que Damiss répond actuellement devant le tribunal militaire, de faits qui lui sont reprochés dans le putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso.

«L’Union de la presse indépendante du Faso (UNPIF) a été  informée de l’arrestation suivie du placement en garde-à-vue le samedi 31 mars 2018 à la brigade de gendarmerie de Ouaga 2000 du directeur de publication du journal «Le Dossier», Adama Ouédraogo dit Damiss. Elle a donc dépêché une délégation conduite par son président auprès de ladite brigade dans la matinée du dimanche 1er  avril 2018.

La démarche visait à:

  • S’informer auprès de la gendarmerie sur les raisons réelles de l’arrestation de notre confrère au regard des supputations sur les réseaux sociaux ;
  • S’enquérir des conditions de garde-à-vue et de l’état de santé du journaliste au regard du suivi médical dont il fait l’objet ;

Malgré l’accueil cordial des gendarmes en poste la délégation n’a cependant pas réussi à obtenir les informations sur les mobiles de l’arrestation du journaliste faute d’avoir un interlocuteur au niveau supérieur en dépit de toutes les explications.

Quelques diligences ont permis d’échanger brièvement  avec le prévenu sur sa santé. Ce qui a permis de constater qu’il n’avait pas dormi de toute la nuit de samedi à dimanche en raison des crises respiratoires répétitives principalement dues au manque du médicament adapté pour son traitement et à l’environnement incompatible à son état asthmatique.

En tout état de cause, sur la base des informations dont a pu disposer l’UNPIF, l’arrestation  du journaliste Adama Ouédraogo a pour raison essentielle le retard qu’il a accusé à l’audience du procès du putsch manqué tenue le samedi 31 mars 2018 où notre confrère comparait comme co-accusé. Il était à la recherche de ses produits d’asthme qui malheureusement connaissent une rupture dans notre pays. Une raison essentielle qui n’exclut pas d’autres en lien avec le travail de journaliste d’investigation du confrère.

Par ailleurs, les arrestations ont été ordonnées par le parquet miliaire à l’encontre de deux autres co-accusés absents à l’audience de ce jour. Concernant le journaliste Adama Ouédraogo, il fut arrêté sur – le -champs sans respect de la procédure.

Vu ces faits, l’UNPIF voudrait :

  • Appeler les autorités judiciaires à libérer notre confrère et de l’épargner des circonstances pouvant dégrader davantage son état de santé et être préjudiciables à sa vie au regard de son dossier sanitaire afin qu’il puisse répondre dans les meilleures conditions physiques des charges qui pèsent sur lui à ce procès; cela en respect des règles internationales relatives aux droits humanitaires et à la dignité des détenus conformément aux engagements de l’État burkinabè;
  • Savoir si notre confrère pourra avoir droit à un procès équitable dans le cadre de son jugement en cours sachant que son arrestation a été ordonnée par le parquet militaire qui est une des parties au procès;
  • Demande que la liberté de la presse indépendante et la sécurité des journalistes de manière générale dans l’exercice du métier soit garanties face aux tentatives d’atteintes, de répression et de musèlement des médias qui se font sous diverses formes.»

                                                                                             Fait à Ouagadougou, le 2 avril 2018

                                                                                                  Le président

                                                                                      Souleymane Traoré