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Guinée: comment l’opposant Cellou Dalein Diallo a été empêché de se faire recenser à Abidjan

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L'opposant politique, Cellou Dalein Diallo (Ph. d'archives)

Alors que les échéances électorales sont annoncées en Guinée, avec le référendum constitutionnel comme premier pas, tout ne se passe pas comme prévu pour certains citoyens guinéens, dont le pouvoir de la transition ne veut visiblement pas entendre parler comme électeurs, encore moins éligibles par la suite. Au compte de ces bannis de Conakry figurent les trois anciens Premiers ministres, Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo. Pourquoi sont-ils exclus du recensement électoral? Bien que contraints à l’exil, font-ils toujours peur au pouvoir actuel? En attendant de trouver réponse à ces interrogations, ce n’est pas anodin de se demander si c’est lors de la récente visite d’Etat de 48 heures que le président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a effectuée à Abidjan, les 17 et 18 juin 2025, que des instructions à ne pas transgresser dans ces genres de situation, ont été données à l’Ambassade guinéenne en Côte d’Ivoire, de ne pas faire enrôler le trio d’anciens PM. En ce qui concerne Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG), voici le récit de la journée du 25 juin 2025, fait par nos confrères du quotidien en ligne Vision Guinée.

«Ce mercredi 25 juin, il a quitté très tôt son domicile pour aller se faire enrôler.

Il s’est premièrement rendu à la CARLE de Treichville, accompagné de Dr Ibrahima Diallo, secrétaire fédéral de l’UFDG de Côte d’Ivoire. On leur a d’abord fait comprendre qu’on ne pouvait pas le recenser parce qu’il ne résidait pas dans cette commune de Treichville.

Ensuite, la représentante de l’Ambassade, Mme Bamba Mariam, avouera que sa hiérarchie lui a donné des instructions de ne pas recenser les 3 anciens PM, en l’occurrence, Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein. C’est ainsi qu’un responsable de la CARLE, Mr Diallo Abdourahmane, a dit que lui, comme il n’a reçu aucune instruction écrite, il ne voit pas d’inconvénients à ce que Cellou soit enrôlé, s’il présente tous les documents requis.

Rappelons qu’il avait en sa possession sa carte consulaire, son acte de naissance biométrique, son passeport ordinaire en cours de validité, ainsi que son passeport diplomatique expiré en 2024.

La représentante de l’Ambassade, après avoir échangé avec quelqu’un au téléphone, a décidé de débrancher les appareils et d’emballer tous les équipements dans des cartons avant d’ordonner à l’équipe de fermer le centre et de quitter les lieux. Ce qui fait, laissant derrière eux, sans aucune explication, de longues files de citoyens venus se faire enrôler.

Après le départ des responsables du centre, un huissier, sur sollicitation de Cellou, est arrivé. Il a interrogé plusieurs témoins trouvés sur place et a promis de dresser un PV.

Après ces événements, Cellou, accompagné de l’huissier et Dr Diallo se sont dirigés vers le centre situé dans l’enceinte de l’Ambassade de Guinée pour faire une autre tentative.

Arrivé à l’Ambassade, il s’est présenté au chef de la CARLE  et lui a décliné l’objet de sa visite. Un peu gêné et embarrassé, ce dernier les a conduits dans une salle de réunion où ils ont été rejoints par le consul et quelques membres du personnel de l’Ambassade.

Après quelques minutes, l’un d’entre eux lui a tendu un téléphone en annonçant « l’ambassadeur de Guinée à Abidjan depuis Conakry ». L’Ambassade dit alors à Cellou que pour les anciens PM qui résident temporairement à Abidjan, des dispositions spéciales seront prises pour leur enrôlement.  Telle est, selon lui, la décision des autorités guinéennes qu’il demanda humblement à Cellou d’accepter. Il le priera ensuite de patienter en essayant de le rassurer que ce sera fait aujourd’hui ou demain, ou plus tard, parce qu’il est persuadé que le délai du recensement sera de nouveau prolongé étant donné que beaucoup de citoyens n’ont pas encore été enrôlés.

Estimant qu’il n’y plus rien à faire, d’autant plus que la décision ne semblait relever ni de la Carle ni de l’Ambassadeur, Cellou a quitté l’Ambassade vers 12h45 pour rejoindre son domicile.»