L’ex-présentatrice vedette du JT à la télévision nationale du Burkina Faso, Mariam Vanessa Touré, a présenté, au public, son premier bébé littéraire, un recueil d’une soixantaine de chroniques intitulé: «Hummm…Et la vie continue!». C’était lors d’une séance de dédicace, dans la soirée du mercredi 28 octobre 2026, au Centre culturel du Faso (CCF), ex-Canal Olympia Ouaga 2000. Littéraire et journaliste de formation, Souréa Mariam Vanessa Touré, après avoir marqué toute une génération à travers ses présentations JT, ajoute ainsi une corde à son arc. L’assistance a partagé avec l’auteure bien des émotions au cours de cette cérémonie riche en enseignements, partages, témoignages, anecdotes et leçons de vie.
L’ancienne journaliste, à l’époque, présentatrice à la côte toujours ascendante du journal télévisé à la Télévision nationale du Burkina, Mariam Vanessa Touré, a animé, le mercredi 28 octobre 2026, à Ouagadougou, la présentation de son premier recueil d’essais littéraires d’une soixantaine de chroniques intitulé: «Hummm… Et la vie continue!». Après avoir rythmé les JT de 20H de la TNB avec professionnalisme et même des tenues vestimentaires qui ont inspiré toute une génération, Souréa Mariam Vanessa Touré, a remis le couvert, cette fois-ci travers sa plume.

Face à une femme de charme qui a fait les beaux jours de la presse audiovisuelle burkinabè, c’est tout naturellement que le public s’est intéressé, entre rumeur et vérité, à l’évolution de l’état de santé de Souréa Mariam Vanessa Touré depuis 2016 pratiquement jusqu’à nos jours. Entre les hôpitaux et les maisons de rééducation, l’ex-présentatrice émérite de la TNB, après tout ce qu’elle a vécu, a livré son expérience de la vie, mais aussi des raisons pour les personnes traversant de toujours y croire.
Trois courtes vidéos résumant l’ouvrage
L’ouvrage présenté au public est une belle synthèse du talent de littéraire et de communicatrice de l’auteure. La qualité littéraire est faite par la richesse de l’expression, la justesse des mots, la structure des chroniques, la forte charge émotionnelle qui se dégage du texte, ainsi que le maniement de l’humour et de l’ironie. Ce talent littéraire atteint son paroxysme d’abord à travers le titre, selon une analyse de critique littéraire. Et pour montrer son talent de communicatrice, l’auteure a diffusé trois courtes vidéos qui résument son recueil dans la salle de l’ex-Canal Olympia Ouaga 2000 devenue Centre culturel du Faso (CCF).

Le premier tableau qui s’intitule «Quand plus rien ne semble aller !», l’auteure y invite à rester combatif et dans la foi quand le désespoir survient à un moment dans la vie d’un homme. «Appelez-moi la canneuse !» Ainsi se nomme la deuxième séquence vidéo. La canne est érigée en personnages, en accents sémiotiques, donc un précieux adjuvant, un précieux complice. Elle est érigée en opérateur rhétorique. Par sa fonction métonymique, la canne étant un peu le représentant de son utilisatrice, donc, Vanessa elle-même. Le troisième titre: «Humm.. !», est une interjection qui renvoie à la résignation, la paix et le souvenir ou peut-être un soupir ou un sourire, une fatigue ou un désir, une perplexité ou une plénitude.
«Le humm, c’est un cri de cœur, c’est l’expression du plus profond de moi. Je suis passée par des épreuves. C’est vrai que le humm en ce qui me concerne peut faire référence à la maladie mais il peut aussi signifier d’autres épreuves de la vie. Et avec cette épreuve, la vie continue. C’est une manière de dire aux gens, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Donc, quelle qu’en soient les épreuves auxquelles l’on est confrontées, il faut avoir confiance et lutter pour rester en vie, car quand on est en vie, c’est déjà une victoire», a-t-elle déclaré. L’auteure a précisé que son livre touche à la parentalité, au mariage, à la vie de couple, en somme, tout ce qui concerne le quotidien des populations.

«Hummm est le mot des émotions qu’on ne peut pas nommer»
Pour Mariam Vanessa Touré, le hummm peut-être «un soupir ou un sourire, une fatigue ou un désir, une perplexité ou une plénitude. Tout dépend du moment, du cœur, du regard. C’est un mot qui ne dit rien et qui dit tout à la fois. «Le soupire du corps quand la bouche hésite, le murmure du cœur quand les mots manquent. Hummm est le mot des émotions qu’on ne peut pas nommer. Parfois, hummm ressemble à un nuage de pensées suspendu aux bords des lèvres. Parfois, il s’échappe comme un rire discret mais tombe comme un poids de tristesse», a-t-elle soutenu.
La vedette de la soirée a expliqué que c’est de là, de ce tremblement discret, de ce murmure universel, qu’est né le livre. «Et si au détour d’une page, il vous arrache le sourire ou un frisson ou même un simple hummm de connivence, alors, le pari aura été déjà gagné», a ajouté l’auteure, pour qui, son écrit est une manière pour dire aux gens que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. «Que la culture, l’art et toutes les créations et œuvres de l’esprit, soient des moyens d’affirmer notre résilience face à la barbarie et la férocité de l’hydre terroriste. Je vous souhaite à toutes et tous, toujours plus de résilience et toujours sourire à la renaissance qui est une force que le désespoir, jamais, ne pourra vaincre», a conclu l’écrivaine.

Des critiques littéraires unanimes sur la qualité du livre
Bernadette Dao/Sanou, l’une des doyennes des écrivaines burkinabè, est la préfacière de l’ouvrage. Elle dit avoir eu beaucoup de plaisir et d’honneur à produire la préface du livre de celle qui la considère comme sa seconde maman. «Le plaisir, c’est évidemment tout ce que j’ai ressenti en parcourant les différentes chroniques du livre, avec bien-sûr les hochements de tête répétés, pour ne pas dire le nombre de fois où j’ai dit: «c’est vrai même, c’est ça même». Pour l’honneur, c’est le sentiment de privilégier qu’en rentrant dans l’intimité de l’auteure à travers ses exhortations, mais surtout ses états d’âme (…)», a laissé entendre la préfacière qui, pour ces raisons, a réitéré ses très vives félicitations à Mariam Vanessa Touré pour le courage qu’elle a eu d’écrire et de pouvoir publier.
Pour le Pr Sabin Lazare Dandjinou qui a présenté l’ouvrage, cette production littéraire est attrayante parce que ce livre est une chronique de vie. «C’est une anthologie qui associe une catharsis mais à la fin, on obtient une canneuse victorieuse», a-t-il fait savoir, affirmant que chaque lecteur y pourra trouver son compte parce que Mariam Vanessa Touré a abordé la quotidienneté, une société en transition. «Elle nous parle des sugar daddy, des téléphones portables qui est dans nos vies et empêche la communication dans le couple. Elle nous parle de l’expérience avec la maladie, de la foi et de l’espoir», a-t-il complété.

La qualité littéraire et communicante de l’auteure mise en exergue par un sémioticien
Le parrain de cette cérémonie est le Pr Yves Dakuyo, enseignant de l’auteure dans la faculté des Lettres modernes. Il a révélé que Mariam Vanessa Touré est une érudite car elle a été la major de sa promotion en quatrième année en Lettres modernes option sémiotique (spécialisation des études des signes). «Mais je la retrouve quelques années plus tard, un peu par surprise, inscrite en première année dans un autre département de l’université de Ouagadougou à savoir celui des Arts et de la Communication. Donc elle recommençait un autre parcours, celui de la communication, qui était sans doute le bon choix, puisqu’elle est allée jusqu’au bout de ses rêves, avec le brillant parcours médiatique que ses confrères et consœurs, et même le grand public, lui reconnaissent», a-t-il ajouté, félicitant Mariam Vanessa Touré pour tout ce qu’elle a apporté à la nation burkinabè, en tant que télé journaliste.
«Mais la vie nous réserve des surprises, pas toujours heureuses. Et comme la plupart de mes compatriotes, je vous ai vu traverser l’épreuve avec beaucoup de courage, beaucoup de dignité. Vous avez été ce roseau qui a plié, replié sous la maladie, sous la tempête de la maladie, mais jamais n’a rompu. Je suis heureux aujourd’hui de vous voir auteur d’une œuvre littéraire qui est le résultat de votre transfiguration, de votre métamorphose, opérée par l’épreuve. Vous êtes un modèle de résilience, un modèle doté de cette force intérieure qui amène à vous réajuster positivement, à réajuster vos sentiments, vos croyances, votre potentiel physique et intellectuel», a poursuivi le parrain dont les propos ont glacé la salle. Pour lui, l’auteure est «l’incarnation» de l’optimisme.

Selon le Pr Yves Dakuyo, Mariam Vanessa Touré a cru au pouvoir du langage, des mots et de l’écriture. «Les mots aident à guérir, à se guérir, à guérir les autres. Par l’écriture, vous avez réussi à mettre à distance le traumatisme physique, moral, intellectuel et par conséquent, vous l’avez apprivoisé, vous l’avez dompté. Vous avez transformé l’épreuve de la maladie en opportunité», a-t-il attesté, signifiant que «Humm… » est un terme d’une grande densité sémantique et le titre exprime cette forte densité émotionnelle dont est dominante la charge dysphorique.
«Parler de soi sans verser dans le narcissisme angélique»
«Le titre associe deux éléments antithétiques. «Hummm» exprime le côté sombre, les événements tristes de notre existence. Et la deuxième partie, «la vie continue», exprime la force positive qui prend le dessus sur la résignation. Le titre de l’ouvrage affiche donc la posture optimiste de l’auteure. Cette disposition de l’esprit a contourné les difficultés et les obstacles», a interprété l’enseignant à la retraite. En somme, a-t-il poursuivi, «c’est un style riche, varié, sobre, élégant, pudique car il s’agit de parler de soi. Mais parler de soi sans verser dans le narcissisme angélique ou du victimisme. Parler de soi, c’est aussi parler des autres, de sa famille, de ses amis, de ses confrères mais sans les transformer en bourreaux, sans les diaboliser. Et je crois que l’ouvrage a réussi à rester dans cette distance», a commenté le Pr Yves Dakuyo.

Selon le parrain, cet ouvrage n’est pas seulement le tempérament d’une littéraire, ni le tempérament d’une journaliste. Il est aussi la marque d’une pédagogue qui transmet une expérience de souffrance intérieure, silencieuse. «La transmission d’une vision du monde, de valeurs. Vous devenez la pédagogue que vous n’avez jamais voulu être sans doute. Vous devenez le conseiller matrimonial, le conseiller conjugal le conseiller de jeunesse et le conseiller en affaires sociales», a-t-il soutenu.
Le parrain qui a été très loquace a ajouté que «Hummm…Et la vie continue !» s’inscrit également dans la lignée du féminisme. «Mais un féminisme nuancé, non polémique, non conflictuel. L’auteure prône une philosophie de la pro-émancipation parce que la femme en s’émancipant contribue à émanciper l’homme. Et l’aboutissement de cette double émancipation, est l’émancipation de la société dans son ensemble, de la cellule familiale à la cellule professionnelle».

L’auteure a partagé «énormément de choses qui peuvent impacter positivement»
Le directeur général de Mercury Éditions et librairie SARL, Thierry Millogo, a avancé que Souréa Mariam Vanessa Touré «a une très grande marge de manœuvre» en tant qu’auteure. «Elle a énormément de potentiels et je souhaiterais en tout cas la voir revenir avec d’autres ouvrages, parce qu’il y a beaucoup de sujets sur lesquels elle peut s’exprimer», a appuyé M. Millogo, saluant l’écrivaine qui a accepté se dévoile pour partager «énormément de choses positives qui peuvent impacter positivement la vie des autres».
Le livre coûte 10 000 francs CFA l’unité, compte 315 pages et a été édité par la librairie Mercury dont les librairies ont l’exclusivité de sa vente. Mais, l’ouvrage qui n’est pas un autobiographie, selon l’auteure, sera disponibilisé les jours à venir dans d’autres librairies partenaires, a rassuré Souréa Mariam Vanessa Touré.
Par Bernard BOUGOUM








































