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Kaya/Résilience des populations: l’Union européenne « satisfaite » des projets qu’elle a financés

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Une délégation de l’Union européenne est allée constater de visu, le mardi 12 décembre 2023, la contribution des projets, que l’Organisation a financés, à la résilience des populations hôtes et des Personnes déplacées internes (PDI), à Kaya, dans la région du Centre-Nord du Burkina Faso. Cette localité accueille « plus de 122 000 personnes déplacées », selon des chiffres du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (Conasur), datant de mars dernier.

Le Burkina Faso, pays situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, est en guerre contre les groupes armés terroriste près de huit ans maintenant. Cela fait qu’au moins deux millions de personnes ont fui leurs localités d’origine à la suite des menaces des assaillants. Les régions du Sahel, du Centre-Nord, du Nord, de l’Est et plus récemment du Centre-Est et de la Boucle du Mouhoun, constituent les zones les plus touchées par l’insécurité et la menace terroriste. Ce qui entraine du coup, une crise humanitaire et des mouvements des populations civiles.

L’eau de bienvenue servie à la délégation de l’Union européenne

Ainsi, pour venir en aide aux Personnes déplacées internes qui font face à des difficultés, comme le manque d’abris, d’eau, de vivres, le chômage et l’extension importante des périphéries urbaines qui les accueillent, l’UE a financé un projet prenant en compte le volet renforcement de la résilience des collectivités territoriales du Burkina Faso, à hauteur de 2 600 000 000 francs CFA. Le projet a été mis en œuvre par l’ONU-Habitat du 1er au octobre 2020 au 30 mars 2023.

Il vise globalement à accroître la résilience des collectivités territoriales et de leurs communautés vulnérables, face aux crises provoquées par les déplacements massifs des populations et la pandémie du Covid-19. Il s’agissait précisément, avant tout, de contribuer à la réponse aux nombreux défis causés par l’afflux des PDI dans les villes du Centre-Nord (Kaya, Kongoussi, Tougouri) et du Sahel (Dori).

Une vue d’un logement

Sur place, on y voit des maisons construites et occupées par des bénéficiaires qui sont des PDI et des populations hôtes, détectées vulnérables. Des bornes fontaines et un système d’électrification sont aussi visibles et opérationnels, ont témoigné les bénéficiaires. Lors des échanges avec la délégation de l’UE, les bénéficiaires ont posé des doléances qui se résument à l’extension du projet vu leur nombre et le développement des Activités Génératrices de Revenus (AGR).

Madame Awa Bamogo saluant l’ambassadeur désigné de l’Union européenne

Awa Bamogo, sexagénaire, a fui à bord d’une charrette, Dablo, une localité située à environ 100 kilomètres de Kaya, après plusieurs incursions des individus armés, il y a deux ans. Elle a indiqué qu’elle loge la maison appelée communément « chambre-salon » avec 16 autres membres de sa famille alors que leur demeure a été construite pour abriter au maximum sept personnes.

Cette même réalité est constatée au niveau de la maison de Saïdou Sawadogo, une PDI qui a quitté Arbinda. M. Sawadogo dit logé dans la « chambre-salon » avec 14 autres personnes que sont sa maman, ses deux femmes et ses enfants. Ils ont tous été contraints de fuir leur localité d’origine pour ne pas être tués comme certains de leurs frères que les terroristes ont abattus.

Saïdou Sawadogo, PDI, échangeant avec le diplomate européen

Madame Bamogo et Saïdou Sawadogo ont posé les mêmes préoccupations à leurs hôtes du jour dont ils n’ont cessé de remercier. L’UE et ses collaborateurs, l’ONU-Habitat et l’Etat, à travers ce projet, les ont aidés à recouvrer leur dignité. Ils ont demandé que l’UE et ses partenaires d’augmenter le nombre des maisons. Ils ont aussi demandé que leurs bienfaiteurs du jour les aident à développer les AGR en maximisant sur l’élevage dont ils savent presque tous faire.

Selon le chargé de projet de ONU-Habitat, Yombi Ouédraogo, l’endroit choisi pour construire les logements, est important sur le plan de l’approche territorial car il n’est pas loin du centre-ville et cela va favoriser le développement.

De la gauche vers la droite, Saîdou Sawadogo, le diplomate européen et le 1er vice-président du PDS de Kaya, Adama Simporé

« D’abord le projet s’est bâti sur une approche territoriale intégrée parce qu’il est à l’intérieur d’une zone urbaine d’habitation future. Théoriquement c’était 200 logements que nous devrions construire mais pour des contraintes budgétaires, nous avons construit 100 logements et chaque habitat est construit sur une parcelle de 150 m2 », a déclaré M. Ouédraogo rassurant que toutes les dispositions surtout règlementaires ont été suivi pour offrir aux bénéficiaires de ce site, un cadre de vie agréable.

Le premier vice-Président de la délégation spéciale (PDS), Adama Simporé, a salué et remercié l’ONU-Habitat à travers l’UE pour les infrastructures qui ont été réalisées au profit des populations vulnérables. Il a dit que « ce n’est un secret pour personne que Kaya est la première commune qui accueille le plus de déplacés internes. Nous nous sommes vus vite, au niveau de l’habitat, saturés », saluant ce soutien qui, à n’en point douter, va aider beaucoup l’Etat qui s’est engagé fortement dans la gestion de la crise sécuritaire et humanitaire.

Echanges entre l’ambassadeur de l’UE et des bénéficiaires

Les réalisations concernent « 312 logements construits dans quatre villes dont 100 pour la ville de Kaya ayant bénéficié à 1 800 personnes (PDI et ménages hôtes) ; la Création des cellules municipales de résilience urbaine (CMRU) ; la construction et extension de quatre écoles ; la construction de quatre structures de santé publique ; la construction de quatre châteaux d’eau et la délivrance de formations au profit des autorités locales en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire », précise une note de l’UE.

Une plaque indicative du projet géré par l’ONU-Habitat

Sur le deuxième site de la visite, la délégation de l’UE et les agents du Programme alimentaire mondial (PAM), ont créé des focus groupes pour échanger avec les femmes bénéficiaires qui ont reçu une formation pour pouvoir faire quelque chose avec leurs dix doigts. Selon les agents du PAM, ces échanges ont pour but de renforcer les liens entre les bénéficiaires qui sont des PDI et des populations hôtes. Cela leur permet, en plus de la cohésion sociale, de détecter leurs préoccupations et de les soumettre aux autorités.

L’ambassadeur désigné de l’Union européenne et de la Représentante résidente du PAM en focus groupes des bénéficiaires

Selon la Représentante résidente du PAM au Burkina Faso, Elvira Pruscini, le projet conduit par sa structure à Kaya « est très innovant et renforce la résilience et la cohésion sociale », remerciant l’UE pour l’appui à l’Etat burkinabè. « C’est à travers le processus de planification participative communautaire que les populations arrivent à identifier les défis communs et à construire une vision des solutions communs afin d’arriver à travailler ensemble et renforcer le vivre-ensemble », a affirmé Elvira Pruscini.

Un ouvrage de franchissement réalisé par le PAM

Après la visite, l’ambassadeur désigné de l’Union européenne au Burkina Faso, Daniel Aristi Gaztelumendi, a adressé ses remerciements à ONU-Habitat et le gouvernement, ainsi que le PAM, pour cette franche collaboration dont les résultats satisfaisants profitent aux bénéficiaires qui étaient grandement dans le besoin. « Ce sont de très bons projets qui ont donné de très bons résultats », a apprécié l’ambassadeur désigné de l’UE qui, face aux doléances soulevés par les bénéficiaires des projets visités, a laissé entendre qu’« il y a toujours moyen de mieux faire et d’en faire plus ».

« On va essayer de voir ce qui peut être fait », a promis le diplomate, pour qui, « il y a beaucoup de bonnes choses à retenir ». « Je me réjouis de notre très bonne collaboration avec le gouvernement, l’ONU-Habitat et le PAM », a-t-il fait savoir.

Des femmes produisant du savon

Le projet du PAM renforce la cohésion sociale par un soutien multidimensionnel aux PDI à long terme et aux populations hôtes dans le Sahel et le Centre-Nord du Burkina Faso. Il vise à contribuer à la réalisation de la cohésion sociale à long terme parmi les personnes déplacées ciblées et leurs communautés d’accueil dans les régions Nord et Centre-Nord, par la fourniture d’une assistance multidimensionnelle.

Des femmes contentes dansant à l’occasion de la visite de la délégation

Grâce à ce projet, de juillet à septembre 2022, 114 478 personnes (dont 9 308 enfants de 6 à 23 mois et 10 112 femmes enceintes et allaitantes) ont bénéficié d’une aide d’urgence. A compter d’octobre 2022, la phase de relèvement a visé 56 000 individus (4 000 ménages PDI et 4 000 ménages hôtes). La sélection des bénéficiaires lors de cette phase s’est faite conjointement avec les communautés, sur la base de critères de vulnérabilité agréés. Parmi ces bénéficiaires, on compte 4 000 ménages PDI et 644 ménages hôtes.  

Par Bernard BOUGOUM