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La CPI ouvre des audiences de mise en accusation de Joseph Kony, chef rebelle ougandais en fuite 

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La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert, ce mardi 9 septembre 2025, à La Haye des audiences de mise en accusation contre Joseph Kony, chef de l’Armée de résistance du Seigneur (ARS). Recherché depuis deux décennies, l’ex-chef rebelle ougandais doit répondre de 39 chefs d’accusation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, rapportent des médias.

La Cour pénale internationale a ouvert ce lundi 9 septembre 2025 à La Haye, une audience spéciale concernant Joseph Kony, fondateur de l’Armée de résistance du Seigneur. Bien qu’il soit toujours en fuite depuis près de vingt ans, l’ex-chef rebelle est poursuivi pour 39 crimes, parmi lesquels des meurtres, des viols, des mutilations et l’utilisation d’enfants soldats. Les juges ont estimé qu’il était impossible de l’arrêter, mais ont décidé de poursuivre la procédure pour établir la vérité et donner la parole aux victimes.Ces accusations portent sur les exactions commises au nord de l’Ouganda dans les années 2000.

La milice de Joseph Kony, connue sous le nom d’Armée de résistance du Seigneur (ARS) a marqué des milliers de familles par son extrême violence. Selon l’ONU, près de 60 000 enfants ont été enlevés par l’ARS. Les garçons étaient transformés en combattants après un entraînement brutal, tandis que les fillettes capturées sur le chemin de l’école étaient réduites à l’esclavage sexuel et données comme «épouses» aux commandants. Les attaques de villages se soldaient par des meurtres, des tortures et des mutilations. Des victimes avaient les lèvres, les oreilles ou les bras tranchés pour servir d’exemple. Aujourd’hui âgé d’environ 64 ans, Kony justifiait sa campagne sanglante en affirmant agir au nom des «Dix commandements de la Bible».

Après l’échec des négociations de paix en 2005, l’ARS avait quitté le nord de l’Ouganda pour s’installer d’abord en République démocratique du Congo, puis en Centrafrique et au Soudan du Sud. Mais les crimes commis hors d’Ouganda ne sont pas inclus dans les charges actuelles. En 2010, les États-Unis avaient même dépêché des conseillers militaires pour aider à sa traque, plaçant une prime de 5 millions de dollars sur sa tête. Malgré cela, Kony n’a jamais été capturé.

Ces audiences marquent une première historique pour la CPI : jamais encore une mise en accusation n’avait été examinée en l’absence du suspect. Maria Kamara, responsable de la communication de la Cour en Ouganda, explique que cette procédure «ravive l’espoir prudent» des victimes, qui attendent depuis longtemps que justice soit rendue. Certains habitants du nord du pays espèrent que ce procès fera enfin entendre leurs souffrances.

Mais tout le monde n’accueille pas cette initiative avec enthousiasme. Des avocats mandatés pour représenter Kony affirment que ces audiences pourraient fragiliser les efforts de réconciliation menés dans la région. Selon Maître Peter Haynes, des responsables religieux et politiques locaux estiment que la démarche de la CPI risque de compromettre les programmes de démobilisation et de rapatriement des anciens combattants de l’ARS encore actifs. Ils craignent que la mise en accusation de Kony, sans sa présence, n’empêche définitivement toute chance de dialogue.

Pour la CPI, ce procès en l’absence de l’accusé est une manière de montrer que l’impunité n’est pas une option. Pour les victimes, il représente un pas, certes symbolique, mais important vers la reconnaissance de leurs souffrances et vers une justice longtemps attendue.

Par Nourah THIOMBIANO (stagiaire )