Accueil A la une La radio, média de l’Afrique pour des siècles des siècles!

La radio, média de l’Afrique pour des siècles des siècles!

La radio traverse sans ride, les âges (Ph. noctambule.info)

Les 100 ans de la radio, ne peuvent être mieux fêtés ailleurs qu’en Afrique. Continent traditionnellement de l’oralité qui essaie de se mettre, avec des décennies de retard, au diapason de la modernité et de l’évolution fulgurante des progrès techniques et surtout technologiques, l’Afrique reste très proche de la radio. Malgré la percée de la télévision et maintenant de l’internet, la radio demeure le média le plus en vogue, sans doute parce que celui le plus facile d’accès. Dans les bureaux où il a toujours sa place quelque part dans le tiroir ou sur une pile de dossiers, le petit poste radio vomit les informations à longueur de journée. Dans les champs où elle est accrochée à une branche d’arbre, la radio tonne, ou grésille, c’est selon la qualité des piles et de la réception des stations disponibles.

«A la radio, on a dit que…». Ou plus précisément, «RFI a dit que…». Souvent, c’est l’argument massue qui met fin à certains débats, tout ce qui vient de la radio étant pris, presqu’à 100%, pour parole d’évangile. C’est ainsi que la radio a longtemps été, et continue de l’être, un outil privilégié de propagande, de divertissement ou d’éducation. Malheureusement, il a constitué aussi un véhicule de messages de haine qui ont détruit des pays à un moment donné, sa force de pénétration et sa viralité étant pratiquement inégalables. Le Rwanda et sa radio Mille collines, constitue l’exemple le plus patent sous les tropiques. Compte tenu de cette place de choix dans le système de communication, la radio a encore de beaux jours devant elle, nonobstant l’avènement de la télévision. Même si des analystes à l’époque, qui ont visiblement vendu la peau de l’ours avant d’avoir tué celui-ci, avait prédit la fin de la radio. Non seulement la radio n’est pas morte, mais elle a même trouvé sa place dans, et sur, la télévision où on peut capter des chaînes de…radio. Et mieux, sur l’internet!

Que ce soit donc le gros appareil, fièrement exhibé en bandoulière par le paysan courbé sur ses sillons où le berger faisant paître son troupeau, ou le smartphone plus discret, la radio traverse, imperturbable, les âges. S’il servait chaque mercredi à savoir quel ministre a été limogé du gouvernement ou quel DG (directeur général) a été dégagé de son poste, la radio, c’était aussi la retransmission des grands événements sportifs, notamment les matches de football. Et régulièrement, surtout lors des Coupes d’Afrique des nations, ces grandes fêtes du foot africain, elle fait vibrer des nations entières. Même que les commentaires de la radio sont mieux suivis que ceux de la télévision. Du reste, certains supporters, les yeux rivés sur l’écran de télé, sans son, ont le poste radio collé à l’oreille, pour mieux vivre, affirment-ils, les actions.

Et les voix captivantes de radio, il y en a bien eu en Afrique! Les sportifs au Burkina peuvent-ils oublier les commentaires des inénarrables Gabriel Barrois et feu Issaka Sawadogo? Les férus et nostalgiques de Africa nᵒ 1 ont encore, sans doute, la chair de poule, en se remémorant les fabuleuses «Aventures Mystérieuses» de Patrick Nguema Ndong, tout comme les auditeurs de RFI, qui se délectent des émissions de Alain Foka, où ne ratent pour rien au monde, Mamane ou Caroline Paré dans Priorité santé. Sans oublier les mordus de Couleurs Tropicales, 7 Milliards de voisins, Vous m’en direz des nouvelles, Radio Foot International, etc.

En tout cas, la radio, qui a toujours pu s’adapter à toutes les époques continuera de tenir la dragée haute, pour les siècles des siècles!

Par Wakat Séra

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