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Les Maliens étaient aux urnes, le Covid-19 aussi!

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Malgré le Covid-19, les Maliens étaient aux urnes (Ph. france24.com)

Ce dimanche 29 mars était jour de vote au Mali. Les Maliens avaient rendez-vous dans les bureaux de vote pour renouveler les 147 membres de l’Assemblée nationale dont les mandats ont expiré depuis un an. Deux fois renvoyées pour diverses raisons, notamment une grève des magistrats pour le premier report et une meilleure organisation dans un environnement politique plus serein quant au deuxième report, les élections législatives ont eu lieu ce dimanche. L’entêtement de Ibrahim Boubacar Keïta, que rien ne justifiait a eu raison de la…raison de reporter une fois de plus ces scrutins qui ont connu un faible engouement. Le Covid-19 est passé par là. Et le rapt du Chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, le 25 mars par des hommes armés est venu jeter un froid sur la fin de la campagne électorale. C’est dire combien tout concourait au renvoi de ces élections. Mais le chef de l’Etat malien, les a maintenues, sans se soucier des risques énormes qu’il a fait courir, pour de vils calculs politiques, à ses concitoyens. En effet, son pays qui s’érigeait jusque-là comme un petit ilot dans un désert sahélien où la pandémie du Covid-19 sévit sans retenue, affiche désormais 18 cas déclarés et plus grave, un mort, à son compteur.

Fin de campagne fortement «virusée» car les candidats ont continué leurs activités de rencontre des potentiels électeurs, non-respect de la mesure de distanciation sociale le jour du vote, une seule boite ou flacon d’encre indélébile dans lequel tous les électeurs du bureau de vote devaient tremper le doigt, des électeurs dont certains ont royalement ignoré le dispositif de lavage, le transport d’électeurs par motos taxi dans certaines localités à l’intérieur du pays, le manque criard de matériels de protection au profit des assesseurs des bureaux de vote, etc. Autant de facteurs qui ont, sans doute, fait de ces élections, un foyer de contamination à ciel ouvert. Et avec la bénédiction de ceux qui gouvernent le Mali et qui auraient dû prendre leur responsabilité. Alors que partout autour de lui, la règle est à la quarantaine, l’homme fort du Mali a, lui, opté pour l’ouverture au Covid-19. A quoi serviront toutes les mesures de prévention qui seront prises ou renforcées, après cette grosse foire électorale que, fort de heureusement, bien des Maliens ont sagement «boycotté»? A rien. Pourtant, comme pour nombre de pays africains où les hôpitaux et autres centres de santé manquent de tout, et où les réactifs, lits de réanimation, respiratoires, coûtent une fortune, le salut du Mali passe par la prévention. Même à cause de leurs prix, gels hydro-alcooliques, gants et masques, sont hors de portée pour des populations qui tirent le diable par la queue et ne peuvent supporter les conséquences d’un confinement, plus dévastatrices que les dégâts du Covid-19! Que diantre IBK est-il aller chercher dans cette galère? Quel diable l’a-t-il poussé à organiser ces élections dont lui seul voyaient l’urgence? Même l’enlèvement de son opposant historique, Soumaïla Cissé n’a pas arrêté le président malien dans sa décision de maintenir ces législatives de l’indécence!

La démocratie a, certes, un prix, mais ne peut pas contraindre un dirigeant à envoyer son peuple à l’abattoir. Du coup, le taux de participation à ces élections auxquelles le Covid-19 s’est invité, sera très scruté et les Maliens doivent croiser le droit pour que le pire soit évité.

Par Wakat Séra

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