Accueil Monde Mali: décès de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta à 76 ans

Mali: décès de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta à 76 ans

Photo d'archives

L’ancien président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui a dirigé le pays entre 2013 et 2020, est décédé le dimanche 16 janvier 2022, à son domicile des suites de maladies, a appris Wakat Séra.

Selon nos sources, Ibrahim Boubacar Keïta est mort à 76 ans à Bamako des suites de maladies.

L’ex-président, surnommé IBK, a été renversé, le 18 août 2020, par le chef de la junte au pouvoir actuellement, le colonel Assimi Goïta.

Cette nouvelle intervient à un moment où la CEDEAO et l’UEMOA ont pris des sanctions contre la transition qui veulent la prorogation de la transition à cinq ans, après avoir déjà consommé près de deux ans.

Les autorités maliennes avaient demandé aux populations de sortir manifester pour protester contre les sanctions des institutions sous régionales jugées « iniques et inhumaines ».

A noter que l’équipe nationale du Mali joue le dimanche à 13H (heure GMT) contre la Gambie dans le cadre des phase finales de la CAN 2022 qui se déroule au Cameroun.

Ibrahim Boubacar Keïta est né le 29 janvier 1945 à Koutiala, ville cotonnière du sud. Après avoir été au lycée à Bamako, il part étudier à Paris, à la Sorbonne, l’histoire, les sciences politiques et les relations internationales.

C’est seulement à l’âge de 41 ans que Ibrahim Boubacar Keïta rentre au Mali, où il travaille pour un programme de développement européen avant d’être représentant de l’ONG Terre des hommes pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

En 1990, il fonde l’Adema (Alliance pour la Démocratie au Mali), pour s’opposer au dictateur alors en place : Moussa Traoré.

Sous la présidence de Alpha Oumar Konaré, il devient ambassadeur en Côte d’Ivoire puis ministre des Affaires étrangères et enfin Premier ministre.
Sa résistance à plusieurs mouvements de grève, entre 1994 et 2000, lui valent d’être considéré comme un politicien à poigne.

En 2000, les dissensions au sein de l’Adema sont telles qu’IBK démissionne de ses fonctions de chef du gouvernement puis de la présidence du parti.

Il fonde alors le Rassemblement pour le Mali (RPM) et arrive troisième à la présidentielle de 2002, remportée par Amadou Toumani Touré.

Nouvel échec en 2007, qui scelle la réélection de Amadou Toumani Touré. Mais en 2012, ce dernier est renversé par les mutins qui protestent contre leur mauvais équipement et leur mauvaise préparation dans la guerre contre les groupes armés dans le nord.

Après la période de transition, Ibrahim Boubacar Keïta est élu président en 2013. Il promet de rétablir le Mali dans son rôle de modèle de démocratie en Afrique de l’ouest, il prône une politique de « tolérance zéro » vis-à-vis de la corruption.

Mais en dépit du renfort des troupes internationales, les autorités maliennes ne parviennent pas à sécuriser le nord et le centre du pays. Plusieurs fois, l’armée des FAMA est accusée d’atrocités, de massacres.

Cela n’empêche pas les Maliens de réélire Ibrahim Boubacar Keïta en 2018 pour un deuxième quinquennat, en dépit des protestations de son rival, Soumaïla Cissé, qui dénonce des fraudes.

IBK fait du retour à la stabilité son cheval de bataille. C’est son argument pour prendre la défense du franc CFA, pourtant hérité de la colonisation.

Par Bernard BOUGOUM

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