Accueil A la une Mali: la France aussitôt partie, aussitôt revenue!

Mali: la France aussitôt partie, aussitôt revenue!

Barkhane en plein redéploiement dans le Sahel (Ph. illustration)

La France va reprendre sa coopération militaire avec le Mali. L’annonce faite ce vendredi 2 juillet par le ministère français des Armées en a surpris plus d’un, car la suspension de la même coopération date de moins d’un mois! Alors que l’information continuait de susciter la polémique, donnant du grain à moudre aux aficionados des réseaux sociaux et aux analyste politiques, sans oublier la presse, la France revient aux côtés des militaires maliens dans la traque aux djihadistes dans le Sahel africain où ils se sont sanctuarisés. Une bonne nouvelle à priori, sauf que la France reprochait au pouvoir kaki de Bamako, ces deux coups d’Etat en neuf mois, notamment le deuxième, putsch, qui a sorti du jeu de la transition, le président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane, qui seraient proches de Paris, contrairement au reste de la troupe, qui jouerait pour Moscou.

Mais tout porte à croire que cette décision unilatérale de mettre fin temporairement aux opérations conjointes entre les armées françaises et maliennes n’était, qu’un simple coup de sang du cavalier Emmanuel Macron frileux à la contradiction. Le président français n’a pas digéré cet affront du colonel Assimi Goïta et de ses lieutenants dont le cœur bat visiblement un peu trop pour Vladimir Poutine.

Comme il fallait s’y attendre, la réaction de Macron n’a fait qu’exacerber le discours anti-français qui enflammait la toile et servait même de toile de fond à des actions de panafricanistes qui n’attendaient que cette opportunité pour essayer d’asséner le coup de grâce à l’ancienne puissance colonisatrice dont ils réclament constamment le départ du continent africain. Il faut le dire sans faux-fuyant, Emmanuel Macron a manqué le coche, laissant la fougue de la jeunesse et l’égo personnel prendre le dessus sur la pondération qui lui aurait évité de manger aussi vite son chapeau. N’est-ce pas le même président français, qui a adoubé le général Mahamat Idriss Déby, confiscateur du pouvoir, à la mort de son père, le maréchal Idriss Déby Itno?

N’est-ce pas le même Emmanuel Macron qui recevra, en principe ce lundi, le même général Déby, président auto-proclamé du Tchad? Et n’est-ce pas encore, le même Emmanuel Macron qui a félicité, l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Guinéen Alpha Condé qui ont cédé aux charmes du très anti-démocratique et confligène troisième mandat? Certes, les pays et les contextes sont loin d’être les mêmes, mais, le flagrant délit du deux poids, deux mesures est trop grossier dans les cas malien et tchadien. La volte-face de la France qui reprend sa coopération militaire avec le Mali à peine la suspension prononcée est un véritable désaveu pour Emmanuel Macron.

A moins que le président français trouve que le Mali a peut-être fourni assez d’effort pour lui valoir d’être de nouveau éligible à la coopération militaire avec la France. Que ce soit sur intervention des autres pays du Sahel comme l’officiel voudrait le faire croire ou même le fruit de négociations entre le Mali et la France, la reprise rapide de cette coopération prouve que l’économie de sa suspension pouvait être faite. De toute façon, elle peut être une bonne nouvelle dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, et singulièrement au Mali où quatre soldats viennent encore de tomber, pris pour cibles par les forces du mal. Aucune force ne sera de trop pour mettre hors d’état de nuire ces hommes sans foi ni loi qui endeuillent armées et populations civiles au quotidien. Surtout que le Sahel n’est plus leur seul terrain de chasse qu’ils sont en train d’étendre progressivement à toute l’Afrique de l’ouest.

Dans le même temps, il faudra aux Etats africains de se préparer au départ de la Force française Barkhane, annoncé par Emmanuel Macron. C’est, sans aucun doute, l’occasion pour ces pays de réfléchir sur la prise en main de la défense de leur intégrité nationale, véritable domaine de souveraineté nationale.

Par Wakat Séra   

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