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Massacres à Yirgou: la jeunesse de l’UPC demande à la justice d’«élucider de manière diligente» l’affaire

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Les responsables de l'Union nationale des jeunes de l'UPC présidant la conférence de presse

L’Union nationale des jeunes de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a animé ce jeudi 10 janvier 2019, à Ouagadougou, une conférence de presse pour condamner les massacres à Yirgou contre les Peulh, ayant fait officiellement 49 morts, selon un bilan toujours provisoire. Pour les jeunes du parti leader de l’opposition burkinabè, « ce n’est pas acceptable que jusqu’à présent, aucun présumé coupable n’ait été arrêté ».

Le 1er janvier 2019, alors que les Burkinabè entamaient le nouvel an et s’échangeaient les meilleurs vœux qui soient, des individus armés ont fait irruption dans le village de Yirgou et y ont tué le chef et six autres personnes. A la suite de ces tueries d’une « rare cruauté », des groupes d’individus ont attaqué la communauté peulh à Yirgou et dans plusieurs autres villages environnant. « Ce fut un massacre inhumain et lâche qui a causé 49 morts selon le gouvernement, (mais bien) plus selon certaines organisations », a rappelé dès l’entame de sa déclaration, Jean Nacoulma, président de l’Union des jeunes de l’UPC.

« Nous sommes déçus du fait que jusqu’à présent, aucun présumé coupable n’ait été arrêté. C’est comme si l’on donnait du temps aux criminels pour fuir. Ce n’est pas acceptable », s’est-il offusqué, demandant à la justice qui est « prompte à arrêter des leaders d’Organisation de la société civile et à condamner les web activistes, à faire élucider cette affaire de manière diligente ».

La jeunesse de l’UPC s’est dite aussi « profondément déçue de la manière dont le président Roch Kaboré et son gouvernement ont géré le dossier Yirgou ». Selon elle, c’est sur la pression populaire, que le chef de l’Etat « est allé tardivement à Yirgou en osant demander pardon aux présumés auteurs du massacre ». Roch Kaboré « n’a pas été ferme. Il n’a pas exigé sur place que justice soit rendue. Pire, malgré l’ampleur de ce crime de masse, le gouvernement n’a pas daigné décréter un deuil national », a renchéri Jean Nacoulma.

« Nous condamnons l’attaque terroriste et le massacre qui l’a suivi. Notre parti s’apprête à dépêcher une délégation sur les lieux du drame pour témoigner sa compassion aux familles éplorées et soutenir les autres victimes », a-t-il annoncé. « Le Massacre de la population peulh de Yirgou et environnant, selon plusieurs témoignages, aurait été perpétré par les Koglwéogo locaux », a-t-il dit.

La jeunesse UPC « n’est pas contre les Koglwéogo, et elle les a félicités de par le passé pour leur grande contribution dans la lutte contre l’insécurité, en collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) », a-t-il poursuivi, ajoutant que « les tueries à grande échelle commises à Yirgou font honte au peuple burkinabè et ternissent l’image des Koglwéogo ».

Pour éviter que, demain, des individus ne soient tentés de se faire justice, de s’attaquer à des groupes de citoyens sur la base de leur « identité », l’Union des jeunes du parti de Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, estime qu’il faut que la justice « soit faite, que les coupables soient arrêtés et condamnés à la hauteur de leur forfait ».

Pour amener les autorités à prendre conscience de l’imminence du péril et à rendre justice aux personnes « injustement tuées », les jeunes de l’UPC annoncent qu’ils prendront part à la marche-meeting initiée par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) qui aura lieu samedi prochain à Ouagadougou et Dori.

Les conférenciers ont appelé les populations à sortir massivement pour prendre part à la manifestation du Collectif pour que tous prennent la pleine mesure des dangers des conflits communautaires au Burkina. 

Par Bernard BOUGOUM

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