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Médias publics burkinabè : persistance de la crise avec des affectations-sanctions

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La crise née il y a cinq ans dans les médias publics burkinabè, avec la revendication de l’application des lois sur les médias, adoptées le 4 septembre 2015, transformant ces médias en Société d’Etat, persiste toujours, selon les membres du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), qui ont dénoncé, ce lundi 19 octobre 2020, face à la presse à Ouagadougou, la répression, notamment des affectations-sanctions et les manœuvres de toute sorte visant à diviser les travailleurs.

Aboubacar Sanfo, secrétaire général adjoint du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) et ses camarades, ont rencontré la presse ce lundi 19 octobre 2020 pour dénoncer ce qu’ils appellent des « tracasseries, répressions, violations des libertés syndicales et de liberté de presse ».

La « tentative de liquider notre organisation et de caporaliser les médias publics ne s’est pas limité » aux affectations « massives et cyniques de 370 travailleurs, opérées le 2 mars 2020, affirmé M. Sanfo, informant de « la dernière trouvaille du ministre chargé de la Communication, porte-parole du gouvernement (Rémis Dandjinou) » qui a été « de réaffecter le 2 octobre 2020, encore au gré de ses humeurs, plus d’une vingtaine d’agents dans les communes rurales sans motifs valables ».

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Selon le secrétaire général adjoint du SYNATIC, la conséquence de ces actes du gouvernement, est la réduction des effectifs d moitié des rédactions des Editions Sidwaya et de la RTB et « les nombreuses tâches sont désormais confiées aux stagiaires venant des écoles et autres institutions pendant que le personnel qualifié et aguerris est laissé au garage dans des Directions de ressources humaines, des services d’archives et au niveau des communes rurales ».

« Les services techniques de la radio nationale et de la télévision nationale souffrent du départ de techniciens qualifiés », a dit Aboubacar Sanfo en faisant savoir que « de nombreuses émissions ne sont plus réalisées dans ces organes mais aussi dans les directions régionales de la RTB où le personnel des RTB2 a subi aussi la colère du ministre Dandjinou ».

Le SYNATIC qui se dit « toujours attaché à l’esprit d’un dialogue social fécond, un dialogue social nécessaire à un climat social apaisé », interpelle, « une fois de plus, les plus hautes autorités – notamment le Président du Faso et le Premier ministre, chef du Gouvernement – afin qu’une solution diligente soit trouvée au niveau de la crise qui secoue les médias publics ». Pour les responsables du SYNATIC, la recherche de cette solution doit passer « par la réintégration de (leurs) camarades expulsés des médias publics et la finalisation des négociations engagées depuis le 30 octobre 2019 autour du statut dérogatoire en faveur de ces médias ».

Par ailleurs, le Bureau National du SYNATIC invite « les travailleuses et travailleurs de la RTB et des Editions Sidwaya à rester mobilisés et à l’écoute pour toujours dire non aux affectations sanctions, aux tracasseries de tout genre et à la violation des libertés de presse et des libertés syndicales ! »

Par Daouda ZONGO

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