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Nicolas Sarkozy devant la Cour d’appel de Paris

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L’ancien président français, Nicolas Sarkozy, retourne ce lundi 16 mars 2026, devant les tribunaux pour le procès en appel de l’affaire du financement libyen, qui lui a déjà valu une incarcération le 21 octobre 2025. L’ex-chef d’État est accusé d’avoir perçu des «fonds secrets» du président de la Libye Mouammar Kadhafi pour sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, ce qu’il a toujours nié.

La situation est sans précédent pour Nicolas Sarkozy. Après avoir été détenu l’an dernier, le premier ancien chef de l’État français de l’histoire républicaine à connaître la prison, fait désormais face à des enjeux cruciaux. Selon des médias, ce lundi 16 mars 2026, s’ouvre, dans le décor monumental de la cour d’appel de Paris, le procès du prévenu le plus célèbre de France dans l’affaire du financement libyen, prévu pour durer jusqu’au 3 juin.

En septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable d’«association de malfaiteurs» et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme en raison d’une «corruption au plus haut niveau» d’une «exceptionnelle gravité». Entré le 21 octobre à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy a obtenu sa mise en liberté sous contrôle judiciaire trois semaines plus tard.

Dans cette affaire judiciaire, qui fait écho depuis 2011, l’ancien champion de la droite est accusé d’avoir perçu des «fonds secrets» de la Libye du dictateur Mouammar Khadafi pour sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, ce qu’il a toujours nié. En première instance, le tribunal correctionnel l’a relaxé pour trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé.

Selon certaines sources, les juges ont estimé que le financement libyen de la campagne électorale de 2007 n’était pas établi, malgré l’envoi corroboré de «6,5 millions d’euros» par la Libye en janvier et novembre 2006. Pour les magistrats, il n’a pas été apporté la preuve que ces fonds ont effectivement atterri dans les caisses de la campagne qui a porté Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Toutefois, ils ont jugé que l’ex-président avait effectivement laissé ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, démarcher le pouvoir libyen en ce sens à l’occasion de rendez-vous secrets qu’ils ont eus en Libye fin 2005 avec un proche de Mouammar Kadhafi, recherché par la justice française.

Aux côtés de l’ancien chef de l’État doivent, notamment comparaître son ex-bras droit Claude Guéant et l’ancien ministre Brice Hortefeux, son ami de toujours.

Secrétaire général de l’Élysée sous la présidence Sarkozy, Claude Guéant a été l’un des plus «lourdement» sanctionnés en première instance. Le tribunal l’a condamné à «six ans de prison» pour toute une série de délits, dont «corruption», «trafic d’influence passive» ou encore «faux et usage de faux».

En raison de son état de santé, il a échappé au mandat de dépôt et sa présence au procès en appel est incertaine.

Quant à Brice Hortefeux, 67 ans, la justice lui reproche d’avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau du Franco-Libanais Ziad Takieddine. Cette personne centrale du dossier, qui avait été jugée en son absence devant le tribunal, est décédée juste avant le jugement.

Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, une peine aménageable à effectuer sous bracelet à domicile assortie de l’exécution provisoire, et à une amende de «50 000 euros».

Par Valentin SOMANDE