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Nigeria: musulmans et chrétiens scellent un pacte pour renforcer la paix interreligieuse

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Plus de 50 dignitaires musulmans et chrétiens ont signé, jeudi 13 août 2026, à Abuja, un accord de paix interconfessionnel destiné à renforcer le dialogue religieux et la cohésion sociale au Nigeria. L’initiative, portée par la Ligue islamique mondiale, intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences confessionnelles et les accusations de persécution des chrétiens.

À Abuja, responsables musulmans et chrétiens veulent faire front commun pour la paix. Réunis à l’occasion d’une conférence organisée par la Ligue islamique mondiale, plus de 50 dignitaires des deux confessions ont paraphé, jeudi 13 août, un accord visant à consolider l’harmonie religieuse dans le pays.

Selon le communiqué publié sur la page Facebook de la Ligue islamique mondiale à l’issue de la rencontre, cet engagement prévoit notamment la mise en place d’une nouvelle instance dédiée à la promotion de la coexistence pacifique entre les différentes communautés religieuses à travers le Nigeria.

Le document encourage également une collaboration accrue entre les pouvoirs publics, les responsables religieux et les organisations de la société civile. L’objectif est de multiplier les actions communes en faveur de la paix, de la stabilité et du vivre-ensemble.

Avec une population de plus de 200 millions d’habitants, le Nigeria demeure marqué par une importante fracture religieuse et géographique, le nord du pays étant majoritairement musulman tandis que le sud est principalement chrétien.

Cette initiative intervient quelques mois après les déclarations controversées de Donald Trump sur la situation sécuritaire et religieuse au Nigeria. Le président américain avait notamment qualifié le pays de «pays déshonoré» et accusé les autorités nigérianes de ne pas agir suffisamment face à ce qu’il présentait comme des «persécutions» visant les chrétiens, perpétrées par des «terroristes islamistes», selon Reuters.

Les autorités nigérianes avaient rejeté ces accusations, affirmant que les violences qui frappent le pays ne ciblent pas exclusivement une communauté religieuse et que musulmans comme chrétiens en sont victimes.

Dans le nord-est du Nigeria, l’insurrection menée par Boko Haram depuis 2009 continue, en effet, de faire payer un lourd tribut aux populations. Selon l’ONU, celle-ci a causé la mort de plus de 40 000 personnes, dont une majorité de musulmans.

En signant cet accord, les leaders religieux nigérians entendent ainsi dépasser les clivages confessionnels pour privilégier le dialogue et l’action collective. Dans un pays régulièrement confronté aux violences communautaires, cette nouvelle démarche se veut un signal en faveur d’une paix construite au-delà des appartenances religieuses.

Par Valentin SOMANDE