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Noël en Côte d’Ivoire: malgré l’interdiction, les pétards ont accueilli le «petit» Jésus

Malgré la décision du gouvernement interdisant les pétards et les feux d’artifices, des Abidjanais ont fait tonner la poudre. La célébration de la fête de la Nativité a été marquée par des jets de pétards et des feux d’artifices qui ont illuminé le ciel abidjanais, la capitale ivoirienne. Les «artificiers» de service ont ainsi allègrement violé la décision du ministère ivoirien en charge de l’Intérieur qui a interdit l’usage de ces explosifs qui rappellent de mauvais souvenirs aux Ivoiriens encore traumatisés par les tirs d’armes pendant la crise postélectorale.  «L’usage de pétards et autres substances explosives du genre est  interdit sur toute l’étendue du territoire national, pour la période  allant du samedi 1er décembre 2018 au jeudi 31 janvier 2019 inclus»,  a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, publié le 21 novembre 2018. Les  contrevenants aux dispositions du présent arrêté s’exposent aux  sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur, avait prévenu le département de l’Intérieur et de la sécurité.

Mais les Ivoiriens sont habitués à ce genre de communiqué au point où ils en rient chaque fois que les autorités tentent de bander les muscles devant les jets de pétards. Jusque-là, il n’y a jamais eu de poursuites judiciaires contre ces apprentis artificiers qui s’en donnent à cœur joie, sachant qu’il n’y aura rien en face » comme le chantaient les partisans de Laurent Gbagbo pendant la présidentielle de 2010. A part quelques actions sporadiques de la police tentant de vider les étals de quelques commerçants, les pétards et les feux d’artifices se vendent comme de petits pains dans les rues d’Abidjan et de l’intérieur du pays. «La finale» des feux d’artifices et des pétards aura lieu le 31 décembre où tous les «bombardiers» rivalisent d’ardeur et d’ingéniosité en lâchant des pétards qui font le bruit des obus. Parfois, ce sont même des agents des forces de l’ordre, qui de leur domicile, «ambiancent» les quartiers avec leurs pétards aux allures de bombes.

Pour de nombreux observateurs, mieux vaut contrôler les frontières pour empêcher l’importation de ces explosifs que produire des communiqués qui n’ont aucun effet. Certainss qu’ils ne seront pas inquiétés, les lanceurs de pétards restent convaincus que ces menaces «n’iront pas quelque part» comme on le dit dans les quartiers abidjanais.

Par Mahamoudou Doumbia (Correspondant de Wakat Séra  en Côte d’Ivoire)

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