Accueil A la une Ouagadougou/Chefferie coutumière: le Kamsonghin Yarnaaba Boulga intronisé

Ouagadougou/Chefferie coutumière: le Kamsonghin Yarnaaba Boulga intronisé

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Le Yarnaaba Boulga

Le Kamsonghin Yarnaaba «Boulga» a été intronisé le mardi 7 février 2023 à Ouagadougou, à la fin d’un processus qui a débuté le samedi 4 février 2023, pour accompagner le Kamsonghin Naaba dans son règne. C’est par des cris d’exaltation de la foule en liesse et les coups de canon que les parents, amis et proches sortis massivement pour ne pas se faire conter l’évènement qui se déroulait dans la cour royale de Kamsonghin Naaba. Le Naaba Boulga qui a pour nom de guerre: «Wend Boulgh Laal Saaga Ta koom Toonte Saabo» (le puits de Dieu adossé à la pluie ne tarit pas), était intronisé ce jour. Il est le petit-fils de El hadj Souleymane Sakandé, Petit fils de El Hadji Souleymane SAKANDE, Guide spirituel de NABA Koom II, NABA Saga et NABA Kougri et l’aîné de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé.

Le Kamsonghin Naaba

La cour royale du Kamsonghin Naaba a été prise d’assaut par les habitants du quartier situé au Centre-Est de la capitale burkinabè, non loin de la cour royale du chef suprême des Mossé, le Mogho Naaba Baongo. Dès 9H (GMT), les prétendants au trône, confiés aux responsables coutumiers chargés de faire les rituels d’intronisation, assis devant la cour royale sous le soleil déjà brûlant, se distinguaient de la foule.

Les nouveaux prétendant au bonnet

Au nombre de 14, ces nouveaux prétendants au bonnet que le Mogho Naaba Baongo devrait se charger personnellement de leur porter, sont habillés en cotonnade locale, connu sous l’appellation «Faso Dan Fani». Déchaussés, assis à même le sol, ceux qui faisaient l’objet de toutes les attentions, portaient en bandoulière une écharpe blanche et tenaient des bâtons à la main déposés devant chacun. Le tout dans un dispositif bien encadré par des «songn-kamba», gourdins à l’épaule, jouant le rôle d’agents de sécurité, permettant ainsi aux notabilités de venir vers eux en cas de besoin.

Les Songn-kamba recevant des consignes fermes de sécurité

Pendant ce temps, le ballet de chefs coutumiers, bien distinguables par le bonnet qu’ils portent, continue en direction de la cour royale où ils honorent le chef du Kamsonghin Naaba par des salutations d’usage. Et c’est ainsi qu’on a convoyé certains promus dans la cour royale et d’autres vers une autre destination pour les mêmes rituels, nous a-t-on soufflé.

La foule témoin de l’évènement

Les Songn-kamba, avec difficulté, ont finalement pu contenir la foule. Venir en nombre, la cour royale ne pouvait pas contenir toutes personnes souhaitant être témoins de cette phase du processus d’intronisation. Une fois les prétendants installés, le Kamsonghin Naaba est sorti de son palais pour venir s’adresser à ses notables, aux promus et à l’assistance. En sa présence règne un silence de mort. Seul le porte-parole et le son du «Bendré» (tambour) ont droit de se faire entendre à haute voix.

Une vue des membres de la famille du Yarnaaba Boulga

C’est ainsi que le porte-parole du Naaba s’est avancé vers son chef qui a chuchoté des conseils à son oreille qu’il a ensuite rendus public à haute voix. Ce sont des conseils visant les valeurs humaines et les qualités d’un bon chef dont la droiture, la bravoure, l’humilité, qui ont été adressés aux futurs chefs. Après cet acte, le Kamsonghin Naaba s’est retiré à l’intérieur de sa maison et le rite a continué. Place maintenant au responsable coutumier chargé d’introniser les prétendants au «naam».

Les intermédiaires s’adressant aux promus

Il a demandé aux accompagnants des prétendants jouant le rôle d’intermédiaires de rentrer à l’intérieur de la maison pour des séries d’informations. Chacun est sorti par la suite, trois fois, les annoncer de façon confidentielle aux prétendants. Et à la troisième reprise, ils débarrassent les promus de leurs écharpes et bâtons. Ce moment spécial est suivi de la réception des candidats au trône de sabre, synonyme de l’aval donné pour porter leur désormais titre.

Des notables attendant la sortie de leur chef, le Kamsonghin Naaba

C’est ainsi que la foule, tant à l’intérieur de la cour royale que de dehors, par des cris de toutes sortes, a exulté de joie. Les «kililili» des femmes, notamment, et autres coups de canon s’enchaînèrent dans une musicalité distillée par les batteurs des tambours.

Une vue des batteurs de tambour royal

Cet acte va consister en la présentation des nouveaux chefs au public devant la cour royale où une troupe traditionnelle tenait en haleine un public conquis par son savoir-faire. 

Les nouveaux chefs sont conduits chez leur logeur par des chefs coutumiers comme le veut la coutume. A l’aide des chevaux des tambours ainsi que les cris joyeux, les klaxons de motos et d’autres ambiances, les nouveaux naaba ont été conduits chez leur tuteur où ils ont suivi d’autres rites dont la presse n’a pas été autorisée à suivre.

Une vue de la communauté musulmane venue honorer les deux nouveaux chefs

Dans la maison du logeur du nouveau «Kamsonghin Yarnaaba Boulga» et de «Kamsonghin Naaba Manegré» sont dressées des tentes pour accueillir la foule. Là, ils ont reçu après les rites, les salutations de leurs parents, amis et proches, pour leur consécration. Il faut aussi noter qu’un service rigoureux s’est chargé de la distribution de la nourriture et de la boisson pour que rien ne manque à toute personne ayant fait le déplacement pour venir honorer les nouveaux chefs.

Le Kamsonghin Naaba s’adressant au responsable coutumier chargé de l’intronisation afin qu’il porte ses conseils aux promus

«A côté de chaque chef mossi, il y a un Yarga. Le Kamsonghin Naaba avec l’aval du Mogho Naaba, nous ont fait honneur», a remercié Abdoulaye Sakandé, un proche de Yarnaaba Boulga. «Le chef Yarga, son rôle, est de faire le doha. Quand le chef sort, après un rituel, il faut des bénédictions».

Le chef coutumier chargé des rites parlant aux candidats

«Et c’est le Yarnaaba qui porte ce chapeau pour le bonheur de sa majesté», a-t-il expliqué, attendant que son nouveau chef soit un chef rassembleur. «Qu’il puisse réunir les Yarsé de Kamsonghin et au-delà», a-t-il souhaité, rappelant qu’une fois que le chef est intronisé, il est interdit de prononcer son nom.

El Hadj Mahamady Derra, proche de Manegré Naaba Sanem

El Hadj Mahamadi Derra, est un des porte-parole du Kamsonghin Naaba «Manegré Sanem». Pour lui, l’élévation de Naaba Manegré ne l’a pas surpris car Dieu lui a ôté tout comportement hautain. «Il est d’une humilité indissible», a-t-il soutenu, louant le Kamsonghin Naaba et le Moro Naaba qui ont reconnu par cet acte, les qualités de l’homme. Comme Abdoulaye Sakandé, M. Derre a aussi rassuré qu’ils travailleront à soutenir les nouveaux chefs pour qu’ils réussissent leur mission.

Abdoulaye Sakandé, parent de Yarnaaba Boulga

Le Kamsonghin Naaba est le ministre de la jeunesse et administrateur du quartier Kamsonghin. Il est le responsable des eunuques et il est chargé du harem et de l’exécution des Hautes œuvres.

Le Yarnaaba Boulga est né le 1er janvier 1960. Comptable de formation, il est installé à son propre compte ans l’entreprenariat.

Par Bernard BOUGOUM