Accueil A la une Ouagadougou: la Fondation Nikiema Arouna alphabétise des femmes du marché de Larlé

Ouagadougou: la Fondation Nikiema Arouna alphabétise des femmes du marché de Larlé

Le président de la Fondation Nikiema Arouna remettant une attestation à une bénéficiaire de l'initiative de sa fondation

La Fondation Nikiema Arouna (FNA), dont l’ambition est de contribuer à «réduire les inégalités socio-économiques pour construire un monde équitable», a pris l’initiative d’alphabétiser une soixantaine de femmes du marché de Larlé, un quartier populaire dans le Centre-Nord de Ouagadougou. Ces femmes qui savent désormais parler, lire et écrire en français, ont reçu, ce mardi 4 février 2020, leurs parchemins de fin de formation qui leur permettra de mieux exercer leur commerce.

Elles sont 51 femmes sur soixante inscrites qui ont bénéficié de l’alphabétisation initiée par la Fondation Nikiema Arouna. Neuf ont désisté et n’ont pas suivi tous les cours qui se sont déroulés sur six mois. Selon l’animatrice en alphabétisation bilingue, NASSA Delphine, les abandons sont dus au fait que ces femmes n’ont pas le temps et certaines d’entre elles partent beaucoup en voyage.

«La formation s’est déroulée du lundi au jeudi, soit deux heures de cours par jour», a déclaré l’animatrice qui a indiqué que «dès le début ça n’a pas été facile».

Le président de la Fondation Nikiema Arouna en première ligne avec des responsables du marché de Larlé

La formation a porté sur l’apprentissage de l’alphabet français, l’écriture, l’expression et le calcul. Les femmes ont également bénéficié d’une sensibilisation sur la valeur de l’alphabétisation.

«On est très content d’avoir été des bénéficiaires de cette formation», s’est réjoui Alizèta Zoundi, la quinquagénaire qui a été choisi comme chef de classe durant les six mois d’alphabétisation, s’exprimant en français approximatif. «Moi j’ai 51 ans aujourd’hui, je n’avais jamais fait l’école. Mais grâce à la Fondation Arouna Nikiéma, aujourd’hui je peux parler le français avec mes clients. Je peux même aider mes enfants qui sont au CP1 (Cour préparatoire première année) à faire leur calcul», a fait savoir cette commerçante du marché de Larlé.

Elle a invité les autres femmes à faire comme elle et ne pas avoir honte d’aller à l’école pour apprendre. «Il ne faut pas dire que tu es âgée, tu ne vas pas faire l’école, sinon tu ne vas pas connaitre», a dit Mme Zoundi. Toute émue, elle a remercié le président de la fondation, Arouna Nikiema, pour cette initiative. «Si c’était de l’argent qu’il m’avait donné, cet argent allait finir, mais ce que j’ai appris ne va jamais finir», a-t-elle conclu.

Remise de cadeau au président Arouna Nikiema

«Maintenant, nous connaissons la valeur d’être allé à l’école, surtout quand on est une femme», a confié, une autre bénéficiaire Assétou Ouaro, à l’assemblée présente à la cérémonie de remise d’attestation.

Réunies autour du vice-président de l’Association des marchés et Yaar du Kadiogo, Guéré Sonkologo Naaba Guigma, ce fut des remerciements et bénédictions que, les premiers responsables du marché de Larlé et les commerçantes bénéficiaires de cette initiative de la Fondation Nikiema Arouna, ont prononcés à l’endroit du président et de la coordonnatrice de la fondation FNA, Evelyne Sinzogan. Elles ont demandé à ladite fondation de les aider à poursuivre la formation et à avoir d’autres opportunités pour le groupement qu’elles veulent créer, et ont invité les autres femmes à s’inscrire à la prochaine session de formation.

Cette formation entre dans le cadre de la vision de BBS HOLDING à travers la Fondation Nikiema Arouna, qui est de contribuer à la réduction de la pauvreté au Burkina Faso par la réalisation d’actions qui permettent aux citoyens les plus touchés par ce fléau, de se prendre en charge plus efficacement pour mener leurs propres activités et accroitre leurs revenus. BBS HOLDING s’acquitte pleinement de sa responsabilité sociale par la promotion de l’alphabétisation en milieu de travail, l’initiation des femmes aux activités génératrices de revenus, la réalisation des forages dans les villages, l’aide aux enfants démunis et la préservation de l’environnement.

A travers cette initiative en faveur des femmes du marché de Larlé, la FNA montre qu’elle est à l’écoute de leurs besoins, notamment, en rapport avec leurs activités de petit commerce quotidien qui nécessitent un minimum d’instruction.

«Au niveau de notre groupe, nous avons opté pour le quota genre. Et au-delà de notre société, au niveau de la fondation, nous avons décidé d’aider les femmes. C’est celles qui savent gérer et elles sont l’avenir de la nation…

Les femmes, elles vendent, mais malheureusement elles ne savent pas compter, elles ne savent pas lire.  Alors, elles ont besoin d’apprendre à lire et à faire la comptabilité de leur commerce puisque c’est ce commerce qui soutient des familles. Derrière ces femmes, il y a beaucoup de familles qui se nourrissent de leur commerce». (Arouna Nikiéma, président de la Fondation FNA)

Pour M. Nikiema, il était important, que sa fondation apprenne à ces femmes à lire et à écrire pour pouvoir soutenir leur commerce et par derrière elles, fait vivre une nation entière.

«On a commencé par Larlé Yaar (marché de Larlé) mais, l’initiative d’alphabétiser va continuer dans les autres marchés de Ouagadougou, voire du Burkina Faso», a-t-il promis tout en invitant les bénéficiaires à continuer à apprendre dans le but de pouvoir améliorer leur condition de vie. «Au-delà de tout ce qu’elles ont appris, elles doivent apprendre à pouvoir protéger la nature, l’environnement, mieux conserver leurs produits qu’elles vendent, pouvoir faire des factures et évoluer dans un commerce qui était dans l’informel pour passer dans un commerce qui sera un peu plus structuré, créer peut-être même des sociétés, des coopératives entre elles», a laissé entendre le président de la Fondation FNA.

Photo de famille

A l’endroit de celles qui ont abandonné en cours de route, il dit penser qu’elles reviendront elles-mêmes auprès de celles qui ont déjà appris pour pouvoir apprendre à leur tour. 

Créée en 2009, la Fondation Nikiema Arouna dispose de six centres de formation dont quatre à Ouagadougou et deux à Baobo-Dioulasso. En partenariat avec le ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, elle a déjà formé dans ses centres de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso plus de 500 vigiles d’entreprises de sécurité et 42 femmes concasseuses dans la carrière de Pissy. Elle intervient, en plus de l’éducation, dans les domaines de la santé/Nutrition, Hygiène et assainissement, le micro finance, l’appuis technique et institutionnel et l’environnement.

Par Daouda ZONGO

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