Accueil Editorial Présidentielle au Cameroun: neuf en course pour le fauteuil de Biya!

Présidentielle au Cameroun: neuf en course pour le fauteuil de Biya!

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La course au palais d'Etoudi est lancée (Ph. camer.be)

C’est parti pour la course à la présidentielle du 7 octobre.  La campagne électorale qui a démarré ce samedi 22 septembre, est loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière mais annonce déjà les couleurs d’une élection dont l’issue est connue, comme lors des précédents scrutins. Certes, parmi les neuf candidats en lice, certains dont Me Akere Muna du Front populaire pour le développement (FPD), pourraient faire des scores honorables, mais sans doute pas plus! Les véritables opposants auront en face une grosse machine électorale bien rôdée et surtout entretenue grâce aux moyens de l’Etat dont les ministres et autres directeurs généraux de l’administration sont déjà envoyés en mission, pardon en meetings!

Candidat à sa propre succession, au palais d’Etoudi, Paul Biya briguera donc un septième mandat d’affilée depuis 1982. Si l’on comptabilise son passage comme Premier ministre du Cameroun de 1975 à 1982, le natif de Mvomeka’a sera resté aux affaires pendant près de quarante années. Si l’homme n’a jamais eu un candidat sérieux à même de l’ébranler ce n’est point parce qu’il est naturellement inamovible, mais parce qu’il a toujours su manœuvrer pour tenir éloignés ses opposants ou les discréditer aux yeux de l’opinion. Mais la formule la plus simple pour ce vieux briscard de la politique africaine est de freiner les velléités de ses contempteurs en les invitant à la table du pouvoir. Et rares sont ceux qui ont pu résister à l’appât!

«Paul Biya, la force de l’expérience». Ainsi se décline le slogan du chef de l’Etat sortant, et probablement entrant. Il n’a pourtant, visiblement, plus rien à apporter à des populations camerounaises en plein doute pour leur avenir. Malgré tout, Paul Biya,  85 ans, 35 ans de règne et bientôt plus si affinité, ne compte pas lâcher le gouvernail. Pourtant doté d’un sous-sol riche en ressources naturelles pétrolières ou agricoles, minières et forestières, le Cameroun peine à devenir la locomotive économique qu’il aurait pu être dans la sous-région, voir en Afrique.

Les citoyens, en dehors d’une certaine classe qui gravite la plupart du temps autour du pouvoir, vivent dans une précarité qui se la dispute aux potentialités offertes au pays par la nature pour son développement. Les incursions récurrentes et mortelles de Boko-Haram, la nébuleuse islamiste du Nigéria voisin, et la dissidence de la partie anglophone du pays hypothèquent plus que jamais la sécurité des biens et des personnes et surtout le vivre-ensemble dans ce merveilleux pays qualifié à raison de «l’Afrique en miniature».

Certes, les Camerounais ne vivent pas le pire. Mais ils auraient pu connaître meilleur sort, surtout si la classe dirigeante sclérosée ne portait et ne cultivait les tares de la présidence à vie qui n’a jamais porté bonheur aux pays qui s’y sont aventurés.

Qu’attend la société civile camerounaise pour mettre fin à cette gangrène du pouvoir personnel qui étouffe toute tentative d’alternance dans l’œuf? Malgré son absence quasi-permanente du pays, où ses rares apparitions sont considérées comme des mini-événements, le Suisse, pardon le Camerounais Paul Biya tient solidement, par sbires, courtisans et zélateurs interposés le gouvernail d’un navire qui court inévitablement à la dérive.

Car les longs règnes ont cela de commun qu’après la retraite volontaire ou forcée de leurs auteurs, c’est l’incertitude qui s’installe. Et parfois le chaos! Il urge donc pour le Cameroun de redresser la barre pour mettre le cap sur l’alternance et la véritable démocratie, gages du mieux-être du plus grand nombre.

Par Wakat Séra                                                     

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