Accueil A la une Procès assassinat Viviane Compaoré: le parquet écarte les conclusions de l’expert psychiatrique

Procès assassinat Viviane Compaoré: le parquet écarte les conclusions de l’expert psychiatrique

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Le parquet, dans ses réquisitions, ce vendredi 13 mars 2026, a écarté les conclusions de l’expertise du psychiatre, Pr Kapoune Karfo, dont l’apport avait été demandé par la chambre criminelle de jugement à l’audience précédente de l’affaire de l’assassinat de l’ex-ministre, Viviane Yolande Ouédraogo née Compaoré, pour éclairer la lanterne des différentes parties constituées au procès. « Il y a meurtre accompagné de préméditation. Il n’y a ni troubles psychiques, ni neuro-psychiques, ni démence », a lancé le ministère public, affirmant avec force que l’accusé « est pénalement responsable ».

Le procès de l’assassinat de l’ex-ministre burkinabè, Viviane Yolande Ouédraogo/Compaoré, a repris, ce vendredi 14 mars 2026, au Tribunal de Grande Instance (TGI) Ouaga II sis à Karpala, précisément dans le quartier Rayongo. A l’audience dernière, le président du tribunal avait accédé à la requête du Conseil de l’accusé et a ordonné une expertise psychiatre pour le respect des droits du prévenu et pour les besoins de la manifestation de la vérité.

Après l’ouverture de l’audience, l’expert psychiatrique, professeur Kapoune Karfo, a été appelé à la barre pour livrer ses conclusions. Pour le Pr Karfo, l’accusé souffrirait de troubles mentaux qui haltère sa raisons. « Nous avons constaté en lui un délire de persécution. C’est un délire persistant, un délire latent et par moments des hallucinations », a-t-il déclaré.

Il a noté aussi une « froideur comportementale » du prévenu qui dénote d’un être anormal. « Quand on parle de décès, on ne peut pas être gai, parler et rire d’un acte ignoble », l’étranglement de sa grand-mère, qui devait commander le « regret ».

Selon l’expert psychiatrique en résumé, « le malade ne sait pas qu’il est malade », insistant que Yanick Bougouma souffre de « troubles psychiques, neuro-psychiques », voire de la « demence ». Il a insisté pour demander qu’on garde-à-vue le prévenu pour le soigner car il pourrait s’en prendre à une autre victime. « S’il identifie un autre délire de persécution, il peut se révéler dangereux. Donc, il doit être interné », insistant qu’il souffre de la « schizophrénie ».

Mais, le parquet va battre en brèche les arguments développés par l’expert. Selon la narration des faits commis par le prévenu, M. Bougouma était normal, trouvant curieux que c’est après le meurtre qu’il souffrirait de troubles psychiques ou autres.

« C’est quelqu’un de suffisamment clair, maîtrisant ce qu’il veut faire », dit-il, retraçant point par point l’itinéraire et la stratégie utilisée par l’accusé pour commettre l’assassinat. « Il a pris sa victime par la technique de la clé. Il est revenu quelques temps après pour s’assurer si la victime est belle et bien décédée », a rappelé le ministère public.

Pour le parquet, le comportement actuel de l’accusé est postérieur au fait. Le prévenu « était tout à fait normal quand il commettait les faits » à lui reprocher, a-t-il soutenu. Parti de Tanghin chez lui, le présumé meurtrier s’est d’abord rendu à son lieu de travail à la gare de la compagnie de transport Staf, attendre la tombée de la nuit, prendre la clôture de la maison pour se cacher à l’intérieur et attendre le retour de la victime qui est revenue après la messe, pour commettre son crime. « Il n’y a ni schizophrénie, ni schizophrénie paranoïde, ni démence », affirmé avec force le parquet. Il a donc requis la prison à vie contre l’accusé. Quant à la partie civile, elle a demandé un franc symbolique.

L’avocat de l’accusé est resté sur sa même position sur cette question de l’état mental de son client. Allant dans le sens de l’expert psychiatrique, il a maintenu que le raisonnement de son client ne laissait planer l’objet d’un quelconque doute qui est que l’accusé souffre de troubles psychiques. Sur ce, il a été court et a demandé aux juges d’en tenir compte dans le verdict final.

Le prévenu dont les déclarations pour la plupart ont été incohérentes, confronté à son papa sur certains de ses propos devant le juge d’instruction, il s’est rétracté et admis que c’est ce que son géniteur dit qui est vrai.

Le témoignage de la belle fille de la victime, Sonia Alexandrie Compaoré née Bandré, a glacé la salle. Selon elle, ce sont ses deux enfants qui ont été les premiers à découvrir la scène du crime. « J’ai ramené les enfants de l’école pour qu’ils passent dire bonjour à leur grand-mère. Le portail de la cour était ouvert et les enfants sont rentrés. Directement ils ont couru monté à l’étage comme d’habitude pour rejoindre leur mami. Et c’est là qu’ils sont revenus avec des cris », a-t-elle déclaré.

Le tribunal a suspendu l’audience aux environs de 16H30 après les plaidoiries pour délibérer.

Par Bernard BOUGOUM