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Procès du coup d’Etat manqué de 2015: le caporal Amidou Drabo remet en cause les PV d’auditions

Des accusés dans le dossier du putsch de 2015

Le caporal Hamidou Drabo, l’un des 84 accusés dans le dossier du putsch manqué de 2015, à la barre du tribunal militaire ce mercredi 18 juillet 2018, a remis en cause les déclarations contenues dans les Procès-Verbaux (PV) de l’instruction. Il s’est plaint à l’audience avoir été « intimidé et menacé » par le juge d’instruction qui était son supérieur hiérarchique.

Suspecté d’être l’un des meneurs du coup d’Etat du 16 septembre 2015 qui a fait 14 morts et plus d’une quarantaine de blessés, le caporal Hamidou Drabo, assisté par Me Roger Yamba, a nié tous les passages des PV que le parquet a lus à l’audience. Après avoir décrit les conditions pénibles dans lesquelles il a été arrêté, le caporal Drabo a déclaré au tribunal que le juge d’instruction, le commandant François Yaméogo qui l’a auditionné, lui a dit qu’il avait déjà des informations sur lui, lesquels renseignements lui servaient de questionnaire.

« Comme il (le commandant Yaméogo) a dit qu’il a toutes les informations sur moi, quand il parle je l’écoute selon ce qu’il veut. A la fin il m’a demandé de signer et j’ai signé », a signifié, dans un français approximatif; l’ex-agent du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui a tenté de mettre fin à la transition en arrêtant ses autorités dont le président Michel Kafando et son Premier ministre Yacouba Isaac Zida. 

« M. le président (du tribunal militaire) je veux que vous vous en teniez aux déclarations que je ferai ici (à la barre) », a souhaité l’accusé. Pour son avocat Me Roger Yamba qui dit avoir « demandé » à son client de « dire toute la vérité et rien que la vérité » à la barre, « les PV (concernant Hamidou Drabo) sont truffés de déclarations contradictoires les unes et les autres ». L’avocat a alors demandé au tribunal de ne pas en tenir compte et a sollicité que le « plumitif » sur lequel se base également le parquet pour charger son client soit écarté.

Au cours de cette audience, après une observation de Me Roger Yamba sur le fait que le parquet évoque des pièces, dont le plumitif que toutes les parties n’ont pas dans le dossier, la plupart des avocats de la défense ayant soutenu cette position ont trouvé l’observation pertinente et interpellé le tribunal pour qu’il demande au parquet de prendre des dispositions pour que toutes les pièces soient communiquées à toutes les parties au procès.

Me Arnaud Sampébré avocat de la défense a jugé le manque de certaines pièces que le parquet évoque lors du passage des accusés à la barre, de « manquement grave qui donne l’impression qu’il (le parquet) est une super partie ». Me Paridié, un autre conseil de la défense, dit « trouver l’attitude du parquet déloyal ».

Mais le parquet a laissé entendre qu’il ne « faisait qu’appliquer la loi » en invoquant l’article 427 du code pénal.

Me Roger Yamba a aussi déploré le manque de rapports balistiques et de preuve pour inculper son client. « Si le parquet a des éléments de preuve concrets, qu’il les sorte et on discutera », a-t-il avancé.

Le caporal Hamidou Drabo, poursuivi pour « complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires et dégradation aggravée de biens », dit ne pas se reconnaître dans les faits qui lui sont reprochés.

Par Bernard BOUGOUM

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