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Procès putsch manqué: Le «missile» du parquet contre la défense du général Diendéré

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photo d'illustration

Le parquet militaire burkinabè a produit, le mardi 5 mars 2019, devant le tribunal en charge du dossier du putsch manqué du 16 septembre 2015, qui a été débattue contradictoirement ce mercredi 6 mars 2019. Cette pièce concerne une réquisition à personne qualifiée prise par le procureur pour obtenir un relevé des d’appels téléphoniques passés entre le général Gilbert Diendéré et l’ex-directeur général de la police nationale, Lazare Tarpaga et entre le général et l’ex-directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Mathurin Bako. Selon la partie civile, cette pièce est «un véritable missile» contre la défense du présumé cerveau du coup d’Etat.

Le parquet qui s’est appuyé sur l’article 427 du code de procédure pénal, a produit une pièce qui renseignerait sur les différents échanges téléphoniques que le général Diendéré aurait tenus avec l’ex-directeur général de la police Lazare Tarpaga et l’ex-directeur général de l’ARCEP Mathurin Bako.

En rappel l’Article 427 stipule que «hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide d’après son intime conviction. Le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement discutées devant lui».

Il s’agit d’un travail qui a été fait, selon le procureur, pour vérifier les dires de l’ex-DG Tarpaga et de l’ex-DG Bako qui ont confié avoir reçu des appels du général Diendéré au moment des événements du 16 septembre 2015 et jours suivants. Des faits que le général Gilbert Diendéré réfute.  

La défense qui a pris connaissance de la pièce, a demandé au tribunal de la rejeter. «Ce qui vient d’être produit est véritablement une expertise et si expertise il y a à faire c’est au tribunal de l’ordonner et non le procureur», a dit Me Olivier Yelkouni, avocat du général Gilbert Diendéré, pour qui il «n’appartient pas au parquet, une fois l’instruction close, de prendre des réquisitions à personne qualifiée».

«De quoi à peur la défense du général Diendéré ? Que craint la défense ?», s’est interrogé le parquet militaire, qui a conclu que c’est parce que cette pièce «bat en brèche sa stratégie».

«Je comprends la position de la défense du général Diendéré. Je comprends que pour la défense, cette pièce est plus qu’une arme de guerre. C’est un véritable missile», a assené Me Hervé Kam, de la partie civile, qui dit qu’il «ne voit pas où est le problème juridique pour que la pièce ne puisse pas être acceptée».

Me Kam a été soutenu par sa consœur de la partie civile, Me Awa Sawadogo pour qui «l’article 427 est suffisant» pour que le parquet ou toute autre partie puisse produire des pièces.

«Cette pièce n’a même pas la capacité d’un lance-pierre». C’est la réponse de Me Olivier Yelkouni au propos de Me Kam. Pour Me Yelkouni, «ce n’est pas parce qu’on veut la vérité qu’on va permettre à n’importe qui de venir faire du n’importe quoi», notant que «la liberté de preuve ne veut pas dire que tout est permis».

Le tribunal, après avoir écouté toutes les parties, a affirmé que sa décision sera connue avant la clôture des débats.

Par Daouda ZONGO