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Sagesses écologiques africaines alternative à l’écologie occidentale superficielle

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Docteur Joseph Sefounema Akoutou de l’UAC Bénin a pris part à un colloque international organisé à Lille par l’Université Catholique de Lille en France qui s’est déroulé les 6 et 7 novembre 2025 dont la thématique est Enjeu de la coopération environnementale internationale. Il y a proposé les sagesses écologiques africaines comme alternative à l’écologie occidentale superficielle. Il nous présente ici la quintessence de sa communication.

Le thème de ma communication à ce colloque est Repenser l’économie de la croissance face à la crise écologique. J’ai montré dans ma communication à ce colloque que pour la coopération environnementale internationale, il faut repenser l’économie de la croissance. Ce qui nécessite un cadre commun de réflexion pour définir ensemble les critères d’une économie responsable, soucieuse de l’environnement, des actions sous-régionales et internationales favorable à l’environnement. D’où mes propos se sont articulés autour des points suivants :

  • Nécessité de cadre commun pour la coopération environnementale internationale ;
  • Nécessité de l’implication des décideurs politiques et économiques du monde ou la nécessité de renoncer à l’économie de la croissance ;
  • Apport de la sagesse africaine ou du sud à la coopération environnementale internationale.

Nécessité de cadre commun pour la coopération environnementale 

Ici nous avons montré l’urgence d’agir au plus vite et qu’aujourd’hui l’heure est à l’action et au multilatéralisme pour mettre en place un mécanisme international de coopération environnementale. Ceci nécessite d’abord de mettre de coté les complexes pays-riches pays-pauvres. De là nous avons montré que la coopération environnementale sera globale, internationale ou échouera. Nous avons appuyé cette idée par l’argument d’après lequel il n’y a pas deux planètes terres. Ainsi, nous avons insisté sur la nécessité pour tous les habitants de la terre de se mettre côte à côte afin de se serrer les coudes comme le montre bien le symbole du logo du colloque pour sauvegarder ensemble la terre. J’ai montré que pour cela, nous avons besoin d’un cadre commun de réflexion et d’action, de référence commune pour nos engagements en faveur de l’environnement. J’ai souligné à ce propos que le cadre normatif commun existe et qu’il reste à s’y fier et à l’enrichir. Au sujet de ce cadre, à titre illustratif, j’ai cité :

  • Le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre adopté en 1997 contraignant pour tous les Etats ;
  • Les COP, notamment la COP21 qui s’est tenue à Paris en 2015 et qui a donné échos à ce protocole en convaincant tous les Etats du monde à revoir leurs objectifs de croissance économique en intégrant des préoccupations environnementales dans la poursuite de leurs objectifs économiques en privilégiant la préservation du climat ;
  • L’accord de financement du climat trouvé à la COP de Charm el cheick en 2022 en Egypte. Mais nous avons dit notre désolation liée au fait que les Etats ne se sont pas accordé à cette COP sur la nécessité de réduire leur émission de CO2 ni sur l’urgence de renoncer à l’exploitation des énergies fossiles, principales responsables de la crise environnementale planétaire notamment le réchauffement climatique. D’où nous avons insisté sur l’implication des décideurs du monde pour inverser la tendance.

Nécessité de l’implication des décideurs politiques et économiques du monde ou la nécessité de renoncer à l’économie de la croissance 

Nous avons mis l’accent ici sur la nécessité pour les décideurs politiques et économiques du monde entier de partager la vision mondiale écologique selon laquelle le climat se porte mal, la biodiversité recule. Ils doivent cesser avec leur hypocrisie écologique en arrêtant de s’adonner au Green Washing et au mainstream. Ils doivent également admettre que les énergies dites efficaces ne sont plus soutenables puisque le climat se réchauffe en dépit des recommandations de la COP 21 de maintenir la température de la terre en dessous de 2°C et que l’une des causes du réchauffement climatique c’est bien l’exploitation exagérée des énergies fossiles et des ressources minières à des fins exclusives de croissance économique. Nous avons plaidé pour que l’économie de la croissance soit repensée dans les politiques de finances publiques et proposé que les Etats optent pour une économie responsable intégrant le climat et le bien être de la nature. Contrairement à l’économie de la croissance qui présente la nature comme une valeur instrumentale, pour repenser cette économie, nous avons montré que la nature est une grande vivante qui a une valeur en soi, une valeur propre intrinsèque que les acteurs économiques, les politiques et tout homme doit chercher à connaitre et à respecter. A ce sujet, nous avons démontré que les sagesses écologiques africaines sont exquises pour corriger l’écologie occidentale qui voit en la nature un simple instrument.

Apport des sagesses écologiques africaines ou du sud à la coopération environnementale internationale.

Des sagesses écologiques africaines, voici quelques unes que j’ai présentées sous formes d’aphorisme dans ma communication comme alternative à l’écologie occidentale à prédominance capitaliste nuisible pour l’environnement et le climat :

  • « L’essentiel est d’honorer le ciel, la terre et de chérir ses semblables. »
  • « Depuis toujours nos ancêtres ont aimé leur terre. Ils lui ont consacré leurs vies et nous l’ont transmise intact, alors les esprits célestes n’acceptent pas qu’on les souille.»
  • « Nombreux sont ceux qui pensent ; le monde est si grand ; qui se soucient si j’abats un arbre ou si je tue un cerf ? Pourtant chaque brin d’herbe compte aujourd’hui. »
  • « Les blancs ne savent pas rêver voilà pourquoi ils détruisent les forets. »

Par Dr Joseph Sefounema AKOUTOU