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Sécurité: les craintes de Antonio Guterres sur la situation au Sahel

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, a exprimé jeudi 9 septembre 2021 dans un entretien à l’AFP, sa crainte que la prise du pouvoir des talibans en Afghanistan fasse naître d’autres ambitions chez les groupes armés terroristes au Sahel. Il a également réclamé un renforcement des mécanismes de sécurité dans cette région.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a affirmé le 9 septembre dernier dans un entretien à l’AFP, craindre que l’exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés terroristes au Sahel. Il a souligné qu’il y a «un vrai danger, car ces groupes terroristes peuvent se sentir enthousiasmés avec ce qui s’est passé en Afghanistan et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois».

Le patron des Nations Unies a relevé qu’il y a «une chose nouvelle dans le monde qui est très dangereuse» en soulignant qu’il  y a «des groupes fanatisés, avec une idéologie où la mort par exemple est désirable, des groupes disponibles pour tout faire et des armées qui se désintègrent face à eux».

L’arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan, Antonio Guterres y voit un «danger réel» et appelle à «penser sérieusement» à ses implications sur la menace terroriste et à la façon dont la communauté internationale doit s’organiser face à cette menace. Ainsi, il évoque la nécessité de «renforcer les mécanismes de sécurité au Sahel» expliquant que «le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner». «Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant on a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana», a-t-il précisé.

Le Secrétaire général de l’ONU a dit faire de son combat la création d’une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace. Il a aussi déploré que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas «suffisante face à la menace». Il a cité en exemple la diminution de la présence française au Sahel, le retrait de quelques troupes tchadiennes de la zone des trois frontières.

Le chef de l’ONU essaie depuis plusieurs années de conférer à la force G5 Sahel (constituée du Tchad, de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du  Burkina Faso) un mandat fort de l’ONU accompagné d’un financement collectif de l’Organisation. Mais cette position divise les puissances mondiales avec les Etats-Unis qui refusent jusqu’à présent cette approche pourtant défendue par la France.

Siaka CISSE (Stagiaire)

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