Accueil Société Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité : le Burkina réaffirme son...

Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité : le Burkina réaffirme son engagement pour un cyberespace sûr

0

La première édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité a refermé ses portes, ce 31 octobre 2025 à Ouagadougou, après cinq jours de travaux intenses de conférences, panels thématiques, ateliers de formation, activités de sensibilisation et compétitions sportives. Organisée par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) sous le haut patronage du Ministère de la Sécurité, Mahamadou Sana, et en partenariat, avec le leader de la télécommunication Orange Burkina Faso, cette semaine, a réuni l’ensemble des acteurs de l’écosystème national, du secteur public au secteur privé, des universités aux médias, en passant par des jeunes innovateurs, pour réfléchir et agir sur la sécurité du cyberespace. Le thème central, « Bâtir une résilience nationale face à la cybercriminalité : un impératif pour la paix, la sécurité et la souveraineté numérique du Burkina Faso », a guidé l’ensemble des échanges et des activités, mettant en évidence l’importance d’un engagement collectif dans la lutte contre les menaces numériques.

Après cinq jours d’échanges, de formations et de sensibilisations, la première édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité s’est achevée le 31 octobre 2025 à Ouagadougou. La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), avec l’appui du Ministère de la Sécurité, en partenariat avec l’entreprise citoyenne de droit burkinabè Orange Burkina Faso, a rassemblé institutions, experts, médias et jeunes innovateurs pour réfléchir à des stratégies communes visant à protéger les citoyens et renforcer la résilience numérique du Burkina Faso.

Commissaire principal de police Bantida Samire Yoni, Commandant de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC)

Au cours de la cérémonie de clôture le Commissaire principal de police Bantida Samire Yoni, Commandant de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) et président du comité d’organisation, dans son discours empreint d’émotion et de reconnaissance, a salué la mobilisation de l’ensemble des participants, tout en soulignant la portée historique de cette première édition. Pour lui, cette semaine d’activités « a permis de mesurer la vitalité, la solidarité et la détermination des acteurs engagés dans la construction d’un espace numérique sûr et souverain ».

Le Commissaire principal Yoni a insisté sur le fait que la cybersécurité ne saurait être considérée comme une mission exclusive des services techniques ou des forces de l’ordre. « La cybersécurité est l’affaire de tous », a-t-il martelé, appelant à une prise de conscience collective et à un engagement citoyen fort. Selon lui, la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité « a constitué un cadre d’échanges privilégié pour réfléchir ensemble sur les stratégies de prévention, de protection et de résilience numérique ». Il a rappelé que la menace cybernétique est désormais globale et qu’aucune nation n’est à l’abri : « Dans un monde interconnecté, une faille dans un système peut fragiliser tout un pays. C’est pourquoi la vigilance, la collaboration et la formation demeurent nos meilleures armes ». Abordant les activités de la semaine, le Commandant de la BCLCC s’est réjoui de la diversité et de la richesse des échanges.

Cérémonie de clôture

« En cinq jours, nous avons dialogué, débattu, appris et partagé. Les panels ont permis de confronter les idées, les ateliers de perfectionner les compétences, et les campagnes de sensibilisation d’éveiller les consciences », a-t-il soutenu. Il a aussi félicité les jeunes innovateurs et les médias pour leur implication, précisant que « la jeunesse numérique burkinabè a prouvé qu’elle n’est pas seulement consommatrice de technologie, mais aussi actrice de solutions locales et créatives face aux défis de la cybercriminalité ». Le Commissaire principal de police YONI n’a pas manqué de rappeler le sens profond de cette initiative nationale, qu’il a décrite comme « un lieu de reconnaissance, un espace de valeur et d’humanité ». Selon lui, « lutter contre la cybercriminalité, c’est protéger notre dignité numérique, notre souveraineté et notre avenir collectif. C’est affirmer que le Burkina Faso refuse de subir, et choisit d’agir ». Dans cet esprit, il a salué la vision du Ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana et l’engagement des partenaires, dont la société de téléphonie mobile Orange Burkina Faso, qui ont soutenu la réussite de l’événement. Avant de conclure, il a lancé un appel à la persévérance et à la continuité : « Ce que nous avons amorcé ici ne doit pas s’arrêter à cette semaine. Il nous revient à tous de prolonger cette dynamique, de poursuivre la sensibilisation et de renforcer nos défenses. La cybersécurité est un combat permanent, un devoir collectif ».

Des participants à la cérémonie

Au cours de la semaine, huit panels thématiques ont permis d’aborder les défis majeurs de la cybersécurité au Burkina Faso. Le premier panel, intitulé « Menaces informationnelles et sécurité nationale : enjeux pour la paix et la cohésion sociale », a été modéré par le Dr Cyriaque Paré et a mis en lumière les impacts sociaux des discours de haine et des fake news ainsi que la nécessité de stratégies de prévention adaptées. Le deuxième panel, « Panorama des cybermenaces : état des lieux et réponses techniques », dirigé par le Professeur Dominique Kabré, a permis de discuter de l’évolution des cyberattaques et des solutions techniques pour renforcer la protection des systèmes d’information. Le troisième panel, consacré à la gouvernance et à la cyberdiplomatie, sous la modération de Izaï Toé, a souligné l’importance de la coordination entre acteurs nationaux et de la coopération internationale pour une lutte efficace contre les cybermenaces. Le quatrième panel: « Police judiciaire à l’épreuve de la criminalité numérique », animé par le Contrôleur Général de Police Bonswendé Sankara, a examiné les mutations de la police judiciaire à l’ère du numérique et les mécanismes de coopération pour des enquêtes plus efficaces. Le cinquième panel, « Cybercriminalité et confiance numérique dans les services financiers et FinTech », sous la modération de Mahamadi Rouamba, a traité de la prévention des fraudes numériques et de la promotion de la confiance des usagers par les opérateurs. Le sixième panel, « Cryptomonnaies et flux financiers illicites : défis et perspectives », animé par le Dr Pousseni Bakouan, a mis l’accent sur la régulation nécessaire du secteur et sur la formation des acteurs pour prévenir les risques liés aux cryptomonnaies. Le septième panel, « Jeux de hasard et investissement en ligne : enjeux, risques et régulation », modéré par le Commissaire divisionnaire Amidou Yoin, a abordé les risques liés aux jeux en ligne et la nécessité d’un cadre réglementaire solide. Enfin, le huitième panel, « Protection de l’enfance en ligne : responsabilités des acteurs et mécanismes de prévention », sous la modération de Maurice Somé, a insisté sur la prévention des cyberviolences visant les enfants et sur la responsabilité partagée de tous les acteurs pour assurer un environnement numérique sûr. La synthèse de ces huit panels, présentée par le Commissaire Zakaria Hébié, 1er Vice-président du Comité d’Organisation, a mis en exergue l’importance de la sensibilisation, de la régulation des secteurs sensibles et de l’intégration de l’intelligence artificielle pour renforcer la sécurité des systèmes et protéger les données nationales.

Remise de trophées d’honneur

La suite de la cérémonie a été marquée par la remise des trophées d’honneur, visant à reconnaître et célébrer l’engagement exceptionnel des acteurs qui se sont illustrés dans la lutte contre la cybercriminalité. Les distinctions ont été attribuées à deux catégories de lauréats : d’une part, les personnalités physiques qui se sont distinguées individuellement par leur expertise, leur dévouement et leur implication quotidienne, et d’autre part, les personnes morales, institutions et organisations dont les actions collectives ont contribué à renforcer la résilience nationale. Cette remise a mis en lumière « la compétence, la rigueur, la créativité et le patriotisme numérique » des lauréats, et a symbolisé la reconnaissance du travail accompli pour protéger le Burkina Faso des menaces invisibles du cyberespace.

Distinction

Un moment spécial a été consacré au lancement d’un prix pour les journalistes, d’une valeur de 500 000 F CFA, destiné à encourager un usage éthique et sécurisé du numérique. Le lancement officiel a été assuré par le Ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, qui a salué l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation et la protection des citoyens.

Commissaire divisionnaire Mahamadou Sana, Ministre de la Sécurité

Enfin, le point d’orgue de la cérémonie a été marqué par le discours de clôture du Commissaire divisionnaire Mahamadou Sana, Ministre de la Sécurité, dont l’intervention a allié solennité, vision et appel à la responsabilité collective. S’exprimant devant un parterre d’invités composés de représentants d’institutions publiques, d’experts en cybersécurité, de membres du corps diplomatique, de journalistes et de jeunes innovateurs, le Ministre a tenu à féliciter la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité pour l’organisation réussie de cette première édition.

Recompense

« Vous avez su donner à cette initiative une âme, une dimension humaine et nationale, en rassemblant autour d’une même cause l’ensemble des acteurs du numérique et de la sécurité », a-t-il déclaré d’une voix empreinte de fierté. Le Ministre a rappelé, aussi, avec force que la cybersécurité ne relève pas uniquement des spécialistes techniques ou des forces de sécurité. « La cybersécurité n’est pas l’affaire d’une poignée d’experts ; elle est celle de chaque citoyen, de chaque institution et de chaque entreprise », a-t-il insisté, soulignant que la menace numérique, invisible mais redoutable, constitue aujourd’hui « un défi transversal, qui touche à la fois la gouvernance, l’économie, l’éducation et la cohésion sociale ».

Des participants

Revenant sur le thème de la semaine, « Bâtir une résilience nationale face à la cybercriminalité : un impératif pour la paix, la sécurité et la souveraineté numérique du Burkina Faso », il a salué la pertinence des échanges et la richesse des réflexions. Selon lui, « cette semaine a démontré que la lutte contre la cybercriminalité ne se gagne pas dans les discours, mais dans l’action coordonnée, la formation continue et la responsabilité partagée ». Il a félicité tous les participants pour leur engagement, tout en soulignant la place essentielle de la jeunesse dans cette dynamique. « Nos jeunes doivent être non pas les victimes, mais les sentinelles du cyberespace burkinabè. Ils sont les architectes de notre souveraineté numérique », a fait savoir le ministre Sana.

Le Ministre Mahamadou Sana a également insisté sur la dimension éducative et préventive de la cybersécurité, affirmant que « la formation et la sensibilisation demeurent (les) premières armes contre la cybercriminalité ». À cet effet, il a encouragé la poursuite des campagnes d’information à la destination des populations et l’intégration de l’éducation numérique dans les programmes scolaires. Pour lui, « la sécurité dans le cyberespace commence par la connaissance, car un citoyen informé devient un citoyen protégé ».

Photo de famille avec les personnes recompensées

Dans un ton rassembleur, il a appelé à la synergie des efforts entre les acteurs étatiques, les partenaires techniques, la société civile et les médias, qu’il a qualifiés de « relais indispensables de la vigilance nationale ». Il a salué le lancement du prix spécial du journaliste engagé pour un numérique éthique et sécurisé, d’une valeur de 500 000 F CFA, qu’il a qualifié de « signal fort de reconnaissance envers ceux qui, par leurs plumes et leurs voix, défendent la vérité, l’éthique et la sécurité numérique ».

Photo de famille

Avant de clore son intervention, le Ministre a exprimé sa gratitude à l’ensemble des partenaires pour leur appui constant, tout en annonçant la tenue de la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité du 27 au 30 octobre 2026. Il a conclu sur une note d’espoir et de détermination : « Restons vigilants, solidaires et déterminés à bâtir un cyberespace burkinabè sécurisé, éthique et souverain, au service du développement et de la paix. Vive la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité, vive la collaboration numérique de tous, et vive le Burkina Faso, uni et résilient dans le cyberespace ! »

Par Nourah THIOMBIANO