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Si ADO pouvait retirer la Côte d’Ivoire de la CPI!

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Le président ivoirien Alassane Ouattara fait feu de tout bois

La Côte d’Ivoire se retire de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Ce coup de sang de l’Eléphant d’Afrique fait suite, selon un communiqué d’Abidjan, «aux graves et intolérables agissements que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples s’est autorisés, dans ses actions, et qui non seulement portent atteinte à la souveraineté de l’Etat de Côte d’Ivoire, à l’autorité et au fonctionnement de la justice, mais sont également de nature à entraîner une grave perturbation de l’ordre juridique interne des Etats et à saper les bases de l’Etat de droit, par l’instauration d’une véritable insécurité juridique». C’est sans équivoque, et la Côte d’Ivoire dont les analystes et autres bookmakers politiques se demandaient si elle respecterait les injonctions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à l’Etat de Côte d’Ivoire de surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt émis contre Guillaume Kigbafori Soro et de surseoir à l’exécution des mandats de dépôt décernés contre les proches du même Soro, a été très prompte en réaction. Alassane  Dramane Ouattara n’a pas mis du temps à dégainer, surtout que le non-respect de cette demande de la CADHP pourrait coller le titre très peu envié d’«Etat voyou» à la Côte d’Ivoire qui se serait mise au-dessus d’une disposition internationale. Du reste, cette injonction de la structure africaine qui n’est consolidée par aucune force dissuasive avait peu de chance d’aboutir dans une Côte d’Ivoire où Alassane Dramane Ouattara fait feu de tout bois pour offrir le pouvoir à son poulain Amadou Gon Coulibaly, son actuel Premier ministre.

«Le père contre le fils». Ce feuilleton très prisé en ce moment sur les bords de la lagune Ebrié s’étoffe donc d’un nouvel épisode. Elle n’est diffusée sur aucune chaîne de télévision et ne constitue pas la plage préférée des dames qui préfèrent de loin leur télénovélas et des séries comme «Ma famille» de la célèbre réalisatrice ivoirienne Akissi Delta. Mais la série est très suivie par le marigot politique qu’elle tiendra certainement en haleine pendant longtemps encore. Jusqu’où ira donc, ou alors que ne fera pas Alassane Ouattara pour que le chemin de la croix de celui qui a contribué à le faire roi ne s’arrête qu’à Golgotha, le lieu dit du crâne, comme dans la «passion du Christ»? En tout cas, ce qu’on pensait être une simple querelle familiale, une mésentente entre un père et son «fils» est devenue une affaire nationale qui a amené la Côte d’Ivoire à se retirer d’une institution africaine. Pour ceux qui en doutaient encore, «ADO la solution» tient dur comme fer à son affaire et c’est devenu plus qu’une certitude que Guillaume Kigbafori Soro ne retrouvera la terre de ses ancêtres que s’il renonce à ses ambitions présidentielles et retourne dans les rangs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la chose de son ancien mentor. Ne se laisser surprendre par aucune surprise désagréable! C’est la conviction de ADO qui travaille à combler tout trou et débarrasser de tout obstacle possible, pour Amadou Gon Coulibaly, la route qui devra le conduire à la présidence en 2020. En tout cas, à moins d’un troisième larron qui saisira le maître Aliboron de la fable de La Fontaine, le chemin se dégage de tout travers pour le poulain de Alassane Dramane Ouattara qui pourrait ainsi quitter la présidence sans en partir.

Question: pourquoi Alassane Dramane Ouattara ne va pas jusqu’au bout de sa logique en retirant la Côte d’Ivoire du traité de Rome qui a consacré la Cour pénale internationale, une CPI considérée comme le «guantanamo» des seuls dirigeants africains? Il rendrait un fier service à l’Afrique, au lieu d’en saper les fragiles structures qui font encore la fierté du continent noir. Mais ne demandons pas à ADO de scier la branche sur laquelle il est assis, la CPI lui permettant de garder bien au froid, un autre coriace adversaire à la présidentielle, l’ancien président Laurent Gbagbo. Et après qui contredira ce qui est devenu une vérité inaltérable sous les tropiques que le malheur de l’Afrique vient des Africains? ADO, faut faire pardon maintenant, car un adage que vous connaissez bien, enseigne qu’à trop tirer sur la corde, elle finit par se casser.

Par Wakat Séra

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