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SITARAIL: des ex-cheminots dénoncent un « mépris » de la société et exigent l’exécution d’une décision de justice

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Le secrétaire général du SY.RE.C.FER-BF Moutaga Traoré et le secrétaire général adjoint de S.L.C.B Mody Diallo au milieu

Le Syndicat des retraités du chemin de fer du Burkina Faso (SY.RE.C.FER-BF) et le Syndicat libre des cheminots du Burkina (S.L.C.B) ont dénoncé ce samedi 14 avril 2018 un « mépris » de la Société internationale de transport africain par rail (SITARAIL), une filiale de Bolloré Transport et Logistics, « envers les travailleurs burkinabè » et exigent l’exécution d’une décision de justice rendu depuis 2007.

 A la suite de la crise ivoirienne, « des travailleurs burkinabè  ont subi une suspension sans précédent de contrat de travail, sans rémunération » et « certains y sont restés jusqu’à la limite d’âge de départ à la retraite, sans être rappelés à travailler et sans pension non plus », et  ce depuis 2002, a confié le secrétaire général du SY.RE.C.FER-BF Moutaga Traoré.

Dans cette situation que vivent ces ex-cheminots, « de nombreux enfants sont déscolarisés et des veuves sans soutien et certains pères de famille sont sans logement, des foyers disloqués par manque de moyen », a indiqué M. Traoré.

« Alors que la Côte d’Ivoire s’est réunifiée en 2011, des agents burkinabè croupissent toujours dans la misère depuis près de 16 ans », a affirmé le secrétaire général de SY.RE.C.FER-BF, estimant que « ceux qui résistent sont à bout de souffle ». Ainsi il « attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur ces cas très effroyables et patents, qui (…) constituent un crime jamais égalé ».

En plus des suspensions de travail, les cheminots burkinabè constatent « la non prise en compte des grades réels par la SITARAIL », selon le secrétaire général adjoint de S.L.C.B Mody Diallo qui dénonce également « le refus (de la société) de délivrer aux travailleurs retraités les pièces nécessaires à la constitution des dossiers de pension de retraite et la non application de la convention de concession ».

« Même notre liberté de voyager à l’étranger est prise en otage du fait de notre situation professionnelle ambigüe qui ne permet pas de fournir les pièces demandées (bulletins de salaire, ou un document de rupture de contrat) », a laissé entendre M. Diallo qui souhaite l’implication des autorités afin de trouver une solution à leur « situation » qui est « insoutenable ».

Pour ce qui précède, le S.L.C.B a déposé une plainte contre SITARAIL. Et malgré la décision de justice qui donne raison aux cheminots, la société « refuse » de l’exécuter, selon le Syndicat libre des cheminots du Burkina.

« L’Etat doit s’impliquer pour comprendre ce qui se passe afin de sauvegarder dans l’avenir notre chemin de fer. L’interconnexion ferroviaire est une réalité, nous devons nous préparer à sa réalisation avec des hommes compétents », a conseillé M. Diallo.

Par Daouda ZONGO

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