«Mobiliser la société civile, les philanthropies et la diaspora pour accroître le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté». C’est autour de ce thème que la Division Société civile et engagement communautaire, du Groupe de la Banque africaine de développement a réuni des participants, pour une session de haut niveau avec les organisations de la société civile, les réseaux de la diaspora africaine et les fondations philanthropiques. Les échanges se sont focalisés sur la contribution concrète de ces acteurs à la mise en œuvre des Quatre points cardinaux de la Banque et à l’opérationnalisation de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), en mettant en évidence leur rôle stratégique dans la transformation du financement du développement en Afrique. C’était dans le cadre des 61es Assemblées annuelles du Groupe, au Centre international de conférences de Kintélé, à Brazzaville, en république du Congo

«Un autre moment fort de cette semaine fut notre rencontre avec les organisations de la société civile, les acteurs philanthropiques et la diaspora africaine. En effet, le développement ne se conçoit pas uniquement dans les salles de réunion; il se construit au cœur des communautés, avec celles et ceux qui agissent chaque jour sur le terrain. (…) Vous, forces vives de la société civile, philanthropes, et membres de notre diaspora, votre rôle est irremplaçable. Nous allons intensifier notre coopération pour cibler des priorités absolues: l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes, le soutien aux PME et l’accès universel aux services essentiels. La Banque sera votre partenaire de premier plan. (…) J’ai toujours accordé une grande attention à votre rôle irremplaçable». Plus qu’un simple discours d’ouverture du dialogue de haut niveau qui a réuni le Groupe de la Banque africaine de développement, la Société civile, les Philanthropies et la diaspora africaine, ces mots prononcés le 28 mai 2026 par le président de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, ont résonné, et tonnent encore, comme un tocsin pour rassembler large autour de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

En reconnaissant que la Banque, à elle seule, ne peut pas tout faire et en rappelant le rôle de premier plan que la Société civile doit jouer pour que la NAFAD soit le véritable moteur du développement voulu par l’Afrique pour l’Afrique, Dr Sidi Ould Tah ne fait que confirmer la pertinence du thème de cette rencontre: «Optimiser le rôle de la Société civile, de la Diaspora et des Philanthropies pour accroître le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté.» C’est dans cette logique que les intervenants de ce panel, modéré avec brio par le chargé en chef politique et plaidoyer du Groupe de la BAD, Luther Yaméogo, ont interagi avec un public composé d’experts et d’acteurs des domaines concernés, mais aussi de jeunes étudiants, en grand nombre, qui ont affiché un intérêt pointu pour les différentes interventions qu’ils accompagnaient souvent de salves d’applaudissements.

Les intervenants ont tous démontré, comme s’il fallait encore donner la preuve de la nécessité de la conception de la NAFAD et de sa mise en branle, qu’aucun pan de la société ne devra se mettre en marge du mouvement enclenché par la Banque pour révolutionner l’architecture du financement du développement de l’Afrique. L’Afrique en pleine résilience, mais dont la croissance est projetée à 4,3% en 2026. Le message n’a pas varié, qu’il soit celui du conseiller spécial du président du Groupe de la BAD et coordonnateur de la NAFAD, Didier Acouetey ou venant de la directrice exécutive de One Campaign, Sarah Makka, ou de la cheffe de la Division Société civile et Engagement communautaire du Groupe de la BAD, Zeneb Touré. De même, la co-fondatrice du Think Tank Manssah, Fatoumata Sidibé Diarra et le représentant du ministre burkinabè de l’Economie et des finances, le conseiller technique Souleymane Nabolé, à travers des analyses et présentations de cas concrets, ont réaffirmé, entre chiffres et réalités palpables, l’importance de la NAFAD. Une NAFAD dont la Société civile, selon Dr Sidi Ould Tah, est appelée à être la «vigie bienveillante» avec la mission bien ciblée d’éviter toute dérive préjudiciable à la bonne marche de cet outil accueilli avec enthousiasme par tous les Africains et Africaines soucieux du développement du continent noir.

Avec la NAFAD, comme l’ont signifié les panelistes, c’est l’Afrique qui est repensée dans le financement de son développement, car disposant déjà des ressources dont elle a besoin pour accéder au mieux-être de ses populations. Du reste, a insisté Didier Acouetey, le continent noir dispose des 4000 milliards de dollars recherchés, il ne restait qu’à mettre en place les moyens nécessaires pour les rassembler et les diriger vers les centres d’intérêt idoines. Dans ce sens, le changement de narratif, tout comme celui des instruments de financement s’imposent. En voici l’illustration parfaite par les «Diaspora Bonds», lancées au mois de mai par le Burkina Faso pour lever, en deux étapes, la rondelette somme de 240 milliards de francs CFA. Les «Diaspora Bonds», une initiative de l’Etat burkinabè qui bénéficie du soutien de structures financières solides dont Vista Group du banquier burkinabè Simon Tiemtoré, et le Fonds de soutien patriotique, toujours mis en œuvre par les dirigeants du Burkina Faso et qui a permis de réunir, en trois ans, une cagnotte de plus d’un milliard de dollars, soit environ 500 milliards de francs CFA, ont été mis en exergue comme actions pouvant contribuer au financement du développement de l’Afrique grâce à ses propres ressources.

En tout cas, la NAFAD qui embrasse tous les enjeux sociaux, allant de l’éducation à l’emploi, en passant par l’agriculture, la santé, l’industrialisation, le sport, etc., a trouvé en la Société civile, les Philanthropies et la Diaspora africaine, des partenaires sûrs pour lui assurer cette réussite qui sera celle de tous les Africains qui l’auront portée, car y ayant cru. «Notre Afrique ne peut se transformer et transformer son destin qu’avec des instruments conçus pour nos propres réalités». Foi d’un apôtre du développement nommé Dr Sidi Ould Tah!
Par Wakat Séra, de Brazzaville à Ouagadougou




























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