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Zimbabwe: un projet de réforme constitutionnelle pourrait prolonger le pouvoir de Mnangagwa jusqu’en 2030

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Le gouvernement zimbabwéen a soumis, le mardi 2 juin 2026, au Parlement, un projet de loi controversé visant à modifier la Constitution afin d’allonger la durée du mandat présidentiel. Cette réforme pourrait permettre au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030, suscitant déjà de vives réactions au sein de l’opposition, de la société civile et parmi d’anciens responsables du pays.

Le gouvernement du Zimbabwe a officiellement présenté, mardi 2 juin 2026, un projet de loi portant sur une révision constitutionnelle qui pourrait prolonger de deux années supplémentaires le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Plusieurs sources médiatiques indiquent que le texte sera examiné en deuxième lecture ce mercredi 3 juin par les députés.

Âgé de 83 ans, Emmerson Mnangagwa est censé achever son second et dernier mandat en 2028. Toutefois, ses soutiens au sein du parti au pouvoir, «Zimbabwe African National Union – Patriotic Front» (ZANU-PF), souhaitent modifier la Constitution afin de faire passer la durée du mandat présidentiel de «cinq à sept ans», ouvrant ainsi la voie à son maintien à la tête du pays jusqu’en 2030.

La réforme proposée prévoit également un changement majeur dans le mode de désignation du chef de l’État. Les promoteurs du texte souhaitent que le président soit désormais élu par le Parlement plutôt que par suffrage universel direct.

Le projet a été présenté devant la chambre basse par le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi. Selon plusieurs observateurs politiques, son adoption ne devrait rencontrer que peu d’obstacles. La ZANU-PF dispose en effet d’une «majorité qualifiée des deux tiers» à l’Assemblée nationale et bénéficie également d’un solide contrôle du Sénat grâce au soutien des chefs traditionnels et d’autres représentants qui votent généralement en faveur du pouvoir.

Le ministre de la Justice a indiqué que l’ensemble du processus législatif pourrait être bouclé dans un délai d’environ un mois.

Au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, la ZANU-PF a d’abord été dirigée par Robert Mugabe (1980-2017) avant l’arrivée d’Emmerson Mnangagwa à la présidence à la suite du renversement de Mugabe lors du coup d’État de 2017.

Cette initiative législative suscite cependant des résistances. Mardi, un groupe de généraux à la retraite et d’anciens hauts fonctionnaires a exprimé publiquement son opposition à la réforme. Ils affirment avoir rencontré le chef de l’État le mois dernier pour lui faire part de leurs préoccupations. Selon eux, Mnangagwa leur aurait répondu que «le gagnant l’emporte», en référence à l’issue attendue du vote parlementaire.

Par ailleurs, plusieurs anciens combattants de la guerre de libération ainsi que des militants ont saisi la Cour constitutionnelle afin de contester la légalité du projet. La juridiction a indiqué qu’elle rendrait sa décision après un examen approfondi des arguments présentés par les requérants.

Alors que le Parlement s’apprête à entamer l’examen du texte, le débat autour de cette réforme constitutionnelle met en lumière les tensions croissantes entre les partisans du pouvoir et ses détracteurs. Son issue pourrait marquer un tournant majeur dans l’évolution politique du Zimbabwe et dans l’avenir de la gouvernance du pays.

Par Valentin SOMANDE