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Somalie: des échanges de tirs secouent Mogadiscio dans un climat de fortes tensions politiques

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Des affrontements armés ont éclaté, mercredi 3 juin 2026, dans plusieurs secteurs de Mogadiscio, la capitale somalienne, selon plusieurs sources médiatiques. Ces incidents surviennent alors que la contestation contre les réformes institutionnelles et la prolongation du mandat présidentiel gagne en intensité.

La capitale somalienne a été le théâtre de violents échanges de tirs dans la soirée du mercredi 3 juin 2026. Selon plusieurs médias, des détonations ont été entendues dans le district de Howl Wadaag ainsi que le long de l’axe de Dabka, provoquant l’inquiétude des populations locales.

Les informations relayées par diverses sources indiquent que des éléments de la police fédérale se sont affrontés à des groupes armés dont l’identité n’a pas été clairement établie. Certains témoignages font état de l’utilisation d’armes lourdes, notamment de «lance-roquettes», lors de combats qui auraient duré une quinzaine de minutes.

Au centre de cette affaire, figure l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a affirmé que des forces qu’il associe à la présidence auraient pris pour cible son camp alors que ses partisans s’organisaient en vue d’une manifestation pacifique prévue ce jeudi 4 juin pour dénoncer la prolongation du mandat présidentiel.

Les autorités rejettent toutefois cette version des faits. Le gouvernement évoque un «incident malheureux» et accuse des groupes armés proches de l’opposition d’être à l’origine des violences. La police affirme, pour sa part, avoir agi de manière professionnelle après avoir été attaquée. Une enquête a été ouverte afin d’établir les circonstances exactes des affrontements.

Ces événements interviennent dans un contexte de «fortes» tensions politiques. Depuis l’adoption, en mars dernier, d’une réforme constitutionnelle modifiant le système électoral, le président Hassan Sheikh Mohamud fait face à une opposition de plus en plus mobilisée. Ses détracteurs considèrent cette réforme comme un moyen de prolonger son maintien au pouvoir, tandis que le camp présidentiel soutient qu’une extension temporaire du mandat repose sur des bases légales.

L’ancien président Sharif Sheikh Ahmed, également engagé dans la mobilisation contre le pouvoir, a dénoncé ce qu’il qualifie d’escalade orchestrée par les autorités et a assuré que les manifestations prévues ne seraient pas abandonnées.

Alors que des tirs ont également été signalés à proximité de quartiers résidentiels stratégiques, les circonstances exactes des incidents demeuraient encore floues mercredi soir, malgré l’annonce par les autorités d’un retour progressif au calme dans plusieurs zones de la capitale.

Dans l’attente des conclusions de l’enquête annoncée par les autorités, cet épisode illustre la fragilité du climat politique en Somalie. Les manifestations prévues par l’opposition pourraient constituer un nouveau test pour la stabilité de Mogadiscio dans les jours à venir.

Par Valentin SOMANDE