Malgré une décision judiciaire suspendant son ouverture et une vive opposition populaire, le gouvernement kényan persiste dans son projet d’installer un centre de quarantaine destiné aux personnes exposées au virus Ebola. Les autorités assurent que l’infrastructure s’inscrit dans un dispositif national de prévention sanitaire.
Le gouvernement kényan a réaffirmé, mercredi 3 juin 2026, sa volonté de poursuivre la mise en place d’un centre de quarantaine sur la base aérienne de Laikipia, destiné notamment aux ressortissants américains susceptibles d’avoir été exposés au virus Ebola.
S’exprimant devant le Parlement, le ministre de la Santé, Aden Duale, a indiqué que cette installation faisait partie d’un réseau national de 23 centres de quarantaine et d’isolement prévus à travers le pays. Il a tenu à préciser que la structure ne serait pas réservée uniquement aux étrangers, mais pourrait également accueillir des citoyens kényans en cas de besoin.
Selon plusieurs médias, une vingtaine d’avions transportant du matériel médical et du personnel spécialisé américains ont atterri au Kenya entre le 23 et le 31 mai, alimentant davantage la polémique autour du projet.
La semaine dernière, la Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension de l’ouverture du centre après avoir été saisie par une organisation de défense des droits constitutionnels. Cette décision n’a toutefois pas mis fin aux tensions.
Le projet suscite une forte mobilisation dans plusieurs régions du pays. À Nanyuki, localité située à proximité de la base aérienne de Laikipia, des manifestations ont éclaté, lundi 1er mai dernier, contre l’installation du centre. Selon des défenseurs des droits humains, deux personnes ont été tuées par balles lors de ces protestations.
Une partie de la population redoute que l’accueil de personnes exposées au virus n’accroisse le risque de contamination sur le territoire kényan, alors qu’aucun cas d’Ebola n’a été signalé dans le pays depuis l’apparition de l’épidémie à la mi-mai en République démocratique du Congo.
D’après le dernier bilan communiqué mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie a déjà provoqué «330 cas confirmés» et «116 cas suspects» en RDC et en Ouganda. L’organisation fait également état de «49 décès confirmés» liés à la maladie dans les deux pays.
Alors que les autorités défendent une mesure de prévention sanitaire face à la progression de l’épidémie dans la région, le dossier continue de diviser l’opinion publique kényane. Les prochaines décisions de justice pourraient être déterminantes pour l’avenir de ce projet controversé.
Par Valentin SOMANDE






























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