
Le Centre national des curricula a réuni environ 60 responsables et concepteurs du 10 au 15 août à N’Djamena. La formation, organisée en français et en arabe avec l’UNESCO-BIE, portait sur l’usage professionnel et la vérification humaine des contenus produits par IA.
Le Tchad teste l’intelligence artificielle au niveau où se conçoivent les programmes scolaires. Le Centre national des curricula a organisé du 10 au 15 août 2026 un atelier destiné à environ 60 responsables et concepteurs. L’activité a bénéficié de l’appui technique du Bureau international d’éducation de l’UNESCO et du bureau de l’organisation à N’Djamena.
La formation s’est déroulée en français du 10 au 12 août, puis en arabe du 13 au 15 août. Ce choix correspond aux langues de travail du système éducatif tchadien et vise à éviter qu’un outil numérique ne soit maîtrisé dans une seule communauté professionnelle. Les participants ont travaillé sur des tâches proches de leur quotidien : résumer et rédiger des documents, analyser des programmes, construire des grilles d’évaluation, préparer des rapports, traduire des contenus et vérifier des faits.
Trois axes ont structuré l’atelier. Le premier concernait la formulation de consignes adaptées aux tâches curriculaires. Le deuxième couvrait les biais, la désinformation, le plagiat, la protection des données et la validation des sources. Le troisième présentait l’IA comme un assistant des concepteurs, avec une vérification humaine systématique. Cette dernière règle réduit le risque qu’un texte plausible, mais faux ou mal adapté au pays, soit repris dans un document officiel.
L’initiative s’inscrit dans le Projet de refondation de l’école tchadienne, prévu sur la période 2025-2029. Le programme, financé par le Partenariat mondial pour l’éducation selon l’UNESCO-BIE, comprend la révision des curricula et des manuels, la numérisation de cours du primaire ainsi que la formation initiale et continue des enseignants. L’atelier d’août porte sur les équipes qui préparent ces ressources ; il ne signifie pas que des outils d’IA sont déjà déployés dans toutes les classes.
Les résultats publiés restent ceux d’une action de renforcement de capacités. L’UNESCO-BIE indique que les responsables sont mieux équipés pour identifier des usages, mais ne fournit pas encore d’évaluation indépendante, de test avant-après, de liste d’outils autorisés ni de protocole national de protection des données. Le nombre de documents effectivement améliorés et la qualité des traductions devront être mesurés lorsque les méthodes entreront dans le travail courant du Centre.
Le cas tchadien fournit ainsi un exemple concret d’adoption administrative prudente : partir de tâches limitées, travailler dans les langues utiles et garder une validation humaine. La prochaine étape annoncée consiste à consolider les compétences puis à intégrer progressivement ces pratiques dans l’analyse et la révision des programmes, la production de ressources, la traduction et la rédaction de notes.
Cet article vous est proposé en collaboration avec Aïobi. Contact: team@aiobi.world






































