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Tchad: dix morts après des affrontements entre agriculteurs et éleveurs

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Une série de violences survenues les 4 et 5 juin 2026 dans la sous-préfecture de Kim, province du Mayo-Kébbi Est au Tchad, a coûté la vie à dix personnes et fait plusieurs blessés. Selon des informations rapportées par des médias citant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bongor, Mahamat Abdou Issa, les affrontements ont opposé des agriculteurs à des éleveurs peuls à la suite d’un différend lié à la transhumance.

Les tensions ont éclaté dans le village de Selle au Tchad lorsqu’un troupeau de bétail en déplacement a traversé un champ cultivé, appartenant à une jeune femme. Alors que celle-ci contestait le passage des animaux sur son exploitation, un jeune éleveur peul l’aurait blessée au front, selon les mêmes sources. L’incident a rapidement dégénéré en affrontements entre habitants et éleveurs.

Au cours de cette première journée de violences, deux personnes ont perdu la vie et deux autres ont été blessées dans les deux camps. Par ailleurs, deux jeunes éleveurs peuls ont été signalés disparus.

Le lendemain, aux environs de 17 heures, des éleveurs peuls auraient lancé une opération de représailles contre le village voisin de Kroup. Cette attaque a entraîné la mort de six habitants et provoqué d’importants dégâts matériels. Au total, 219 habitations et chambres ont été incendiées, tandis que plusieurs animaux, notamment quatre bœufs et trois chevaux, ont été emportés.

D’après le procureur Mahamat Abdou Issa, le bilan cumulé des deux journées de violences s’élève à dix morts, dont huit habitants autochtones et deux membres de la communauté peule, ainsi qu’à plusieurs dizaines de blessés.

Les forces de défense et de sécurité déployées dans la zone ont procédé à l’arrestation de 31 personnes. Les suspects ont été trouvés en possession d’armes à feu, de munitions et d’armes blanches. Ils devront répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment assassinat, incendie volontaire, destruction de biens, détention illégale d’armes, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires et extorsion de biens.

Le procureur a indiqué que plusieurs individus recherchés demeurent en fuite et font toujours l’objet d’enquêtes. Après une mission conjointe menée avec les autorités administratives et les forces de sécurité, il a assuré que le calme est revenu dans les localités touchées, tout en appelant les populations à faire preuve de responsabilité dans les commentaires diffusés sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques.

Par Valentin SOMANDE