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Terrorisme au Burkina: près de 60 tués en moins de 10 jours

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Le Burkina toujours dans le viseur des terroristes (Ph. d'illustration)

29 tués dans deux attaques terroristes ce dimanche dans le centre-nord, sur les tombes à peine refermées des 24 militaires, selon les chiffres officiels, tombés sous les balles assassines des djihadistes, le lundi 2 septembre 2019 dans le nord. Loin de tomber, la courbe morbide remonte ce lundi 9 avec la mort de six gendarmes pris dans une embuscade. Alors qu’on pensait évoluer vers la fin de ces actes ignobles meurtriers qui endeuillent sans distinction soldats de l’armée et civils, la récurrence des assauts terroristes remet au goût du jour, cette menace qui plane sur le Burkina Faso, depuis quatre ans. Si la bravoure des Forces de défense et de sécurité n’est plus à mettre en doute, il n’en demeure pas moins que la puissance de feu et les méthodes de guerre asymétrique parfaitement maitrisées par ceux d’en face mettent sérieusement en difficulté les «Roch boys». La psychose généralisée, et surtout les dégâts de ces attaques sur l’économie burkinabè, si, ils ne sont pas dramatiques n’en sont pas moins inquiétants. Certes la résilience des Burkinabè qui sont toujours demeurés debout face à ces tueries aveugles est évidente, mais la vie a bien changé, dans un pays qui constituait presque un ilot de quiétude, dans un sahel et même une sous-région africaine mis à rude épreuve par l’offensive des terroristes.

Et malgré les succès déclarés des opérations Otapuanu et autres, menées par l’armée burkinabè, nonobstant la riposte de la force française Barkhane, tant au Burkina que dans le reste du Sahel, envers et contre la solidarité des armées nationales de l’Afrique de l’ouest par l’hydre terroriste, le mal se sanctuarise au grand dam de populations contraintes de s’exiler dans leur propre pays. Fort heureusement, il y a encore des zones encore plus ou moins épargnées-pour toujours on l’espère- qui peuvent encore accueillir les nombreux déplacés qui abandonnent tout pour échapper à la hargne meurtrière des terroristes. Plus d’école pour les enfants, plus de travail pour les parents et malheureusement, plus de vie tout court pour des habitants désemparés, dont certains, après avoir résisté sont contraint de fuir leurs maisons et villages, laissant souvent derrière eux les mannes des ancêtres. Il urge d’aller à la reconquête ou d’assurer la sécurisation de ces localités où commencent à régner en maîtres des terroristes qui pillent et tuent selon des desseins qui sont tout sauf la volonté de Allah derrière qui ils se cachent pour accomplir des actes de banditisme et de fraude. Mais comment parvenir à faire reculer ces monstres alors que rien ne semble leur résister dans un Burkina Faso qui a très mal à sa cohésion nationale? Il faut simplement un sursaut patriotique qui permettrait de faire fi, et ce avec la sincérité qui va avec, des clivages politiques, des considérations du genre ancien et nouveau régime et surtout des velléités de vengeance et haine personnelles. En tout cas, le salut doit venir d’une vision politique, car le professionnalisme et le courage de nos vaillantes Forces de défense et de sécurité ne peuvent, seuls, avoir raison de terroristes qui se nourrissent en abondance, des divisions ethniques et sociales qui constituent la première hantise des armées les mieux aguerries du monde.

L’heure est grave et il faut prendre le taureau par les cornes en se persuadant qu’aucun sacrifice ne sera superflu, car plus tard sera trop tard. Ne nous trompons surtout pas de combat, encore moins d’adversaires. Question: le Burkina dispose-t-il encore des ressorts adéquats pour une «remontada» si nous touchons le fond? Sans faire de la pub pour ce nouveau parti politique porté sur les fonts baptismaux tout récemment, agissons ensemble pour sauver notre pays. Nous le devons à notre chère patrie.

Par Wakat Séra

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