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Terroristes tués au Burkina: en attendant le rendez-vous de 5 mois du lieutenant-colonel Damiba

Le président du Faso auprès de ses troupes (Ph. Présidence du Faso)

L’unité GARSI (Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention) de Barani, a neutralisé au moins 40 terroristes dans sa riposte, ce lundi, à une embuscade tendue par plusieurs dizaines d’individus à quelques kilomètres de la localité de Barakuy dans la province de la Kossi, région de la Boucle du Mouhoun. Dans le même temps, une autre unité, appartenant, elle, au 22e Régiment d’infanterie commando de Gaoua, en coordination avec des supplétifs de l’armée, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), mettait hors d’état de nuire 10 terroristes dans la province du Poni, région du Sud-Ouest. Lors des deux opérations, selon l’armée burkinabè, du matériel de combat et des moyens roulants et de communication ont été saisis. Si quelques blessés légers sont signalés dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS), celles-ci ne déplorent, aucune perte en vie humaine.

«Un sérieux coup» porté aux groupes terroristes qui écument ces zones, note le chef d’Etat-major général des armées burkinabè. Si la grande muette, fidèle à son surnom communique peu sur ses victoires d’étape dans la lutte contre le terrorisme, elle n’en cache pas moins sa montée en puissance, depuis quelque temps, même si les assauts meurtriers de l’ennemi se multiplient également, et ressemblent parfois à de véritables pieds de nez aux militaires burkinabè. Des actions terroristes d’une outrecuidance notoire, comme l’attaque à l’arme lourde, dans la nuit du samedi au dimanche 8 mai 2022, de la Maison d’arrêt de Nouna, dans la province de la Kossi, région de la Boucle du Mouhoun, au cours de laquelle les forces du mal ont libéré les détenus, incendié des véhicules et motos, etc.

En tout cas, les autorités de la transition peinent encore, sur le plan sécuritaire, à trouver grâce auprès de populations qui n’en peuvent plus de compter leurs morts ou de fuir leurs terres et champs, dépouillées de leurs bétails et autres biens. Des populations qui ne sont plus en mesure de se faire soigner ou d’envoyer leurs enfants en classe, centres de santé et écoles ayant été fermés par les HANI, les fameux hommes armés non identifiés. La pression exercée par les terroristes, qui, pour la plupart travaillent en réalité à sécuriser des sites et les routes de trafic de cigarettes, d’or et de produits entrant dans l’extraction du précieux métal, est constante et n’épargne plus aucune partie du territoire. C’est la preuve que le ver qui s’est confortablement installé depuis sept années est difficile à extirper du fruit, en trois mois. Surtout qu’il est désormais reconnu que l’ennemi ne vient plus d’ailleurs. Les autorités de la transition ont, du reste, entrepris de dialoguer avec les HANI parce que, disent-elles, elles se sont rendu compte que ce sont «des Burkinabè qui ont pris des armes contre des Burkinabè».

A quand le retour à la normale de la vie au Burkina? En attendant le rendez-vous de cinq mois donné à ses compatriotes, au mois d’avril, par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba pour évaluer le chemin parcouru dans la si longue lutte contre l’insécurité, les Burkinabè ne respirent pas vraiment la sérénité. Pire, dans ce contexte où le combat pour que le pays retrouve sa tranquillité d’antan doit constituer la priorité de tous, des commerçants de la ville de Yako, dans la province du Passoré, région du nord, se sont permis, ce lundi, le luxe surréaliste de mettre le feu à des barrières de contrôle de la gendarmerie en réclamant le départ des pandores de ces lieux. Quelle mouche a pu piquer ces pyromanes, au propre comme au figuré, pour qu’ils fassent autant le jeu des terroristes en leur ouvrant des boulevards dans leurs activités funestes?

Ainsi va le Burkina, entre transition politique, attaques armées et incivisme notoire de populations!

Par Wakat Séra

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